Franck Leblond, partage d’expérience : être écologiste et économe

Ma consommation électrique pour les deux derniers mois ne devrait pas excéder 40 € dont 16,5 € d’abonnement : je suis sur le point de faire un logement autonome dans une cité edf rocade de la Hague… Je réalise 80% d’économie en passant au renouvelable avec des minimas sociaux la route est longue mais ça en vaut la peine. Partagez mon expérience.

J’ai équipé mon F2 d’une cité EDF, celle des terres blanches aux Pieux 50340, d’un poêle à bois pour un montant TTC de 642€. Ce poêle à bois de marque « on s’en fout » à une puissance de 9KW pour un volume de chauffe corrigé de 330 m3. Il répond au label « flamme verte ».

Il me permet de ne plus me servir des convecteurs électriques très énergétivores faisant exploser la consommation l’hiver pour un confort déplorable. Ce manque de linéarité de la consommation d’électricité pour un usage autre que noble n’a que des désavantages. Pour le producteur distributeur et pour le consommateur précarisé par des logements que l’on pourrait qualifier d’usines à kilowattheures. EDF, futur opérateur historique n’a trouvé comme solution que la mensualisation de la facturation sur dix mois qui permet une relative bonne gestion financière malgré quelques surprises mais ne permet en aucun cas d’être acteur de sa gestion énergétique ni même des changements nécessaires. Ainsi en arrivant dans ces lieux il y a un peu plus de deux ans, EDF me proposait selon leurs modes de calcul une mensualisation à 76€ par mois. Aujourd’hui en décembre 2006 ma consommation semble être stabilisée et me sera facturée entre 24 et 27€ par mois.

Celle-ci ne devrait pas évoluer à la hausse. S’il faut certes investir dans le bois pour se chauffer pour environ 400€ par hiver (soit trois cordes), j’opte là pour une énergie renouvelable ouvrant droit au crédit d’impôt à hauteur de 50% sur les matériaux avec une TVA à 5,5% sur la main d’œuvre. En l’occurrence je devrais être crédité de 220€ en année N+1. J’économise 66% de ma facture EDF calculée pour un confort très faible, la même chaleur avec des convecteurs électriques me coûterait trop cher pour ne pas avoir de problèmes avec EDF et dans la gestion de mes minima sociaux. J’ai donc largement augmenté mon confort, tout en faisant un geste pour la planète en le finançant par le crédit bancaire.

Ma consommation a de fortes probabilités de diminuer encore puisque la configuration des lieux me permet de poser un chauffe-eau solaire de 3m2 exposé plein sud fonctionnant en thermo-siphon 7 mois de l’année. En achetant un réfrigérateur plus performant, je peux raisonnablement encore baisser le besoin de KW. J’espère atteindre une consommation facturée entre 17 et 19€ par mois dès fin 2007 avec un abonnement de 7,8€ mensuels.

C’est une expérience personnelle que j’apporte au patrimoine de l’association « autoktonomie » en soumettant l’idée de faire le calcul du potentiel économique de reproduire le calcul à l’échelle de la cité et de ses 80 logements.

L’exercice de maîtrise d’énergie et d’alternative ne peut se concevoir sans une large concertation entre la mairie, les HLM, les habitants, l’ademe et EDF mais à mon sens l’expérience vaut d’être tentée si l’on peut rapprocher la notion de village de notre association et celle de cité. La synergie ainsi créée déterminera une politique globale d’investissement, d’abattage raisonné, d’acheminement, de stockage pour le bois, sans compter la charge de travail pour les entreprises locales et l’impact certain dans la tête de nos chérubins.

Puisqu’on ne pourra pas dire qu’on ne savait pas, il est encore temps d’agir. Pensez au slogan, il n’y a pas de petit geste quand on est 60 000 000 à les faire. Au moins nous impliquons nous dans le débat énergétique en augmentant notre confort financier et quotidien. Manière de penser autrement.

Suffit-il de demander combien de logements ont un volume supérieur à 330 m3 pour avoir une estimation des investissements à réaliser dans des appareils de chauffe efficaces et en partie subventionnés par le crédit d’impôt. Il me semble qu’il y a là moyen de développer une stratégie du gagnant gagnant. Plusieurs gammes de produit existent les technologies ont évolué pour le bien-être de consommateurs en répondant à des normes environnementales.

Le crédit d’impôt financera la matière première du chauffe-eau solaire. L’actuel à une puissance de 1800 KW fonctionnant sur la période des heures creuses entre 22h30 et 6h30. Si je le vide tous les jours, soit une consommation de 200 litres, il me faut 14 KW pour retrouver la capacité. La consommation nécessaire au besoin de complément de chauffe pour la consommation d’eau effective est-elle proportionnelle ? Je pense me passer du chauffe-eau électrique 7 mois de l’année pour un investissement en auto construction d‘environ 400€. Le gain sur le besoin en KW externe sera donc encore minimisé et sa facturation par la même diminuée.

Enfin, les gros postes énergétivores de la maison ainsi minimisés je pense poser une micro éolienne pour couvrir les besoins constants comme le froid, les veilles quand elle existent, l’informatique, la musique. Je resterai raccordé à un réseau de puissance pour l’exédent éventuel et avoir une batterie de puissance pour des besoins exceptionnels, mais je ne sais chez quel opérateur. Tous vont se battre pour au global nous vendre un maximum de KW sans se soucier de l’affectation domestique, et sans pouvoir garantir les prix.

Personnellement si j’avais à choisir un opérateur ce serait celui qui oeuvrera pour la planète avec une politique globale de prix raisonnés et de confort. ET c’est peut-être beaucoup demander.

C’est celui-ci que je propose de créer, je ne sais comment.

Doit-on imaginer des régies communales à l’instar de l’eau, avec ses éoliennes, ses panneaux solaires, sa politique sociale d’accès à l’énergie, ses réseaux de bois, ses chaufferies communes. En augmentant l’exigence des critères de conceptions, de constructions, de solidarités un effort collectif naît.

Si des liens subtils existent entre la notion de village de « autoktonomie » et la notion de cité, il m’est avis qu’un effort collectif peut être mené pour le bien être du plus grand nombre. En partant de l’acquis des économies peuvent se réaliser, sur du neuf les prévisionnels sont autres. L’idée de travailler sur un existant somme toute acceptable est pédagogique, permettant d’appréhender les enjeux énergétique majeurs des années à venir.

À mon sens, les citoyens doivent être aidés à une meilleure compréhension et nos particularités locales étouffent toutes possibilités d’alternatives qui nécessitent être globales.

Repenser par ailleurs nos transports, la gestion de la maison, nos activités de proximité ou plus lointaines sans pour autant augmenter les contraintes quotidiennes des citoyens. La vie est suffisamment complexe pour en espérer une simplification. Seulement quand nous aurons repensé notre environnement, pourrons-nous nous situer comme des consom’acteurs.

Le résultat de cette autonomie énergétique est impressionnante : 72 % d’économie par rapport à l’année dernière à la même époque !