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Une expérience d’autonomie énergétique dans une cité HLM

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mercredi 18 février 2009, par Franck Leblond
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Franck Leblond recherche une autonomie énergétique quasi-totale poursuivant un but écologique mais également économique. Habitant un immeuble HLM de la Hague, il a pour ambition de disposer d’une facture d’électricité très réduite pour un investissement rentable.

Je réalise 59% d’économie sur ma consommation électrique en passant au renouvelable avec des minimas sociaux la route est longue mais ça en vaut la peine.

Ce bilan est calculé sur 24 mois de chauffage électrique et les 12 suivants au bois. Ma consommation moyenne sur l’année est de 177 kWh par mois pour un F2 de 60m2 avec un confort décuplé et encore perfectible.

Il ressort, qu’au rythme actuel, mon logement coûte 75 euros par mois décomposé ainsi :
- 30 euros d’électricité par mois
- 21 euros de bois par mois
- 13 euros d’eau par mois
- 11 euros d’assurance par mois

Chauffage au bois

J’ai équipé mon F2 d’une cité EDF, celle des terres blanches aux Pieux 50340, d’un poêle à bois pour un montant TTC de 642 euros. Ce poêle à bois de marque quelconque à une puissance de 9KW pour un volume de chauffe corrigé de 330 m3. Il répond au label « flamme verte ».

Il me permet de ne plus me servir des convecteurs électriques très énergétivores faisant exploser la consommation l’hiver pour un confort déplorable. Ce manque de linéarité de la consommation d’électricité n’a que des désavantages pour le producteur distributeur et pour le consommateur. EDF n’a trouvé comme solution que la mensualisation de la facturation sur dix mois qui permet une relative bonne gestion financière, mais ne permet en aucun cas d’être acteur de sa gestion énergétique ni même des changements nécessaires.

Le changement de mode chauffage de l’électrique au bois a généré un investissement de 410 euros avec un crédit d’impôt de 232 euros portant sur les matériaux et avec une TVA à 5,5% sur la main d’œuvre. J’économise 66% de ma facture EDF calculée sur la base d’un confort très faible, la même chaleur avec des convecteurs électriques me coûterait trop cher compte tenu de mes minima sociaux. J’ai donc largement augmenté mon confort, tout en faisant un geste pour la planète avec un financement par crédit bancaire.

Je pense amortir mon installation en deux ans, ainsi en combinant l’électricité et le bois je dégage une économie de 250 euros par an en coût de fonctionnement selon les derniers chiffres.

La démarche est encore perfectible et peut encore être poussée notamment dans le choix du poêle, mais son achat correspondait à une affaire qui correspond à mes petits moyens ; d’autres sont plus performants, mais aussi plus chers.

Il est pour moi rassurant aujourd’hui de constater que l’on peut se passer sereinement du chauffage électrique et de tous les inconvénients qui vont avec. L’usage du bois n’est pas non plus sans inconvénients, mais la gestion de la température du domicile et la gestion financière de l’énergie n’en n’est que plus simplifiée.

Chauffe-eau solaire

La configuration des lieux me permet de poser un chauffe-eau solaire de 3m2 exposé plein sud fonctionnant en thermo-siphon durant 7 mois de l’année pour un investissement en auto construction d‘environ 400 euros.

Le chauffe-eau solaire permet de baisser ma consommation de 2 à 3 kWh par jour, soit une économie moyenne d’environ 850 kWh par an.

L’électricité photovoltaïque

Poursuivre ce chemin vers l’autonomie, en ce qui me concerne, c’est entre autre poser une centrale photovoltaïque de 2kWh d’un montant de 18000 euros, somme que je n’ai pas. Ceci dit un crédit d’impôt peut être affecté à cet investissement, il serait dans mon cas plafonné à 8000 euros. Dans l’état actuel des choses, j’aurais 2500 kWh à acheter pour alimenter ma maison et j’en produirai environ 2300 revendus 0,30 euro le kWh soit 690 euros. Or même en achetant mon électricité chez ENERCOOP au tarif de 0,13 euro, je dégagerai un surplus de 325 euros. Le prix de revente peut être aussi plus cher (0,55 euro) si les panneaux sont intégrés dans la toiture, ce qui ne sera pas possible chez moi compte tenu de l’orientation de la maison. Mais qui reste possible sur une bonne partie des toits des maisons de la cité si l’on abordait un vaste programme de maîtrise et d’alternative à l’échelle de la cité.

Une mini-éolienne

Une micro éolienne de 1 kW de marque quelconque produit en moyenne 1500 à 2000 kWh par an soit la quasi-totalité de ma consommation. D’une hauteur de 6 mètres, elle ne demande qu’une déclaration préalable de travaux en mairie pour l’installer après qu’elle soit commandée et payée. En ajoutant les frais de port, il m’en coûterait 1920 euros. Sur lequel il faudrait déduire les crédits d’impôt pour environ 700 euros et une prime régionale de 600 euros. Soit 1300 euros à déduire de l’investissement initial.

Les batteries nécessaires à une forme d’autonomie coûtent environ 800 euros et sont difficiles et coûteuses à recycler, il est néanmoins possible d’imaginer une revente des kilowatt-heures produits. Mais le prix de rachat n’est pas acceptable. Si le kilowatt photovoltaïque est racheté jusqu’à 0,55 euro en intégré sur la toiture, le kilowatt éolien n’est racheté que 0,0834 euro.

Une mini-éolienne serait donc un autre pas vers la maîtrise de mes dépenses en énergies en développant des stratégies d’autonomie énergétique… mais également sociale.

Beaucoup de problèmes m’attendent encore avant de poser une éolienne. Outre les financements, la logique de voisinage, le bruit, le terrain, posent des incertitudes. Je ne désespère pas de travailler au dimensionnement d’une maison comme la mienne en paille avec une autosuffisance énergétique accrue.

Gestes quotidiens

Par de simples modifications comportementales, j’ai abaissé ma consommation d’au moins 20 %. En achetant un réfrigérateur plus performant, je peux raisonnablement encore baisser le besoin d’électricité.

Il apparaît qu’en optimisant le fonctionnement de quelques appareils, qu’en adoptant des gestes écologiques, une économie de 50% soit encore possible sans investissements en inadéquation avec mon profil social.

Electricité verte

Chauffé aux énergies renouvelables, il ne coulera plus d’électricité nucléaire chez moi et c’est déjà une petite victoire. Seulement bénéficier d’une offre plus en cohérence, avec sa philosophie, quitte à payer plus cher, ne me gène pas trop. Après tout je me passe de véhicule, je peux donc bien choisir aussi mon électricité. Au moins le surplus payé sert-il à payer des alternatives et non à rémunérer des actionnaires. J’ai donc opté pour Enercoop. Même si le kilowatt est plus cher, la faculté de vendre aujourd’hui au travers d’une coopérative de l’énergie « verte » permet une mutualisation des sommes collectées pour financer l’élan renouvelable.

Le secteur de l’énergie ne doit être ni public ni privé, il doit être alternatif, à l’opposé de moyens de production inadaptés et surdimensionnés d’un modèle économique sur-consommant et déresponsabilisant déconnecté des réalités, des enjeux sociaux et environnementaux.

Pour ma part et par souci de cohérence, j’ai souscrit pour une part de capital à hauteur de 100 euros dans la SCIC « Enercoop ».

Conclusion

Le travail consiste maintenant à juxtaposer les travaux et les pistes pour établir une économie de plus de 70%, sans pour autant avoir un mode de vie spartiate. Rappelons que l’énergie la moins chère est celle qui n’est pas consommée. L’investissement nécessaire pour produire l’équivalent financier et énergétique de mon logement sera minimisé et plus adapté à mon profil social.

Cette démarche permet d’augmenter le pouvoir d’achat, de faire un geste pour l’environnement, de se détacher de l’angoisse de la facture énergétique et d’aborder avec humilité le problème d’accès au confort électrique.

Puisqu’on ne pourra pas dire qu’on ne savait pas, il est encore temps d’agir. Pensez au slogan, il n’y a pas de petit geste quand on est 60 000 000 à les faire. Au moins j’ai l’impression de m’impliquer dans le débat énergétique en augmentant mon confort. C’est une manière de penser autrement.

Pour en savoir plus, consultez le blog de Franck Leblond : http://al3es.over-blog.fr

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