Economie versus écologie

Ces deux concepts aux racines étymologiques identiques sont souvent mis en opposition. Pourtant l’importance croissante des préoccupations écologiques dans notre société permet cette réconciliation progressive en liant finance et écologie via la fiscalité verte ou le juste prix écologique. Les consommateurs ont bien entendu un rôle prépondérant dans cette transformation de l’économie.

La finalité que poursuit l’économie est la maximisation de la production, la croissance la plus élevée possible. Les ressources naturelles sont vues comme un facteur externe que l’on peut utiliser indéfiniment. La déforestation ou l’assèchement de la mer d’Aral sont des exemples d’antagonismes entre des logiques économiques et des logiques environnementales : croissance économique à court terme versus destruction du patrimoine écologique et impact économique à long terme.

Le développement durable, concept récent, a permis d’intégrer les préoccupations écologistes dans un schéma d’économie capitaliste. Toutefois, le développement durable suppose qu’il y ait poursuite de la croissance économique. Certains pensent que la protection de l’environnement et la croissance y compris durable sont incompatibles. Est ainsi né, le concept de décroissance.

Des concepts proches…

Pourtant les deux concepts d’écologie et d’économie sont proches et se rejoignent sur l’intérêt commun pour des biens disponibles en quantité limitée. L’économie est la science de l’allocation des ressources rares tandis que l’écologie est la science de la sauvegarde des ressources rares de la nature.

L’écologie rentre petit à petit dans le monde économique : on estime le coût d’une mesure publique de protection de l’environnement, on estime l’investissement des entreprises en faveur de la protection de l’environnement (3 % de l’investissement total, en France, 6 % en Allemagne), on parle de recherche et développement en matière environnemental, on instaure une fiscalité verte permettant de motiver un comportement respectueux de l’environnement.

Un circuit financier monétarisant le droit à polluer a été créé mettant en place un marché financier de permis négociables à polluer. Des outils sont désormais proposer pour valoriser le patrimoine naturel ou estimer l’irréversibilité d’une action.

… mais des façons différentes d’aborder les sujets

Toutefois, l’économie et l’écologie ont parfois des difficultés à se rejoindre : l’écologie étant plutôt une science du long terme, alors que l’économie privilégie le court et moyen terme, le coût des éléments non monétaires est complètement absent de l’économie et notamment le coût du vivant, l’intégration de catastrophe naturelle dans les théories économiques est difficile.

La protection de l’environnement passe par la régulation et peut être en opposition avec une théorie économique capitaliste. Cette régulation peut porter la forme d’interdiction réglementaire, d’incitation ou de taxation fiscale.

L’économie ne prend pas en compte les conséquences indirectes de l’utilisation des combustibles fossiles, du développement du « jetable », du gaspillage et de l’utilisation non raisonnée des ressources naturelles. Ces conséquences pouvant aller de la catastrophe naturelle jusqu’à des tensions géopolitiques débouchant sur des conflits armés ne sont absolument pas pris en compte.

L’écologie : la quatrième révolution industrielle

Certains parlent de quatrième révolution industrielle symbolisant ainsi l’industrie du recyclage, l’éco conception, la captation des énergies renouvelables, et l’amélioration du rendement durable de toutes les activités humaines.

La récente crise économique et financière incite également à repenser les modèles économiques en intégrant plus de régulation. Selon Didier Lamy, « la rentabilité et le profit ne pourront plus être considérés comme les moteurs uniques de la croissance, et la crise économique actuelle devrait stimuler la croissance verte. »

Christian Garnier, vice président de FNE, souligne que « la crise économique ne doit pas éclipser la crise écologique ! Au contraire : dans un contexte de crise financière, le Grenelle de l’environnement constitue une opportunité pour changer de modèle économique au profit d’un développement soutenable. La fiscalité écologique est l’un des leviers pour y parvenir. »

La contrainte environnementale est une source de croissance économique durable et d’emplois.

Le développement des éco technologies engendre la création de nouveaux marchés, de nouvelles entreprises et donc de nouveaux salariés, permettant à termes de baisser les prix des produits écologiques. La prise en compte de préoccupations écologistes entraînent donc l’assouvissement de nouveaux besoins et donc des emplois nouveaux.

Ces nouveaux marchés peuvent être créés par l’incitation publique. Ainsi aux Etats-Unis, le gouvernement Clinton a exigé que le papier acheté par les institutions étatiques contienne au moins 25% de papier recyclé en 2000. En conséquence, le marché du papier recyclé a été en plein essor et le prix du papier recyclé a été baissé. Un nouveau marché rentable et accessible à tous venait d’être créé.