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Slow Wear ou Slow Fashion : Une solution à la crise économique et à l’urgence climatique ?

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samedi 19 septembre 2009 par Annie Chaperon

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Tout d’abord, quelques définitions.

Slow Wear : Selon Virginie Bertrand, directrice de la communication de la Fédération française du prêt-à-porter féminin "Le slow wear, ce n’est pas consommer moins, c’est consommer mieux","mieux acheter, mieux consommer, avec une conscience"

Slow Fashion : Selon Christel Carlotti de l’Institut Français de la Mode : "la slow fashion exige un ralentissement des dépenses de mode (il s’agit de ne s’offrir que l’essentiel, l’essentiel excluant le prix payé pour la marque, le style ou la tendance) ". "La slow fashion milite pour un retour aux vraies valeurs. L’essentiel, le vêtement utile. "

 Urgence climatique

Depuis quelques années, la planète est face à une urgence climatique et une nécessité d’économiser les ressources.

La majorité des experts affirment que le réchauffement climatique est dû à l’augmentation des émissions de gaz à effet de serre. Une minorité soutient la thèse inverse ; les émissions de gaz à effet de serre ont augmenté à cause du réchauffement climatique. Seule une incursion dans le futur pourrait nous permettre de les départager.

En revanche, il est certain que nos ressources non renouvelables sont insuffisantes pour continuer sur la lancée de notre consommation actuelle. Et il est certain, aussi, que l’accroissement de la population mondiale va accélérer l’apparition de cette pénurie. Et puis, comment concilier, par exemple, la production alimentaire pour neuf milliard de personnes en 2050 et la production de céréales pour la fabrication de carburant ?

L’urgence à laquelle nous devons faire face est celle de l’économie de toutes nos ressources, peu importe lesquels de nos experts climatiques ont raison.

Il ne s’agit pas d’un retour en arrière, tel que certains aiment à ironiser. Il s’agit d’utiliser nos connaissances, nos technologies, pour vivre mieux avec moins, en toute intelligence.

Nous devons nous concentrer sur les ressources renouvelables, par définition, naturelles et surtout, non-alimentaires. Une première approche, simple, est la possibilité d’utiliser les compétences les plus proches. Il ne s’agit pas d’opposer les différentes parties du monde. Il ne s’agit pas de protectionnisme. Il s’agit de bon sens. Lorsque nous allons acheter notre pain, nous nous rendons à la boulangerie la plus proche.

Pourquoi allons-nous acheter nos vêtements à 8000 kilomètres ? Ne serait-ce pas la première économie des ressources que de privilégier la proximité ?

 Crise économique

Tout le monde y allait de son petit commentaire. Bulle immobilière …. Bulle financière … et tout le monde attendait que les bulles éclatent, comme les bulles de savon dans lesquelles nous avons trop soufflé. Une bulle peut résister parfois longtemps.

Alors, l’urgence climatique a été reléguée au second plan. La première urgence était de profiter des bulles avant qu’elles n’éclatent.

Nous aurions bien le temps de nous occuper du reste ensuite.

Et pouf !…

Un gros mot est apparu : CRISE ECONOMIQUE

A cause de la crise économique, les entreprises délocalisent, le chômage augmente. Subitement, nous semblons découvrir la crise sociale. Conséquence de la crise économique ou augmentée elle ?

Qui se souciait de la crise sociale dans les pays occidentaux tant qu’existaient les bulles ? Les portefeuilles d’actions s’épaississaient. Les propriétaires immobiliers avaient le sentiment d’être riches.

Comment ? Certains ne pouvaient pas se loger et n’avaient pas d’actions ? Ils n’avaient qu’à travailler, et puis, ils pouvaient presque tout acheter, pas cher, à plus ou moins 8000 kilomètres …

Mais, à 8000 kilomètres, il y a également une crise sociale ! Si nous cessons la production délocalisée, de quoi vivrons les enfants obligés de travailler parce que leurs parents ne gagnent pas assez pour les nourrir ? En occident aussi certains parents ne gagnent pas assez pour nourrir leurs enfants ? En occident, nous avons des aides sociales, alors ce n’est pas grave de ne pas gagner assez…

Les pays développés sont développés. Les autres pays seront peut-être développés un jour. En attendant, une forme d’esclavage s’est installée. Les chinois et les indiens, pour ne citer qu’eux, produisent pour nous des vêtements, qu’ils ne pourraient payer avec ce qu’ils gagnent pour les produire !

 Valeur

Quelle est donc la valeur de nos vêtements ?

Avec son salaire mensuel, un chinois ou un indien pourrait acheter environ 5 des t-shirt vendus chez nous à 12 €.

Certaines marques ont rompu avec la production à 8000 kilomètres. Après tout, l’Europe est vaste, les frontières ouvertes ou presque. La production est effectuée dans l’Union Européenne ! Moins de distance c’est moins de ressources consommées. La Roumanie est à peine à 2000 kilomètres.

Le t-shirt roumain est vendu chez nous à 40 €. Il faut bien payer cette proximité !

Le salaire mensuel de la couturière roumaine lui permettrait d’acheter environ 3 des t-shirts qu’elle produit pour nous. Elle pourra toujours se vêtir en Asie.

Un t-shirt fabriqué en France est vendu 120 €. Oufh ! C’est cher ! Pourtant, avec le salaire minimum mensuel, un français peut acheter environ 8 des t-shirts fabriqués en France.

Oui, mais il pourra acheter environ 26 t-shirts roumains et 86 t-shirts chinois !!!

Après tout, les chinois n’ont qu’à se débrouiller pour s’habiller ! Et les t-shirts français seront achetés par … heu … par qui ?

Quelle est donc la valeur de notre travail ? Dans quel monde vivons-nous si personne ne peut acheter ce qu’il produit ? Comment en sommes nous arrivés à cette absurdité mondiale, sociale, économique ?

Slow Wear. Slow Fashion. Deux expressions pour dire la même chose. Achetons moins, mais achetons mieux. Posons-nous des questions sur la provenance de nos vêtements. Demandons-nous quels sont leurs impacts écologiques ou économiques.

Lorsque nous achetons un vêtement fabriqué en France, nous réduisons le transport, donc la dépense de ressources et nous favorisons le maintien ou la création d’emplois.

Nous ne pouvons pas éternellement nous plaindre des délocalisations et de la montée du chômage en continuant d’acheter moins cher à l’autre bout du monde.

Certes, consommer ce qui est produit à proximité oblige à consommer moins.

Ca y est ! Le mot consommer est lâché !

Consommer, consommation, plaisir immédiat de l’achat rapide et bon marché.

A force de perdre nos emplois, de vivre des aides sociales, de regarder des émissions de télévisions qui nous promettent de devenir célèbres et très riches en un instant, nous voulons tout avoir, tout de suite.

Nos armoires sont pleines à craquer de vêtements que nous ne mettons pas. Combien de fois avez vous dit : je n’ai vraiment rien à me mettre ! Combien de fois avez-vous entendu cette expression autour de vous ? Nous n’avons pas assez de vêtements !!! Vite, shopping, soldes, braderies et autres promotions. Remplissons nos petites armoires et rêvons de ce dressing gigantesque aperçu dans …

Effectuons un test : Notons pendant un mois quels vêtements de notre penderie ont été portés et à quelle fréquence.

Vous serez surpris de constater à l’issu de ce test que votre armoire contient beaucoup de vêtements que vous ne portez jamais. Ils sont devenus trop petits, certainement fois trop grands, trop vieux, trop démodés, trop abîmés. Tout simplement trop inconfortables, physiquement et psychologiquement. Nos vêtements sont notre première protection face au monde. Nous devons nous y sentir bien pour affronter les autres.

Nous n’avons pas besoin de 86 t-shirts !

Prendre le temps de trouver ce qui nous plaît réellement, ce qui est confortable pour notre corps, ce qui est confortable pour notre esprit. Avoir le temps de chercher, de réfléchir, de choisir, parce que la semaine prochaine cette petite robe qui nous irait si bien, là dans la boutique, ne sera pas remplacée par un nouvel arrivage éphémère.

Choisissons nos vêtements parce qu’ils viennent d’à côté et faisons ainsi cesser l’hémorragie de nos emplois.

En moins de cinq ans, 71% des façonniers français ont disparu. Pourtant, en 2006, nous avons importé pour 12 milliards d’Euros de vêtements. Combien d’emplois aurions nous préservé si nous avions consommé différemment ?

Acheter mieux, c’est aussi acheter moins. Acheter moins, c’est moins de détaillants, moins de boutiques.

Nous n’achetons pas mieux et pourtant en juillet 2009 les ventes de vêtements au détail ont subi 8,8% de baisse malgré les soldes ! N’est ce pas déjà la fin d’un système ?

La fin d’une chaîne économique ? Délocalisation, chômage, baisse des revenus, baisse de la consommation, baisse des ventes, baisse du nombre de détaillants.

Chômage des détaillants ? Et bien oui, parce que visiblement, aujourd’hui il y en a de trop. Sinon comment expliquer la baisse des ventes, les promotions à répétition et les faillites ?

Nous avons perdu les valeurs, celle de notre travail, celle de notre confort, celle de nos achats, celle de nos choix.

 Villes

La planète s’urbanise. Aujourd’hui, 50 % de la population mondiale vit dans les villes. Il y a de plus en plus de pollution générée, subie. Nous en revenons à l’urgence climatique et à l’économie des ressources. Economisons l’énergie, valorisons la proximité, réduisons la pollution, cultivons plus propre, produisons plus propre.

Nous sommes de plus en plus nombreux sur la planète. Nous sommes de plus en plus nombreux à vivre en ville. Nous avons de moins en moins d’espace, nos logements deviennent étroits.

Espace ? Etroit ? Penderies pleines à craquer !

Moins de vêtements, de meilleure qualité, c’est de l’espace consacré au rangement qui peut être économisé.

 Epilogue

La crise économique n’a fait qu’accélérer la révélation un déséquilibre latent depuis plusieurs années.

Le Slow Wear ou la Slow Fashion et d’une façon générale, le consommer moins mais mieux, se révèle être une opportunité pour vivre tout simplement mieux dans le futur, dans un monde plus propre, plus respectueux, plus éthique. Un futur rendu immédiat par la situation mondiale.

Il n’est pas question d’opposer les pays et leurs compétences. Il est évident que la transition, qui doit s’opérer, ne sera pas sans douleur. Si nous relocalisons, inéluctablement, d’autres personnes dans le monde souffriront de perte de revenus. Si nous ne relocalisons pas, que deviendront nos enfants ?

La planète doit trouver un nouvel équilibre, ce n’est pas simple, mais c’est inévitable.

Sources

http://www.pretaporter.com/

http://www.ifm-paris.com

http://industrie.gouv.fr

http://esa.un.org/unup/

Pour en savoir plus : www.zestedenature.fr


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