Habillement

Deuxième industrie la plus polluante après l’industrie pétrolière, l’industrie du textile a encore d’énormes progrès à faire pour réduire son impact sur l’environnement. Si aujourd’hui, on parle de plus en plus de vêtements et accessoires bio, en fibre naturelles, fabriqués sans polluants, et dans des conditions de travail plus acceptables qu’il y a quelques années, rares sont les personnes qui se sentent concernées et qui tentent de réduire leur empreinte écologique dans l’habillement.

Une mode éthique et responsable

Zoom sur l’habillement écologique et sur les astuces à adopter au quotidien pour une mode plus éco-responsable.

Qu’est-ce que l’habillement écologique ?

Dans de nombreux domaines, des efforts sont fait pour fabriquer des produits plus écoresponsables, dans des conditions plus respectueuses de l’environnement. La mode, grande polluante, n’échappe pas à la règle.

Aujourd’hui, de nombreux termes sont utilisés pour désigner l’habillement écologique : « mode éthique », « mode bio »… Derrière ces termes, des principes qui tentent de réduire l’impact environnemental et social de la fabrication de vêtements : l’utilisation de matières renouvelables biologiques comme le coton, le lin ou le chanvre ; l’utilisation de textiles recyclés ; l’économie d’eau et d’énergie à tous les stades de la fabrication ; voire le boycott de matières premières animales comme le cuir ou la fourrure (pour le mouvement « vegan »)…

L’habillement écologique s’inscrit également dans le mouvement du commerce équitable en interdisant le travail des enfants et en imposant des normes pour le respect des droits sociaux des acteurs de l’industrie textile.

Un vêtement peut être fabriqué à partir de trois types de fibres : les fibres naturelles, d’origine végétale (lin, chanvre, coton) ou animale (soie, laine) ; les fibres artificielles, produites à partir de ressources naturelles comme la cellulose mais qui sont traitées chimiquement pour donner un textile (viscose par exemple), et dont la fabrication nécessite beaucoup d’eau ; et enfin les fibres synthétiques, produites à partir du pétrole (polyester, nylon, acrylique, élasthanne…). De plus, le textile subit souvent des traitements chimiques, pour les rendre résistants au feu, imperméables, antitaches… Traitements qui nécessitent de consommer beaucoup d’énergie et sont néfastes pour la santé.

Outre la fabrication du textile en elle-même, la teinture est aussi une source de consommation d’énergie importante : 11 milliards de litres d’eau sont consommés chaque jour dans le monde pour la teinture des textiles.

Quelles matières privilégier ?

Vous l’aurez compris, les vêtements écologiques privilégient les fibres naturelles, et si possible végétales. Voici les matières les plus prometteuses pour une mode plus écoresponsable :

Le coton biologique

Le coton bio est la fibre végétale la plus répandue pour fabriquer des textiles écologiques actuellement. La production de coton est un véritable désastre pour l’environnement : tout d’abord parce qu’elle nécessite beaucoup d’eau : rien que pour produire un tee-shirt, on a besoin de 25 000 L d’eau ! Mais aussi parce qu’elle utilise de nombreux pesticides : la production d’un tee-shirt nécessite 140g de pesticides et d’engrais chimiques, et émet 5,2 kg de CO2. Résultat : la culture du coton tue 22 000 travailleurs par an selon l’OMS… Sans parler de la pollution générée par le traitement du coton pour le transformer en textile (blanchissement à base de chlore, teinture à base de métaux lourds, traitements à base de produits cancérigènes…).

C’est à ces catastrophes que le coton biologique tente d’apporter une réponse : le coton bio est cultivé selon les principes de l’agriculture biologique (pesticides naturels, récoltes à la main), et des labels existent pour garantir que le traitement s’est fait de manière écoresponsable (Ecocert, Eko-Gots).

Le lin

Le lin, en revanche, est une fibre naturelle dont la culture est exemplaire sur le plan écologique : elle ne nécessite pas d’eau, peu d’engrais et de pesticides (cinq fois moins que le coton !), ne produit pas de déchets, ne nécessite que très peu de traitements chimiques. Et en plus, le lin est une fibre locale puisqu’elle pousse dans les pays au climat océanique humide, dont la France ! Ainsi, les marques éthiques « Made in France » exploitent principalement cette fibre.

Le chanvre

Le chanvre a l’avantage d’être une fibre ultrarésistante et protectrice face aux UV. Comme le lin, sa culture ne nécessite pas d’eau ni de traitements chimiques, et elle absorbe énormément de CO2. Autre avantage du chanvre : la plante pousse très rapidement, pouvant atteindre facilement 6m de haut en quelques mois. Malheureusement, sa culture reste peu rentable car elle est le fruit d’un long processus : les textiles en chanvre sont donc encore assez chers.

L’ortie

La fibre d’ortie a longtemps été utilisée pour fabriquer des cordages et des fils : aujourd’hui, elle connait un regain d’intérêt dans le domaine du textile. La fibre en elle-même est de très bonne qualité car à la fois légère et solide. Et en plus, sa culture ne nécessite pas d’irrigation ni de produits polluants. De nombreuses marques de mode éthique ont développé leur commerce sur cette plante originale mais d’excellente qualité, comme la marque néerlandaise Netl qui vend des jeans écologiques à base d’ortie mélangée à d’autres fibres naturelles comme le coton ou le lin bio. Comme le chanvre, l’ortie est encore chère car peu popularisée : pour un jean de Netl, par exemple, il vous faudra compter 230 euros…

Quelles habitudes adopter au quotidien pour un habillement plus écologique ?

Mis à part l’achat de vêtements bio, il existe de nombreuses astuces pour réduire son empreinte écologique en s’habillant. Tout d’abord, vous pouvez acheter des vêtements d’occasion. Il est possible et même fréquent de trouver des vêtements neufs ou portés une fois seulement en vente. De même, vous pouvez vendre les vêtements que vous avez peu portés ou qui sont encore en excellent état ! Il existe aussi des services de location de vêtement : idéal pour une occasion spéciale (mariage, baptême) ou même pour le quotidien, pour ceux ou celles qui aiment changer constamment de garde-robe mais aimeraient acheter moins pour réduire leur impact environnemental. Et toujours dans l’optique de réutiliser les vêtements, les mamans privilégieront les couches lavables pour leurs bébés.

Si vos vêtements sont bien trop usés pour être revendus, pensez au recyclage : donnez-les à des associations caritatives, déposez-les dans un centre de recyclage, ou découpez-les pour les transformer en torchon de cuisine ou de ménage !

Si vous avez décidé d’acheter moins souvent, vous pourrez utiliser les économies pour acheter des vêtements de meilleure qualité : des vêtements bio ou locaux, par exemple.

Il est également possible de réduire son impact environnemental en lavant ses vêtements : laver moins souvent, notamment (un cycle de machine consomme énormément d’eau et d’énergie), surtout pour les jeans ou vêtements fragiles ; mais aussi faire des machines pleines, laver le linge à basse température (30°C), ou utiliser une lessive écologique achetée en magasin ou fabriquée soi-même.