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Entrevue avec Joseph Országh d’Eautarcie

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vendredi 12 janvier 2007, Entrevue, par Econo-Ecolo

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Retrouvez le compte-rendu d’un entretien avec Joseph Országh, responsable du programme et du site Eautarcie. Joseph Országh est un homme passionnant qui fait part de son parcours et ses proposition en matière de gestion de l’eau, et plus globalement sur un monde plus écologique.

Tout d’abord, votre présentation et celle d’EAUTARCIE.

Pourriez-vous vous présenter brièvement ?

 

D’origine hongroise, j’ai été contraint de quitter mon pays lors de la révolution de 1956 à l’âge de 19 ans. Etabli en Belgique, c’est là que j’ai fait la plus grande partie de mes études universitaires pour obtenir à

l’Université de Bruxelles le titre de Docteur en Sciences Chimiques.

 

C’est pendant ma carrière en Afrique (où j’ai été, pendant des années professeur et Doyen de la Faculté

Polytechnique de Lubumbashi au Congo) que j’ai commencé à m’intéresser aux problèmes d’eau.

 

De retour en Belgique, j’ai continué mes recherches à l’Université de

Mons-Hainaut, tout en étant membre de la Commission Gouvernementale des Eaux.

 

Mon objectif était toujours de trouver des solutions à des problèmes concrètes, de préférence en remontant à la source des problèmes.

 

Mon curriculum vitae est sur internet. Pour le lire, il suffit de taper mon nom : Joseph Orszagh sur un moteur de recherche.

 

 

 Pourriez-vous nous expliquer l’historique de votre démarche ?

 

Le point de départ se situe en 1971, grâce à un évènement fortuit : une panne de fourniture d’eau à Lubumbashi, panne qui a duré plus de deux mois. Nous étions donc privé d’eau, alors que, dans cette région tropicale, des trombes d’eau nous tombaient dessus tous les jours. L’idée s’imposait d’elle-même : il fallait récupérer l’eau de pluie. Ce fut le départ d’une aventure scientifique passionnante qui a aboutit à la mise au point du système PLUVALOR.

 

Une peu plus tard, dans les années ’80, c’est la participation à un programme de développement rural qui m’a mis sur la piste de la gestion globale de l’eau. En plus de l’organisation de certaines productions agricoles, j’ai été chargé de préparer la construction d’une centrale hydroélectrique sur une petite rivière située à la province de Katanga. Le projet a

été élaboré dans un bureau à Bruxelles, sur base des photos aériennes faites dans les années ’50, pendant l’époque coloniale. Ce qu’on a oublié est qu’entre-temps le bassin versant de la rivière en question a complètement été déboisé. De ce fait, le rapport du débit de la rivière entre la saison des pluies et la saison sèche est passé de 3 à 15. A cause de cela, la centrale n’a pu être construite.

 

J’ai donc proposé un vaste programme de reboisement pour régulariser le débit. Cette proposition, peu coûteuse par rapport à l’investissement prévu pour la centrale, n’a pas été retenue. Pourtant, l’étude préalable a révélé qu’après 5 ans, on aurait déjà obtenu une régulation permettant une production d’électricité, production en augmentation, grâce

à la croissance des arbres plantés et la régularisation du débit.

 

C’était donc le point de départ d’une réflexion, de documentation et des expériences qui ont abouti à constater l’interdépendance large entre la gestion de la biomasse et celle de l’eau. C’est la partie sans conteste la plus intéressante et la plus importante de mes travaux scientifiques et aussi la moins connue et de loin, la moins comprise.

 

Ce n’est qu’une fois de retour en Belgique que je me suis intéressé aux problèmes d’épuration des eaux usées urbaines. Au début des années ’90, à la Commission des Eaux, il a fallu préparer le programme wallon d’épuration. Devant l’ampleur des dépenses (on prévoyait un programme de 5 milliards d’euros, exprimés à l’époque en francs belges), les scientifiques universitaires étaient invités

à faire des propositions pour réduire la « facture » tout en améliorant le degré de protection de l’environnement.

 

Comme beaucoup d’autres collègues universitaires, j’ai aussi relevé

le défi. Mettant à profit l’expérience acquise en Afrique, en remontant à la source des problèmes, j’ai tenté d’y porter remède à ce niveau. Contrairement à mes collègues, occupés à mettre au point des techniques de réparation, je me suis orienté vers les solutions de prévention.

 

Il serait trop long d’exposer les différentes étapes de cette démarche scientifique. Quelques années plus tard, j’étais tout heureux de présenter à la Commission des Eaux, le système EAUTARCIE, dont la mise en place

à grande échelle aurait permis à la région d’économiser plusieurs milliards d’euros sur le budget d’épuration, tout en respectant les directives européennes. Le degré de protection de l’environnement aurait dépassé les prévisions les plus optimistes : dans la plupart des petites rivières wallonnes, transformées en

égouts à ciel ouvert, en moins de 2 à 3 ans, on aurait de nouveau pu pêcher truites et saumons, sans dépenser des sommes astronomiques dans des travaux lourds d’égouttage et d’épuration.

 

J’étais convaincu que la motivation des décideurs pour la protection de l’environnement et pour les économies sur les dépenses publiques était à la hauteur de leurs discours. En somme, ce que je proposais était l’efficacité maximale pour des dépenses minimales.

 

Les faits ont démontré que c’était une erreur d’appréciation de ma part. Ce qu’on attendait de moi, était tout autre. On attendait le n + unième système miraculeux d’épuration que l’on aurait pu breveter et commercialiser à prix d’or. Plus le système avait

été compliqué et cher, plus on l’aurait apprécié. En somme, je me suis trompé d’objectif. Le but n’était pas la protection des eaux à moindre prix, mais la protection du marché des entreprises d’épuration.

 

Le système PLUVALOR, montrant le fait que dans bien des cas, on peut se passer d’eau de distribution, n’était pas accueilli avec enthousiasme – c’est le moins qu’on puisse dire – des intercommunales de distribution. La technique de l’EAUTARCIE fonctionnait bien chez un petit nombre de familles. Après ces expériences concluantes, j’ai suggéré d’étendre l’expérimentation

à l’échelle d’un quartier périurbain. Des dizaines de familles étaient prêtes à tenter l’expérience à leur frais, sans solliciter un seul euro à la communauté. Leur enthousiasme et motivation se sont brisés sur une véritable levée de bouclier de la part des sociétés intercommunales de distribution, d’épuration, de travaux publics et (hélas) même des administrations communales et régionales.

 

Je répète, cette expérience n’aurait coûté un seul euro ni à la commune, ni à la région. En cas d’échec ou mauvais fonctionnement du système, les intéressés

étaient prêts à se raccorder au réseau de d’égouts et de distribution. Ils ont même signé une déclaration en ce sens. Même sous cette condition, l’autorisation leur a été refusée. De toute évidence, pour les responsables communaux et régionaux, une expérience susceptible de montrer qu’un quartier périurbain peut se passer d’eau de distribution, d’égouts et de stations d’épuration, sans la moindre pollution des eaux n’était pas souhaitable.

 

Le refus de ces expériences a été formulé sur base des lois en vigueur. Avec l’obligation absolue de se raccorder à l’égout, le système EAUTARCIE

est interdit dans les zones à épuration collective. Pourtant dans le cas de ce projet expérimental, les égouts n’y étaient pas encore et une étude préalable a montré que les frais de pose des égouts auraient couvert la mise en place de leur système l’assainissement, mais au lieu d’être financé par la commune et la région, c’eût été à la charge des familles intéressées.

 

Les quelques familles qui ont passé outre cette interdiction en installant l’épuration sélective des eaux grises dans leurs jardins ont eu de nombreuses tracasseries administratives. Devant les résultats des analyses de leurs eaux épurées, l’administration a fini par tolérer officieusement leur système à condition de payer la taxe pour l’égout. En somme, en vertu du principe du pollueur –

payeur, les plus motivés pour la protection de l’environnement sont contraints de payer pour la pollution des autres. Les intéressés utilisent donc le système EAUTARCIE, sans autorisation réelle. En délivrant l’autorisation, la région aurait violé sa propre loi. En la refusant, elle aurait violé la directive 271/91 de l’U.E. Le problème juridique trouve en fait son origine, dans la transcription troquée de cette directive dans le droit wallon. La situation est pratiquement identique en France.  

 

Quels sont le concept et l’objectif du site EAUTARCIE ?

 

Dans une maison équipée de ce système, l’eau utilisée par le ménage – y compris pour la boisson – provient d’une citerne qui récolte les eaux du toit. Après usage, cette eau est épurée dans un petit système enterré et rendu finalement à la nature à l’état potable (ou très proche de cette qualité) en l’infiltrant dans le sol du jardin. En somme, au point de vue de l’environnement hydrique, une maison en EAUTARCE, n’au aucun impact sur les eaux : ni prélèvement, ni pollution.

 

L’objectif du site de même nom est uniquement informatif, sans la moindre prétention commerciale. Je passe plusieurs heures par jour devant l’écran de mon ordinateur pour répondre aux nombreux messages reçus des lecteurs de ce site. Les nombreuses questions sont utiles pour améliorer l’information contenue dans ces pages. Grâce à mes conseils, toujours gratuits, de nombreux candidats bâtisseurs ont pu réaliser des économies substantielles pour une meilleure qualité de vie et dans l’intérêt de l’environnement hydrique.

 

Ce que je trouve désolant est le fait qu’aucun organisme officiel (UE, état, région, province, commune, municipalité), ni d’association pour la protection de l’environnement, n’a, jusqu’à présent, jugé utile de soutenir financièrement ce travail bénévole dans l’intérêt de tous, fait dans des conditions précaires. L’aide d’un informaticien serait d’un grand secours pour améliorer la présentation de ce site. Même son hébergement est financé par un de mes amis et moi-même, sans la moindre contrepartie de la part du public. Ma pension de retraite ne me permettra plus de soutenir longtemps ce centre d’information gratuite.

 

 Quel est le public visé par ce site ?

 

Au départ, mon objectif était de sensibiliser les décideurs politiques et les hommes qui rédigent les lois sur la gestion de l’eau et leur suggérer des idées pour améliorer les lois sur l’eau dans l’intérêt de tous et aussi celui de l’environnement. C’est la raison pour laquelle une partie importante de ce site est consacrée à l’analyse des lois et

à des réflexions sur l’application des grands principes comme celui du pollueur – payeur et de l’utilisation de la meilleure technologie disponible.

 

C’est volontairement que je formule les idées que je défends à la manière de choquer le lecteur. Parmi ces idées, citons trois :

  • Toute la législation européenne sur l’eau est basée sur quelques concepts complètement erronés.
  • L’humanité peut sortir de ses problèmes d’eau en moins de deux générations, à condition de mettre en place les techniques, déjà existantes, de prévention des problèmes à la source.
  • En moins de deux ans, on pourrait assurer l’approvisionnement en eau potable de très haute qualité à chaque habitant de cette planète, pour moins de un cinquantième de la somme de 900 ou 1100 milliards de dollar prévus par les experts. 

 

Quand un scientifique affirme des choses pareilles, raisonnablement on devrait s’attendre à des objections, à de nombreuses questions, à une discussion ouverte pour dégager la meilleure solution possible.

 

Le résultat est décevant. Je pourrais compter sur les doigts d’une de mes mains les lettres que j’ai reçues de la part de quelques particuliers, touchant ces problèmes. Pas un seul homme politique, scientifique, un décideur

économique, ni même un fonctionnaire n’a trouvé utile de me contacter. De mon côté, j’ai transmis des dossiers traitant le sujet à de nombreux politiciens de tout bord. Dans le meilleur des cas, j’ai eu un accusé de réception, mais jamais la moindre réaction.

 

Le site EAUTARCIE est pourtant visité par de nombreuses personnes qui me posent des questions. L’écrasante majorité de ces questions se rapportent à des solutions techniques à mettre en œuvre lors de la construction d’une habitation. Je suis désolé de le dire, mais dans les faits, ce sont des pacotilles devant les problèmes vastes de la gestion durable de l’eau dans le monde, relevant de la compétence des décideurs politiques.

 

Le plus désolant pour moi est de constater que les plus motivés pour la protection de l’environnement sont pénalisés par les lois en vigueur, comme si l’objectif était de récompenser les pollueurs et d’encourager l’insouciance environnementale.

 

J’ai donc échoué dans ma tentative d’atteindre le publique visé : le monde des décideurs.

 

Mon site aurait bien plus de succès, en limitant mes propos à des conseils de nature technique pour la réalisation des systèmes de gestion individuelle de l’eau.

 

Cependant, je suis heureux de constater l’intérêt croissant des étudiants en architecture et en génie sanitaire. Il est amusant de relever le fait que bien souvent, les étudiants comprennent vite mes propos, mais c’est loin d’être le cas de leurs professeurs.

 

 

Après cette introduction sur Eautarcie, passons aux gestes écologiques.

 

Selon vous, quels sont les gestes prioritaires pour la planète ?

 

C’est un vaste programme. Comme je disais plus haut, nous avons la possibilité

de sortir l’humanité de ses problèmes d’eau, en relativement peu de temps. Pour cela, il faudrait évidemment une volonté politique. A présent, partout dans le monde, la politique de l’eau va dans le sens opposé. Votre question est bien formulée, car vous ne parlez pas de « décisions » mais de

« gestes ». Les décisions politiques dans le sens de développement durable ne viendront pas. Quand, sous la pression des faits, des catastrophes, elles finiront par venir, il est à craindre qu’il soit trop tard.

 

Par la force des choses, le public motivé pour l’environnement doit mettre de côté les décideurs politiques et, jusqu’à un certain point, ignorer les lois, pour mettre en place des techniques de prévention de la pollution. En somme, pour faire bouger les choses, il faut pratiquer l’incivisme écologique.

 

Le public motivé peut faire beaucoup pour sauver la planète, mais son action sera limitée par les tracasseries administratives et se heurtera à l’indifférence et même à l’hostilité de la masse marchant dans le sens de la

« pensée unique ».

 

Malgré tout, l’exemple vécu est plus éloquent et plus persuasif que les plus beaux discours sur l’environnement. Que vous soyez en zone à épuration collective ou individuelle, même contre l’avis des fonctionnaires, vous pouvez appliquer chez vous les principes de l’EAUTARCIE. La seule contrainte technique est de devoir disposer d’un jardin d’au moins 100 m². Il n’y a pas de loi, du moins pas jusqu’à présent mais certains fonctionnaires y pensent déjà, qui interdit l’usage d’une toilette sèche et la récupération de l’eau de pluie à

des fins alimentaires. Dès que vous ne produisez plus d’eau fécales, l’épuration des eaux savonneuses devient très simple – élémentaire même – et surtout très bon marché. Il est vrai qu’il faudra s’attendre à des tracasseries administratives. Les fonctionnaires n’aiment vraiment pas les personnes qui font autrement que ce qui se trouve dans les règlements. Votre meilleure protection sera le résultat obtenu : une eau épurée de qualité

potable. Après analyse de cette eau, le fonctionnaire sera bien mal placé pour ordonner la déconnexion de votre système pour rejeter vos eaux dans l’égout, alors que la station d’épuration publique rejettera une eau de bien moindre qualité. Il pourra, par contre, vous imposer le payement de la taxe sur les égouts.

 

En France, attention à la récupération de l’eau de pluie ! En appliquant à la lettre les lois et les règlements en vigueur, nul n’est autorisé à utiliser un système comme PLUVALOR.

 

En effet, il y a d’abord l’obligation (absurde) de se raccorder au réseau de distribution. Ce n’est, heureusement, pas le cas en Belgique. En France, même si vous ne consommez pas un seul litre d’eau de ville, vous devrez payer pour le compteur. Etant donné le fait que vous n’avez pas le droit de résilier le contrat avec la société distributrice, il s’agit d’une taxe illégale déguisée en « redevance ».

 

En zone non desservie par le réseau de distribution, vous pouvez utiliser l’eau de pluie, mais le fonctionnaire du DDASS a le droit de vérifier la « conformité » de l’eau qui se trouve dans votre verre chez vous. Vive la protection de la vie privée ! Il est vrai, que sans être inquiété, vous pouvez, par contre, détenir de petites quantités de drogues pour votre usage personnel. C’est moins grave que de boire de l’eau de pluie non labellisée par la société distributrice.

 

Boire l’eau de pluie, utiliser une toilette sèche, épurer ses eaux savonneuses, sont autant de gestes qui contribuent à sauver la planète.

 

 

 Ces gestes apparaissent contraignants et peu mobilisateurs auprès du grand public, pourriez-vous conseiller des gestes plus « simples » pour les débutants en environnement ?

 

Pour commencer, je les invite à rendre visite à une famille qui utilise l’EAUTARCIE. Rien n’est plus probant que de voir et essayer le système. Goûter l’eau de pluie rendue potable est une expérience intéressante. De même, celui ou celle qui n’a jamais lavé ses cheveux, qui n’a jamais pris son bain dans de l’eau de pluie naturellement douce, ne connaît pas encore le vrai confort hydrique.

 

Avant de porter un jugement de valeur sur la toilette à litière biomaîtrisée, mieux connue sous le nom de TLB, il faut l’essayer. Interrogez les utilisateurs sur la gestion de la toilette. Allez voir comment se fait le compostage. En attendant la décision – probablement lointaine et presque improbable – des municipalités pour le ramassage conjoint des ordures ménagères fermentescibles, les déchets verts avec les effluents des toilettes sèches, il faut apprendre à

composter dans son jardin. Si la municipalité refuse la gestion durable de la biomasse, il nous appartient de le faire chez nous. C’est aussi une décision efficace et peu contraignante pour sauver la planète.

 

Afin d’épargner le rejet de milliards de flacons en plastique ayant contenu de l’eau minérale, même si l’on n’a pas de citerne à eau de pluie, pour avoir de l’eau potable de haute qualité, il vaut mieux acheter un système à osmose inverse. Eu égard à la qualité de l’eau et la réduction de la pollution, c’est un investissement très rentable même pour votre porte-monnaie.

 

Mangez bio, mangez saison, achetez les produits de la ferme de préférence chez le producteur : autant de gestes très efficaces, récompensés par une meilleure santé. Limiter sa consommation de viande au profit de légumes et de fruits produits dans la région, y contribuent aussi.

 

Portez des vêtements faits en matériaux naturels et de préférence fabriqués dans votre pays. Par vos achats, encouragez le développement d’un réseau de magasins d’alimentation dans les quartiers, près de chez vous. Formez des coopératives d’achats groupés dans les fermes des environs. Pour les produits importés donnez la préférence à

ceux qui portent un label de production équitable.

 

Choisissez votre médecin sur des critères d’efficacité : maximum de santé et de bien-être pour le minimum de dépenses en médicaments et traitements. Sur le bon choix, l’information est disponible, mais il faut la chercher.

 

La propreté excessive vire bien souvent à la propreté névrotique et pèse toujours lourd sur l’environnement. L’eau qui a lavé nos saletés, devient sale à son tour. A titre d’exemple, une chemise portée un jour ne doit pas nécessairement être lavée. Pendue à l’extérieur pour aérer, elle peut encore servir un jour supplémentaire. Résultat : 50 % de réduction de la pollution par la lessive.

 

Eviter dans le ménage, autant que faire se peut, l’usage de produits désinfectants. La santé de l’environnement s’en portera mieux mais aussi la vôtre. L’efficacité d’une ménagère se mesure par la réduction de la quantité

et de la variété de produits d’entretien utilisés.

 

Je pourrais encore énumérer longtemps des petites mesures à prendre. Sachez que des petits gestes quotidiens répétés par des millions de personnes ont un impact environnemental énorme.

 

 

Les principales remarques des hésitants sur les toilettes sèches sont le fait que ce n’est pas hygiénique et que les amis venant à la maison ne pourront pas comprendre. Que pouvez-vous leur répondre ?

 

Il y a des grandes différences entre toilettes sèches. Certaines ont un impact environnemental à peine inférieur à celui d’un W-C à chasse, tandis que d’autres protègent efficacement l’environnement, tout en assurant un confort comparable à celui d’un W-C classique. D’une manière générale, plus une toilette sèche ressemble à un W-C à chasse, plus elle coûte cher, plus il est probable qu’elle protègera très peu l’environnement. Il ne faut évidemment pas aller dans l’autre extrême non plus. Les latrines de nos grands-parents étaient aussi très polluantes. Ce sujet est bien traité sur le site EAUTARCIE.

 

Quant au problème d’hygiène des TLB, il a fait l’objet de nombreuses discussions, même à la Commission Gouvernementale des Eaux où certains fonctionnaires souhaitaient voir son interdiction. On a souvent parlé, sans apporter la preuve scientifique, du danger sanitaire que représente « la manipulation du fumier humain » au jardin. A ceux qui défendaient ce point de vue, j’ai recommandé de faire une étude

épidémiologique sur le sujet. C’est ce qui a été faite en 2000 par une équipe de l’Ecole de Santé Publique de l’Université de Louvain.

 

L’étude consistait à comparer l’état sanitaire – lié au système digestif – de deux échantillons de population en tout points semblables : l’un utilisant la TLB, l’autre le W-C

à chasse. On comparait surtout les dépenses en soins de santé par les sociétés mutuelles d’assurance-maladie pour les maladies liées au système digestif. Le résultat a surprit les médecins : les familles qui utilisaient la TLB étaient en meilleure santé que la population témoin. Logiquement, en suivant une rigueur scientifique, il aurait fallu en conclure que le fait d’utiliser un W-C à chasse comporte un certain risque par rapport

à l’usage d’une toilette sèche. Les éclaboussures de l’anus, y ont peut-être pour quelque chose.

 

En fait, il n’y a pas de relation de cause à effet directe, entre l’état de santé et la toilette utilisée. Ce que les médecins qui on fait cette étude, ne savaient pas, est que l’usage d’une TLB est l’aboutissement d’un chemin de prise en charge de l’environnement qui induit systématiquement une prise en charge de sa santé. Les familles avec TLB, mangeaient souvent bio, végétarien, et se soignaient avec les médecines douces. Leur meilleure santé était imputable, non pas à la TLB, mais à la démarche qui a accompagnée son usage.

 

On arrive à la TLB par une remise en question fondamentale de la vision de la santé. On cesse d’avoir peur des bactéries et des virus qui ne font mal qu’aux personnes affaiblies par les médicaments chimiques, par la consommation des produits de la grande industrie alimentaire et par une hygiène de vie incorrecte. Dès qu’on a fait cette démarche, l’usage d’une telle toilette ne pose aucun problème.

 

Les personnes qui hésitent à « imposer » leur TLB à leurs amis et visiteurs, ne sont pas encore suffisamment bien avancées sur ce chemin. Intérieurement, elles ont un peu honte de « faire autrement que tout le monde ». Pourtant si quelqu’un doit avoir honte, c’est bien celui ou celle qui s’entête à détruire la terre avec un W-C à

chasse, alors qu’il ou elle a la possibilité matérielle (habitant dans une maison avec jardin) d’utiliser une bonne TLB.

 

C’est l’usager qui, sans doute inconsciemment, induit ou non le refus de la TLB chez son visiteur. Quand on est réellement convaincu du bien-fondé de sa décision, le visiteur « sent », qu’en ces lieux tout naturellement, on utilise la TLB

et non pas le W-C. Ce choix est également respectable.

 

L’expérience d’un grand nombre de familles montre que le degré de refus d’une toilette sèche est inversement proportionnel au degré d’instruction, et du savoir-vivre de l’individu. La TLB est utilisée, sans problèmes, même dans des familles d’aristocrates.

 

 

Les principales remarques des hésitants sur la récupération d’eau de pluie est que c’est extrêmement coûteux et que l’eau n’est pas de bonne qualité. Que pouvez-vous leur répondre ?

 

Nous tournons toujours autour de cette vision de la santé. La plus grande qualité du système EAUTARCIE est qu’il constitue une porte de sortie du système du « tout à la poubelle », du « tout à

l’égout », du « prêt à jeter » et de l’irresponsabilité institutionnalisée. C’est une bonne école de gestion responsable et surtout de autonomie de la pensée.

 

L’information véhiculée par le système dominant infantilise l’individu et le transforme en « patient », en « consommateur ». La première prise de conscience consiste à réaliser que l’idéologie de l’hygiénisme ne s’alimente pas de la science, mais de la volonté de domination par le « fric ». La pensée unique fera donc tout, pour faire peur au public par rapport

à un soi-disant « danger » d’utiliser l’eau de pluie. On va agiter le spectre des bactéries et des maladies. On affirmera aussi, que point de salut sans contrôles constants avec des analyses de laboratoire.

 

Parlons un peu de risque. On connaît actuellement des poisons extrêmement violents qui n’ont une action mortelle que plusieurs jours après leur absorption. Heureusement, jusqu’à présent, aucun groupe de terroristes n’a eu l’idée d’en mettre dans le château d’eau d’une ville. Plus un système est centralisé, plus il est complexe, plus il devient vulnérable. Les systèmes décentralisés, comme la valorisation domestique de l’eau de pluie, sont plus surs. Imaginons une ville, où

l’eau potable de tous est assurée par la filtration d’eau de pluie stockée dans des petites citernes domestiques (en fait pour la production de l’eau potable uniquement, il ne faut qu’une petite citerne qu’on peut mettre pour chaque famille dans les caves d’un grand immeuble urbain). Dans une telle ville, les terroristes auraient fort à faire pour empoisonner toute une population.

 

Dans le cas d’un accident nucléaire de Tchernobyl-sur-Meuse, ou Tchernobyl-sur-Seine, l’eau de distribution sera très vite radioactive. Ceux qui s’alimentent en eau au départ de leur citerne, feront tout simplement dévier les eaux du toit et disposeront d’un stock d’eau non contaminée, de quoi tenir quelques semaines sans problèmes.

 

Je ne veux pas faire peur au public, mais le risque zéro n’existe pas. C’est aussi valable pour l’usage de l’eau de pluie. Le risque n’est pas plus grand qu’avec l’eau de ville, mais plutôt moindre.

 

J’ai vu une installation où par erreur, sans que les usagers le réalisent, on a raccordé le W-C à la citerne à eau de pluie. Pendant plus de 3 mois, ils consommaient, buvaient même cette eau. Le système n’a

été corrigé qu’au moment où l’odeur de l’eau au niveau des douches est devenue intolérable. Heureusement, en dépit de la présence d’enfants en bas âge, il n’y a pas eu de problème de santé. Il est vrai, que le système de microfiltration qui produisait les quelques litres d’eau potable par jour pour le ménage, fournissait une eau absolument inodore, de bon goût et exempte de bactéries pathogènes.

 

Lorsqu’on utilise le système PLUVALOR, la partie de l’eau destinée à la boisson est filtrée avec une technologie avancée que les sociétés distributrices n’utilisent pas encore. Au moment où elles seront contraintes de l’utiliser, l’eau coûtera très cher. De ce fait, l’eau potable obtenue à partir de l’eau de pluie, est d’une qualité équivalente à celle des meilleures eaux minérales du commerce, pour un prix de 1 à 2 centimes le litre.

 

C’est vrai, l’investissement dans les citernes est relativement élevé. Lors de la construction d’une maison, cette dépense est toute relative par rapport au budget global : c’est le prix d’une pièce en cave. Ce qu’il faudrait mettre au clair, est la cause de la disparité des prix des citernes pratiqués dans le commerce. Pourquoi une citerne préfabriquée en béton coûte la moitié et même mois en Belgique qu’en France ?

 

 

Quelques questions sur le réchauffement climatique.

On parle beaucoup du réchauffement climatique, quel est l’impact de la consommation d’eau sur ce phénomène ?

   

Bien plus grand qu’on ne le croit ! La majorité de l’eau douce consommée dans le monde sert à la production agricole. Nous sommes actuellement au bout de nos ressources. Il ne sera donc pas possible de continuer à produire n’importe quoi, n’importe où, n’importe quand, pour autant que cela rapport de l’argent.

 

Ici aussi, on agit volontiers le spectre de la famine mondiale devant ceux qui osent remettre en question le schéma de production agricole avec des méthodes industrielles.

 

La terre a encore la possibilité de nourrir sa population, et même bien la nourrir, mais il faudrait s’y prendre autrement pour la production, la commercialisation et aussi pour la consommation. L’agriculture industrielle a un poids environnemental

énorme. C’est le cas vraiment typique d’une activité insoutenable. En continuant sur notre lancée, dans les prochaines décennies, nous détruirons les meilleures terres agricoles de la planète pour les transformer en désert. Un désert n’absorbe pas du CO2. Or, on sous-estime la capacité d’absorption de CO2 de la végétation, surtout celle des surfaces boisées. Les cultures irriguées absorbent beaucoup d’eau, polluent les nappes et détruisent les terres par salinisation. Mis à part des rizières, l’irrigation est rarement nécessaire dans une agriculture adaptée au terroir.

 

A cela s’ajoute la promotion, très à la mode actuellement, des « énergies vertes ». C’est une grave erreur de penser que la combustion (même différée et sous forme de biogaz, de biodiesel, ou de bioéthanol) de la biomasse n’a pas d’impact sur le réchauffement planétaire et sur les grands cycles comme celui du carbone, de l’azote du phosphore et du potassium. Ce sujet mériterait évidemment plus de développement. La biomasse pourrait couvrir évidemment une partie importante de nos besoins énergétiques, mais ici aussi, il faudrait s’y prendre tout à fait autrement. Tout ce que je puis dire, est que brûler des déchets de bois dans les chaudières, produire du

biométhane et des biocarburants est une atteinte grave à la biosphère, qui se payera très chère en réchauffement climatique.

 

 

Est-ce que la problématique du réchauffement climatique est-elle plus importante que celle de la gestion de l’eau ?

  

Les deux sont importantes et largement interdépendantes. La mise en place d’un programme mondial de biomasse résorberait nos problèmes d’eau en moins de deux générations (± 50 ans), avec des dépenses qui ne dépasseraient pas le dixième de celles de l’armement. Par la même occasion, la capacité d’absorption de CO2

des continents pourrait facilement atteindre, voire dépasser celle d’il y a un siècle. Grâce à l’augmentation considérable de la biomasse produite, celle-ci couvrirait facilement tous nos besoins en chaleur de basse température (chauffage des bâtiments, des serres, production d’eau chaude, etc.), sans aucune perte d’humus potentiel, et produire 10 à 20 fois moins de gaz à effet de serre (CO2) que la combustion de la biomasse.

 

Ces techniques sont connues et bien au point, mais les spécialistes ne veulent pas en entendre parler. Le projet que j’ai présenté en 2001 à la Communauté Européenne en collaboration avec une école d’agriculture, dont le sujet

était, entre autres, la valorisation énergétique de la biomasse, avec production réduite de CO2, n’a pas été retenu. Parallèlement, on finance à coup de millions des projets de destruction de la biomasse. En dépit de leur couleur « verte », ces techniques préparent des grandes catastrophes climatiques.

 

Par la suite, je me permets d’esquisser en grandes lignes un monde avec un développement soutenable, créé grâce à un vaste programme mondial de biomasse avec la régénération des écosystèmes dégradés. Ce monde est à

notre portée, dès à présent, à condition de prendre des décisions politiques correctes. Ce monde coûtera bien moins cher en termes monétaires que notre monde insoutenable.

 

Le projet mondial de biomasse, ne résoudrait pas seul le problème de réchauffement planétaire, mais nous épargnerait très probablement de l’accident climatique majeur dû à l’emballement de la montée de température. En réduisant le rejet de CO2 au niveau d’il y a 30 ans, et en augmentant la production de la biomasse, on aurait une chance d’arrêter la montée de la température et créer un nouvel équilibre. Avec un tel niveau de consommation de pétrole, il nous restera du temps pour mettre en place un monde durable, avec des techniques soutenables.

 

Au niveau de l’individu, il y aura évidemment quelques changements. Dans 50 ans, après l’aboutissement du programme de la biomasse, les 7 à 8 milliards d’humains mangeront à leur faim, mais avec un régime à prédominance végétarienne. La santé publique en sera aussi meilleure. La nouvelle agriculture résorbera le chômage, mais l’alimentation absorbera environ 30% des revenus des ménages.

 

L’aviation ne servira que d’une manière ponctuelle et exceptionnelle. On aura oublié ses applications militaires. Les voyages et les transports intercontinentaux seront assurés par bateaux mixtes (voiliers munis de moteurs, en partie solaires). Avec les techniques et les nouveaux matériaux actuels, on peut dès à présent, construire des voiliers énormes avec une voilure à commande automatique, régulé par informatique, par le régime des vents et le programme du trajet. Grâce aux prévisions météo par satellites, la sécurité en sera accrue.  

 

La mobilité urbaine sera résolue par l’usage généralisé du vélo, des rollers et des planches à roulettes. Les transports en commun seront mieux développés et seront entièrement gratuits. On se rendra

à son travail en roller sur de larges pistes couvertes d’une verrière. Le système de roulement sera escamotable par un geste et les rollers deviendront une simple paire de chaussures. Il y aura un réseau serré de pistes cyclables de qualité à travers les continents fortement peuplés. Les voitures particulières appartiendront à un passé déraisonnable. La part du budget des ménages qui sert actuellement à la voiture, servira à financer les transports publics gratuits.

 

La disparition de l’aviation et de l’industrie automobile, contribuera d’une manière prédominante à la réduction du réchauffement planétaire. Ce sera le prix à payer pour un monde vivable.

 

Afin de réduire les déplacements, les villes cesseront de s’étendre et on aura largement recours au télétravail à domicile et aux communications par internet. Sur les continents, les gros transports se feront par voie fluviale. Le réseau routier actuel servira au transport des marchandises entre villes voisines, par la force motrice animale, avec du matériel roulant de haute technicité. Ce matériel ultra léger, avec un roulement et suspension parfaits, sera complété par le

« ferrage » des sabots avec des matériaux souples à base de fibre de carbone, assurant à l’animal un confort et à la traction, une efficacité surprenante. Le cheptel pour la traction sera nécessaire à la fertilisation des terres agricoles et contribuera aussi à la production de viande. De toute manière, le flux de marchandises sera réduit et deviendra local, car chaque terroir sera autosuffisant au point de vue alimentaire. Afin de réduire encore d’avantage les dépenses énergétiques pour les transports, il y aura une décentralisation de nombreuses productions industrielles.

 

Les vacances seront très actives : des longues randonnées à pied, à vélo, à cheval ou en charrette à cheval. Ces charrettes, ultra légères et confortables, bénéficieront de tous les perfectionnements techniques acquis par l’industrie automobile. On passera aussi ses vacances en kayak, en canoës ou en bateau sur les rivières. Les plus riches iront en croisière avec des voiliers de mer. Un autre type de vacances, très prisées, auront lieu à la ferme, sous forme d’aide ludique aux travaux des champs et auprès des animaux. La haute valeur que l’alimentation va acquérir motivera le passage

à la ferme pour se permettre enfin des extras alimentaires.

 

Chaque habitation sera bioclimatique avec un chauffage solaire passif. En plus du solaire, le chauffage des bâtiments sera assuré par échange calorifique avec un système de compostage décentralisé et généralisé. La quantité énorme de compost produit servira à maintenir le niveau élevée de la production de la biomasse et celle de la production agricole, sans engrais de synthèse (d’où encore une réduction de la pollution et d’émissions des gaz à effet de serre).

 

Après la mise en place de l’agriculture durable, il faudra attendre encore un siècle pour résorber la pollution des nappes phréatiques. En attendant, dans les villes, on distribuera de l’eau de qualité inoffensive, mais non potable. L’eau alimentaire sera produite dans chaque ménage à partir de l’eau de pluie, par microfiltration.

 

Dans les nouveaux quartiers urbains, il y aura une toilette à litière dans chaque appartement. Cette toilette ressemblera à celles des trains et des avions, avec un plateau basculant sur lequel, avant chaque usage, on placera la litière, sous forme d’un coussin circulaire fait en papier de toilette, contenant de la cellulose provenant des déchets de papiers. Après usage, on tire la chasse. Le plateau bascule et la litière avec les selles tombe à travers un large tube vertical (sous pression réduite) dans un conteneur standardisé

placé en sous-sol, garni de broyat d’élagage des espaces verts ou d’autres matériaux végétaux. La cuvette est rincée avec 1 ou 2 décilitres d’eau sous haute pression. L’évacuation des déchets de cuisine aboutira aussi dans le même conteneur. Ce conteneur sera périodiquement enlevé par les services communaux (municipaux) et remplacé par un nouveau. Les déchets organiques ainsi récupérés seront acheminés vers un centre de compostage qui absorbera aussi les déchets de l’industrie locale agro-alimentaire et une partie des déchets forestiers.

 

La solution alternative consiste à utiliser des toilettes avec chasse à haute pression, délivrant très peu d’eau et munies de broyeurs. Les effluents liquéfiés et concentrés seront collectés dans un réseau de tubes sous pression et conduits vers un centre de compostage. Ils serviront à imprégner un broyat de végétaux, avant leur compostage conjoint avec la partie fermentescible des ordures ménagères, collectées d’une manière sélective.

 

Les eaux grises (savonneuses) produites par les habitants de ces buildings seront collectées dans des cuves en béton enterrées, d’une capacité d’environ 500 litres par personne. Le trop-plein transitera par une tranchée végétale filtrante –

très décorative et fleurie en été – d’une superficie de moins d’un demi mètre carré par personne, pour être déversé dans un étang décoratif d’environ 1 mètre carré par personne. L’eau de cet étang sera limpide et de qualité potable. On y installera des plantes aquatiques pour la décoration et même des fontaines actionnées et éclairées par électricité

photovoltaïque. Un building avec 250 habitants aura donc, pour épurer ses eaux, un étang décoratif de 16 x 16 mètres. Les égouts (non étanches) ne serviront que pour l’évacuation des eaux de la voirie.

 

Près de ces nouvelles villes, les rivières seront complètement

épargnées de la pollution urbaine. En l’absence d’industries polluantes, les rivières auront rapidement la pureté des ruisseaux des hautes montagnes. On y pêchera les meilleurs poissons.

 

L’agriculture durable se fera sur des surfaces agricoles réduites, mais à très haut rendement. Les techniques agricoles seront adaptées aux possibilités et aux particularités de chaque terroir. Sur les grandes pleines, les parcelles de quelques hectares enclavées dans des forêts jardinées (1 ha de terre agricole pour 5 ha de bois) seront fertilisées avec le compost de broussaille (suivant la technique de Jean Pain) provenant de la forêt, après valorisation

énergétique pour le chauffage des maisons et des serres. Ce type d’agriculture se passe d’irrigation même dans les régions les plus sèches. Afin de dégager plus d’espace aux céréales, et aux plantes fourragères, la production fruitière se fera, sans irrigation, sur les coteaux brûlés par le soleil (zones actuellement incultes et improductives), avec la technique de Paul Moray. Ces mêmes techniques seront largement utilisées de par le monde pour transformer les déserts en contrés verdoyants. Il en résultera un changement climatique qui résorbera l’excès actuel du gaz

à effet de serre.

 

Les forêts seront omniprésentes, avec une production de compost de broussaille, mais aussi du gibier, du miel, des fruits et des plantes médicinales. Les zones forestières les plus sensibles seront réservées à la faune et à la flore sauvages

à préservation de la biodiversité.

 

Les inondations deviendront plus rares et moins graves ; les périodes des grandes sécheresses aussi. Dans les vallées des rivières, on aménagera cependant des espaces boisés inondables, avec des plans d’eau réservés aux oiseaux migrateurs.

 

La production de bois des grandes étendues forestières servira à l’industrie. Le bois remplacera, dans de nombreuses applications, les matériaux plastiques, surtout dans les constructions. Une petite partie des déchets de l’industrie du bois pourrait, sans doute, être prélevée pour la valorisation énergétique par combustion. Notamment pour les applications

à haute température. Jamais pour le chauffage. Le biogaz pourrait également être produit, d’une manière parcimonieuse, uniquement pour faire tourner certaines machines agricoles.

 

L’agriculture décrite ci-dessus ne demande pas de machines puissantes. Il n’y a même pas de labour. La terre sous une couche de 8 cm de compost de broussaille, reste meuble et extrêmement fertile.

 

L’essentiel de l’électricité sera produite par les éoliennes, dont certaines seront seulement des éoliennes de pompage pour stocker l’eau dans un bassin de rétention qui actionnera des turbines lorsqu’il n’y a pas de vent. Dans les pays ensoleillés, il y aura des centrales photovoltaïques pour produire de l’énergie

électrique et même de l’hydrogène qui sera stockée sous forme dissous ou adsorbé dans un matériau poreux. Cet hydrogène servira pour les applications particulières, notamment dans l’industrie chimique.

 

Vous avez dit « utopie » ? L’utopie, c’est la réalité de demain. A part le stockage de l’hydrogène, toutes les techniques citées plus haut, sont dès à présent disponibles et bien au point. Le seul aspect utopique de cette description est de croire dans des décisions politiques allant dans le sens du développement durable.

 

 

Pourquoi la gestion de l’eau semble être un thème moins populaire que le réchauffement climatique ?       

 

Le fait qu’un thème soit populaire ou non ne dépend que des médias. Or, ceux-ci sont dans les mains du monde financier. C’est dans un cercle extrêmement fermé et restreint que les décisions, engageant l’avenir de l’humanité, sont réellement prises.

 

Les changements climatiques sont actuellement présentés comme une sorte de fatalité, sur lesquelles l’humanité n’a aucune prise. Avec la gabegie énergétique actuelle on a effectivement de bonnes raisons d’admettre cette sentence et attendre la catastrophe du bouleversement climatique. On peut, dès à présent, affirmer que ce bouleversement sera brusque, rapide et prendra l’allure d’une apocalypse. Ce que même Al Gore ne dit pas dans son film, est qu’une variation de température de quelques degrés, entraînera des tensions énormes dans l’écorce terrestre dont les conséquences seront incalculables : éruptions volcaniques, tremblements de terre, tsunamis gigantesques.

 

Dans le cercle des maîtres financiers de ce monde, on semble ignorer le danger ou bien on a d’autres idées ?

 

Tout le monde est impuissant devant l’ampleur de la catastrophe qui se prépare et qu’on annonce. Entre-temps le pétrole se vend bien, l’industrie et l’économie mondiales tournent. On peut donc impunément médiatiser les changements climatiques, car grâce

à des décisions politiques téléguidées, on a fait en sorte que tout le monde soit intéressé par la continuation de la gabegie. La fermeture d’une usine d’automobile mobilisera des masses pour protester, mais personne ne protestera contre la mise en service d’un haut fourneau pour produire l’acier pour la fabrication de l’automobile. Pourtant toute cette industrie contribue d’une manière substantielle, décisive même, au réchauffement. On connaît les impacts de l’aviation civile et militaire sur les changements climatiques, mais tout le monde est contant d’avoir des billets à prix ridiculement bas. On peut mobiliser des foules pour protester contre l’énergie nucléaire, pouvant retarder un tant soit peu la catastrophe climatique, mais tout le monde consomme largement des légumes et des fruits provenant de l’autre côté de la planète et transportés par avion. Personne, mais vraiment personne ne bougera pour protester contre le gâchis

énergétique de la voiture particulière, de l’aviation militaire et civile.

 

La situation est quelque peu différente avec l’eau. En dépit du fait que le public désinformé réclame les techniques insoutenables, comme l’épuration collective, dans ce domaine, l’individu bien informé a une possibilité d’action. Action qui, par comparaison et par l’exemple, est susceptible de mettre

à nu la gestion de l’eau basée sur le profit. Le refus de l’autorisation pour la mise en place d’un quartier en EAUTARCIE illustre bien cette affirmation.

 

La décision d’un ménage pour le  passage au système EAUTARCIE, n’aura

évidemment pas un grand impact, mais une décision semblable prise par quelques centaines de ménages aurait des conséquences incalculables.

 

On découvrirait une série de choses gênantes :

  • Que l’on peut parfaitement se passer de la fourniture d’eau potable, actuellement dans les mains de quelques sociétés commerciales.
  • Que les budgets colossaux alloués par les états à la politique de l’eau n’a plus de raison d’être.
  • Que l’eau peut ne pas être une marchandise monnayable et un domaine pour les investissements financiers très rentables.
  • Qu’on peut, dès lors, ne plus céder au chantage à

    l’eau potable, puisque tout le monde peut en avoir à satiété au départ de sa citerne à eau de pluie.

  • Que, grâce à l’utilisation généralisée de l’eau de pluie naturellement douce, on peut consommer moins de détergents, donc polluer et dépenser moins.
  • Qu’on peut se passer d’égouts et de stations d’épuration, sans polluer l’environnement.
  • Que la taxe prélevée sur l’eau et pour les égouts, dès lors ne sert plus à rien.
  • Que les rivières deviennent propres, sans dépenser un seul euro pour l’épuration.
  • Que la santé publique (par la diminution, notamment des affections allergiques et des maladies virales) s’améliore par l’abandon progressif de l’usage de l’eau désinfectée au chlore. Dès lors, on consomme moins de médicaments.
  • Que la gestion responsable de l’eau des précipitations constitue une école vers l’autonomie de la pensée. Le citoyen devient moins manipulable.

 

Il n’est donc pas exagéré de dire, que le système EAUTARCIE est subversif. En mettant tous les obstacles légaux et réglementaires devant son extension, le monde politique ne se trompe pas. Il reste logique avec lui-même. Lorsqu’on est bien imprégné de la philosophie qui sous tend ce système, on acquiert une vision plus critique sur la politique environnementale actuelle. Les  beaux discours sur le développement durable et sur la protection de l’environnement feront, sans doute, moins de recettes.

 

 

Abordons enfin la gestion de l’eau.

Pourquoi les prix de l’eau sont-ils si différents d’une région à une autre ?

     

Le calcul du prix de l’eau est très complexe. La raison principale de cette complexité réside dans l’ambiguïté du statut des sociétés distributrices. Il s’agit de sociétés d’intérêt public, avec financement partiel du secteur privé. Elles doivent concilier l’intérêt public avec l’impératif de la rentabilité. Je pense personnellement, sans en avoir les preuves, qu’il s’agit en fait, d’une sorte de « pompe à fric », pour prélever des fonds des deniers publics et du consommateur vers les actionnaires privés. S’il n’en était pas ainsi, je ne comprendrais pas l’empressement avec laquelle les sociétés publiques d’eau ont été rachetées, par quelques grandes sociétés multinationales. Je doute fort qu’il y ait de la philanthropie derrière ces actions.

 

L’uniformisation du prix de l’eau est une revendication de nature politique. « Tous les citoyens doivent être égaux devant leur facture d’eau ! » C’est un beau slogan vide de sens qui ne tient absolument pas compte des réalités du terrain. Il n’est justifié que dans la mesure où les bénéfices sur la vente de l’eau sont tellement importants que les différences dans les frais d’exploitation deviennent négligeables. Je ne pense pas que ce soit le cas.

 

Dans un monde durable, la distribution de l’eau devrait redevenir un service public à part entière, sans la moindre prétention de rentabilité. La fourniture d’eau devrait être un service rendu à la collectivité par la municipalité. Dès lors, le prix de l’eau devrait être calculé en fonction de la particularité de chaque commune. Dans ce calcul, suivant la couleur politique des responsables communaux, on pourrait pratiquer une politique sociale, ou environnementale, au choix. La tarification pourrait dépendre du niveau de revenu de chaque famille, ou tenir compte de l’abondance ou de la rareté de la ressource. Là où

l’eau est abondante, on peut la vendre bon marché. Dans une autre région, où l’eau est une denrée rare, il faudrait une tarification progressive, pénalisant le gaspillage.

 

 

 Que pensez-vous de la politique du pollueur-payeur concernant l’eau ?         

  

Comme je disais plus haut, toute la politique de l’eau de la Communauté Européenne est basée sur un concept erroné : celui de faire payer les usages de l’eau en lieu et place de la pollution qu’on y rejette.

 

C’est le point de départ de toute la politique qui va dans le sens opposé au développement durable.

 

En établissant « le prix vérité de l’eau » on la transforme automatiquement en marchandise monnayable qui attirera la convoitise du monde financier. Dès lors, au lieu de résoudre les problèmes, on s’efforcera des les approfondir et les maintenir

à demeure. Aucune charte mondiale de l’eau, ni de déclaration solennelle du genre « l’eau est un bien commun » n’y changera rien.

 

Le monde des finances s’est emparé d’une ressource primordiale qui lui permet d’asseoir encore d’avantage sa position dominante. Pour assurer la pérennité des bénéfices, on évitera soigneusement les solutions techniques susceptibles de résoudre les problèmes d’eau. Ce serait tuer la poule aux œufs d’or. La tentation est grande pour mettre en place des mesures et des techniques qui à

défaut d’aggraver la situation, la perpétuent. Plus l’eau devient rare et chère, plus elle devient source de bénéfices. Plus l’eau sera polluée, plus on pourra la dépolluer et gagner de l’argent. On organisera donc la pénurie et la pollution pour maintenir le profit. C’est, sans doute, l’origine du barrage légal devant les techniques de prévention de la pollution à

la source.

 

Avec de l’argent, on peut aisément faire en sorte que les hommes politiques et les gouvernements légifèrent dans le sens d’exclure toute technique et de solution orientée vers la prévention et la résolution définitive des problèmes. On achètera aussi des scientifiques et des techniciens pour mettre au point, toutes les techniques de

réparation. Cet « achat » se fait de manière subtile, par l’intermédiaire des financements des universités et des centres de recherche. Le scientifique universitaire qui avait la mauvaise idée de chercher des solutions de  prévention à la place de la réparation, verrait sa carrière bloquée, voire brisée… comme par hasard.

 

En quoi le prix vérité de l’eau empêche l’application rigoureuse du principe du pollueur – payeur ? En séparant l’acte de pollution de sa pénalité fiscale.

 

Dans les faits, il n’y a pas de corrélation, et encore moins de proportionnalité entre la quantité d’eau consommée et la pollution générée. On peut consommer beaucoup d’eau sans polluer, en arrosant sa pelouse par exemple. De même, en utilisant l’eau non taxée (source, puits, pluie) tout en rejetant les eaux usées dans l’égout : on pollue, sans payer. Dans ce système rien n’incite le contribuable à réduire sa pollution, à diminuer l’usage des produits polluants. Il s’orientera tout simplement vers l’utilisation d’une ressource en eau non encore taxée.

 

Toute législation dont l’objectif est la protection de l’environnement doit appliquer, le plus rigoureusement possible le principe du pollueur – payeur. La taxe payée doit être directement proportionnelle à la nuisance générée. De plus, la taxation doit intervenir au plus près de l’acte de pollution. On peut lire, presque textuellement, ces recommandations dans les documents d’accompagnement des directives européennes. Les principes sont formulés, mais curieusement les applications vont dans le sens inverse.

 

 

Quelles sont les mesures que le prochain gouvernement pourrait mettre en place afin de favoriser les gestes individuels de réduction de la consommation d’eau ?

 

Aucune mesure supplémentaire. Les mesures actuelles qui taxent la consommation d’eau suffisent amplement. Il ne faut pas aggraver encore la situation.

 

Dans l’optique de la gestion durable de l’eau, les économies d’eau ne constituent pas une bonne mesure de la protection de l’environnement. Inviter la population à réduire la consommation, tout en comptant sur les recettes fiscales pour financier les mesures de protection de l’eau, est une attitude incohérente de la part des responsables politiques. Si la population prenait cette recommandation au pied de la lettre, cela mettrait le gouvernement dans une mauvaise posture. Les recettes fiscales sur l’eau diminueraient. Il faudrait alors financer l’épuration avec des recettes fiscales prélevées sur les revenus ou sur la TVA. Ce

serait, évidemment la négation du principe du pollueur-payeur.

 

On comprend à présent, pourquoi les autorités, mais aussi les sociétés distributrices redoutent tant les techniques de valorisation de l’eau de pluie. D’après les données relevées en Région wallonne, la pluie qui tombe sur les maisons d’habitation, pourrait, théoriquement couvrir 80% des besoins des ménages. Même avec un taux de récupération médiocre, la généralisation de cette pratique aboutirait

à l’effondrement de la consommation d’eau de ville… et des recettes fiscales sur l’eau.

 

Ceux qui dispensent de beaux discours sur les économies d’eau sont passablement coincés entre le souhait de garder les apparences du souci environnemental en encourageant la valorisation de l’eau de pluie, et leur intérêt réel pour conserver les recettes fiscales. Heureusement, certains spécialistes de l’eau volent à leur secours, en faisant peur à la population pour restreindre au maximum l’usage domestique de l’eau de pluie. C’est ce qui est réellement derrière « la volonté de sauvegarder la santé

du consommateur », en lui interdisant de prendre son bain, faire la vaisselle, la lessive ou boire de l’eau non taxée.

 

    

Quelle est alors la solution ? Que pourrait réellement faire le gouvernement pour la gestion durable de l’eau ?

 

En étudiant les textes des directives européennes sur l’eau, on découvre que ces lois, en dépit des apparences, laissent beaucoup de libertés aux états membres. Il n’y a que les objectifs et les principes de base qui sont intangibles : protection maximale de l’environnement à un prix « économiquement acceptable », application du principe du pollueur-payeur et celui de l’utilisation de la meilleure technologie disponible. Ce sont ces principes qu’il faut appliquer

à la lettre. Pour ce faire, les états membres ont donc toute liberté, mais il faut une volonté politique en ce sens.

 

Le gouvernement de chaque état membre pourrait légiférer, sans problèmes, dans le sens de la gestion durable de l’eau. Ce faisant, il respecterait l’esprit et les grands principes énoncés par la Union Européenne.

De plus, une telle législation épargnerait de nombreux milliards d’euros à la communauté.

 

Ici, nous nous limiterons à suggérer quelques mesures simples susceptibles d’améliorer considérablement la situation. Nous ne pouvons pas nous étendre sur la gestion de la biomasse, pourtant primordiale pour la gestion durable de l’eau. Ce serait un autre débat, sans doute encore plus important.

 

Le « prix vérité de l’eau » doit être remplacé par le « prix vérité de la pollution ». Ce n’est pas l’eau qu’il faut taxer, mais la pollution qu’on y rejette. Dans le cas des ménages, cette taxe doit être prélevée à l’achat de tout produit destiné à être rejetée dans l’eau en tant que polluant : détergents, savons, produits divers pour le ménage.

Le taux de taxation doit être fixé en fonction du caractère polluant de chaque produit. Ainsi une poudre à lessiver faite à base d’amidon de maïs sera moins taxée, car moins nuisible qu’un produit à base de pétrole. Le premier étant plus cher à la fabrication, sans la taxe qui compense la différence, le choix du consommateur se portera sur le produit le plus polluant.

 

Compte tenu du fait que la ménagère européenne moyenne consomme 3 à 5 fois trop de détergent pour l’objectif de propreté, on comprend mieux que ce système de taxation réduirait d’une manière drastique la pollution avant dépenser le première euro pour l’épuration.

 

Quant à la charge fécale, l’autre composante majeure de la pollution des eaux urbaines, on pourrait parfaitement prélever une taxe équivalent-habitant. Les ménages utilisant une bonne toilette sèche seraient évidemment exonérés de cette taxe. C’est ainsi qu’on encouragerait réduction de la pollution à la source. Actuellement, on pénalise plutôt les ménages qui essaient de la réduire.

 

Il faudrait modifier les normes de qualité pour les rejets des eaux épurées. Le déversement dans un cours d’eau, ne devrait être autorisée que dans le cas où techniquement, il n’est pas possible de faire autrement. Les normes devraient être différentes en cas d’infiltration dans le sol et en cas de déversement dans un cours d’eau. Il faudrait également définir des normes différentes pour le rejet séparé des eaux grises (savonneuses) et les eaux vannes (fécales).

 

Il faudrait lever l’ambiguïté actuelle entre « assainissement » et « épuration ». Les deux notions ne sont absolument pas synonymes. L’épuration n’est qu’une des techniques de l’assainissement, et même pas la plus performante. Dans les lois sur le traitement des eaux usées urbaines, remplacer l’objectif actuel « l’épuration à tout prix »

par « la protection maximale de l’environnement ». En effet, il est facile de montrer que dans la plupart de cas, plus on épure, plus on détruit l’environnement.

 

Les critères d’évaluation des systèmes d’assainissement et d’épuration doivent être changés. Il faut remplacer la notion de « performance épuratoire » par la notion plus juste de « performance environnementale ». Pour ce faire, en plus de l’énergie électrique dépensée, il faut évaluer et chiffrer la somme des quantités d’azote, surtout minérale (comme les nitrates) rejetées annuellement par équivalent-habitant avec les eaux épurées et avec les boues.

 

En fait, c’est l’azote épuré qui pose le plus de problème à l’environnement et le phosphore en cas de rejet en rivière. Cette manière d’évaluer écarterait la plupart des systèmes d’épuration pour les remplacer par d’autres systèmes d’assainissement, bien plus performants, mais interdits actuellement.

 

Dans les centres historiques urbains, l’épuration collective semble encore incontournable. Cependant, en modifiant les techniques de déversement, on pourrait fortement améliorer le degré de protection du milieu récepteur. Ici, l’épuration des eaux doit être assimilée à un service rendu au même titre que la fourniture d’eau ou de gaz. En ce sens, en vertu du principe du pollueur-payeur, seul les usagers de ces systèmes qui devraient payer pour l’épuration, suivant un contrat passé entre

l’usager et le gestionnaire des équipements de collecte et d’épuration. Actuellement, ce n’est pas le cas. Dès lors, même en ville on pourrait supprimer la taxe sur l’eau et la remplacer par une redevance pour l’épuration, redevance calculée par équivalent-habitant.

 

Compte tenu du fait qu’en zones périurbaines et rurales l’épuration sélective des eaux grises (système TRAISELECT) n’a aucun impact sur le milieu récepteur (le sol) quelle que soient la qualité et la quantité des détergents utilisés, on pourrait même supprimer à

terme, la taxe sur les savons et les détergents.

 

Les systèmes d’épuration, qu’ils soient collectifs ou individuels, devraient être taxés par rapport à la quantité d’azote rejeté dans l’environnement par équivalent-habitant

avec les eaux épurées et aussi avec les boues.

 

On découvre que ces mesures simples feraient payer « le prix vérité de la pollution » par les usagers des W-C à chasse et enlèveraient toute charge fiscale aux usagers d’une bonne toilette sèche. En effet, ceux qui utilisent ces toilettes et épurent correctement, d’une manière sélective les eaux grises, n’ont aucun impact sur l’environnement hydrique et ne payeraient aucune taxe pour l’eau. On découvre aussi, que globalement, cette politique de l’eau coûterait beaucoup moins aussi bien à l’usager qu’à l’état.

 

Pour donner la possibilité légale d’utiliser ces systèmes performants, il faudrait lever l’obligation absurde de se raccorder à l’égout, et la remplacer par une autre : celle de ne plus produire d’eaux fécales, en cas de non raccordement aux égouts (avec des amandes lourdes au contrevenants).

 

Il faudrait également autoriser l’usage des puis perdants pour autant qu’on n’y rejette pas d’eaux fécales et que la structure du sol permet l’infiltration correcte des eaux grises. Cela réduirait considérablement la pollution des rivières et les frais d’assainissement.

 

Ces mesures auraient comme effet, de généraliser l’usage des toilettes sèches. Afin de faciliter ce passage, le gouvernement devrait dégager un budget pour financer les recherches visant à perfectionner les techniques de toilettes sèches. Un autre budget devrait être consacré à l’information du public sur ces toilettes.

 

Avec l’extension des toilettes sèches en zones rurales et périurbaines, il y aurait progressivement de plus en plus de maison non raccordée à l’égout. A terme, on pourrait alors envisager, au niveau communal (municipal), comme cela se fait déjà dans certaines villes norvégiennes, l’interdiction d’utiliser des W-C à

chasse. Dès lors les égouts ne véhiculeraient plus que les eaux de la voirie dont l’épuration se réduirait à un simple dégrillage, déshuilage et de décantation, avant le rejet en rivière. Les stations d’épuration actuelles seraient transformées en zones de loisirs aquatiques.

 

A côté de l’obligation d’installer (comme en Espagne actuellement) un chauffe-eau solaire dans chaque nouvelle habitation, il faudrait aussi imposer la pose d’une citerne à eau de pluie d’une capacité minimale de 15 m³ par 100 m²

de surface bâtie au sol. Cette mesure devrait être étendue à toutes les habitations en cas de changement de propriétaire, avec des possibilités de dérogation en cas de difficultés techniques.

 

Il faut lever, l’obligation absurde et anticonstitutionnelle de se raccorder au réseau de distribution d’eau. Chaque usager devrait avoir le droit de résilier son contrat avec la société distributrice.

 

Réserver l’obligation du respect des normes actuelles pour l’eau potable uniquement à la vente et la fourniture de l’eau au public. La responsabilité de la société qui fournit l’eau doit s’arrêter au niveau du compteur d’eau, pas au-delà. L’administration ne devrait pas avoir un droit de regard sur la qualité de l’eau consommée que dans les lieux publics. Dans la sphère privée, elle devrait se contenter des recommandations de qualité, sans obligation.

 

Voici quelques mesures susceptibles de réduire, d’une manière spectaculaire, les dépenses pour l’eau, tout en développant un secteur industriel local de PME pour la mise en place des nouvelles techniques décentralisées.

 

Les impacts environnementaux dépasseraient les prévisions les plus optimistes. La plupart des petites rivières retrouveraient rapidement leur pureté originelle, avec des possibilités nouvelles pour la pêche touristique et pour les baignades dans la nature.


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  • Entrevue avec Joseph Országh d’Eautarcie

    12 juillet 2008 12:05, par Tisné christian

    J’ai 56 ans et j’habite dans le S.ouest de la France (non loin de Biarritz).

    Intéressé pour récupérer l’eau de pluie, j’ai eu la chance de tomber sur le site EAUTARCIE et je vous en remercie.
    Aujourd’ hui j’ai fabriqué une capacité de stockage de 19 m3 et j’ai l’ensemble de l’habitation reliée à celle-ci en dehors de l’eau de boisson.
    Deux énormes avantages :
    Immense plaisir de se laver à l’eau douce, incomparable ; et finit le problème du calcaire, un vrai bonheur.
    Je suis en attente pour la production de l’eau potable (3 à 6 mois suivant vos conseils). Je suis à la recherche de produits pour ce faire (filtre céramique et charbon actif)

    J’ai une question à vous poser concernant le charbon. Est ’il nécessaire d’avoir obligatoirement recours au charbon actif imprégné chimiquement comme proposé par des sociétés ou simplement du charbon actif en granulé, à base principalement de noix de coco.
    En attente de vous lire, je vous adresse à nouveau mes plus vifs remerciements pour votre site.

    Répondre à ce message

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