Calculateur d’empreinte carbone de notre épargne

Contrairement à une idée reçue, les dépôts et placements des particuliers ne restent pas dans le coffre de leur banque : ils financent des activités économiques qui émettent des gaz à effet de serre.

Ainsi 5 000 euros sur un compte courant polluent indirectement autant qu’un 4×4, sur une année ! Le cabinet de conseil Utopies, l’association Les Amis de la Terre et le site web Mescoursespourlaplanete.com lancent aujourd’hui un outil en ligne inédit pour calculer l’empreinte carbone de l’argent déposé par les épargnants dans leur(s) banque(s).

Autrement dit : dans un contexte où 16 % des revenus des ménages français sont consacrés à l’épargne, manger bio, se déplacer à vélo plutôt qu’en voiture et prendre le train plutôt que l’avion a au bout du compte un impact limité sur l’environnement si parallèlement les banques placent l’argent du consommateurresponsable, généralement à l’insu de celui-ci, dans des secteurs d’activité polluants comme l’extraction pétrolière, la construction de centrales à charbon ou la production d’automobiles polluantes.

Juliette Renaud, chargée de campagne sur la Responsabilité des Acteurs Financiers aux Amis de la Terre commente : «  Les citoyens ne savent pas comment est employé l’argent qu’ils confient à leur banque ou à leur assurance, et leurs placements peuvent, malgré eux, participer à des dégâts environnementaux et sociaux. Il est temps de prendre conscience que nos choix d’épargne peuvent être un levier majeur pour agir sur la société et la transformer. » Et c’est une urgence : selon l’Agence Internationale de l’Energie (AIE), l’investissement annuel nécessaire pour financer la transition vers une économie sobre en carbone représente 7 fois le plan Marshall… mais moins de 1% du stock d’épargne mondiale !

Les calculs ont été réalisés par le cabinet Utopies avec les données de la société Inrate. Ils évaluent les émissions de gaz à effet de serre directes (ex : bâtiments, ordinateurs…) mais aussi indirectes (ex : financement d’activités économiques, …) des banques.

Les partenaires souhaitent ainsi sensibiliser l’opinion publique afin que les banques et le législateur soient incités à prendre en compte les enjeux climatiques dans la façon dont les produits d’épargne sont conçus et commercialisés. L’objectif est que les épargnants aient la possibilité d’épargner en épargnant la planète.

Des produits financiers verts existent déjà, comme le souligne Elisabeth Laville, fondatrice d’Utopies et du site Mescoursespourlaplanète : « Investis dans les énergies renouvelables par exemple, ils polluent dix fois moins que les produits d’épargne traditionnels et sont tout aussi rentables ».

Mais la plupart des grandes banques sont enfermées dans leurs habitudes. Elles préfèrent vendre leurs fonds et livrets maison très polluants mais auxquels les commerciaux et les clients sont habitués depuis des années. Créer et vendre des produits verts demande plus de pédagogie auprès des clients donc plus de formation des conseillers.

Stanislas Dupré, directeur général d’Utopies conclut : « Un nombre croissant de banques commence à s’intéresser à ce sujet, à mieux informer leurs clients et à proposer des produits financiers moins polluants, mais la route reste encore longue et le temps presse. Il est temps de passer à la vitesse supérieure ! »

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…bons calculs et… A bientôt !