Le changement climatique et ses effets sur l’océan

Le climat est un ensemble des phénomènes météorologiques qui caractérisent l’atmosphère à un endroit géographique.

Du Soleil…

La chaleur que nous envoie le Soleil est captée et transformée par deux éléments essentiels de notre « machine climatique » : l’Atmosphère et les Océans. Ces derniers, qui couvrent 72% de la surface terrestre, récupèrent à eux seuls la moitié de cette chaleur. On peut les considérer comme les « puits de chaleur » de notre système. L’énergie qu’ils récupèrent est alors transformée pour une partie en courants océaniques chauds (voir encadré : le tapis roulant océanique), et pour une autre en vapeur d’eau qui vient alimenter l’atmosphère (les nuages).

Ce sont ces deux effets qui vont générer les phénomènes météorologiques. Les courants océaniques chauds et froids qui circulent tout autour du globe (le fameux « tapis roulant ») régulent les différents climats de notre planète. Les courants chauds fournissent en énergie et en vapeur d’eau l’atmosphère (masse d’air humide), qui en échange restitue cette énergie sous forme de précipitations.

…A l’Homme

Les océans interagissent donc directement sur tous les écosystèmes de notre planète, sur les paysages, les végétations, les espèces animales, sur l’Homme. C’est l’activité de l’Homme depuis le l’origine des problèmes actuels. Les gaz émis par l’Homme intègrent directement la machine climatique, modifiant ainsi le fonctionnement et le rôle régulateur de l’atmosphère et des océans.

On parle alors de réchauffement de la planète et surtout de ses conséquences, les changements climatiques.

« Le tapis roulant océanique »

Les échanges d’énergies entre océan et atmosphère (évaporation/précipitation) engendrent également des échanges de la salinité de l’eau, de sa densité, dans certaines régions océaniques. L’évaporation augmente la salinité, donc la densité de l’eau de mer, alors que les précipitations (eau douce restituées aux océans) baissent la salinité de l’eau de mer, donc sa densité. Les courants chauds de surface circulent dans les océans en réchauffant l’atmosphère au dessus d’eux. A un certain moment, ils perdent tant de chaleur du fait de l’évaporation, comme le Gulf Stream entre Terre Neuve et la Norvège, qu’ils deviennent suffisamment

profondeur. Le retour se fait donc au fond des océans. Ce cycle, surnommé le « tapis roulant océanique » constitue la « circulation thermohaline » (liée à la température et la salinité des masses d’eau).

Le rôle régulateur de l’océan sur le climat

Hausse du niveau de la Mer

Le réchauffement climatique, principalement dû aux fortes émissions de gaz à effets de serre comme le CO2, accélère d’une part la fonte de la banquise et des icebergs (ce qui participe au ralentissement de la circulation océanique) et d’autre part la fonte des glaciers terrestres, qui coulent naturellement vers les océans augmentant ainsi leurs niveaux.

Enfin, la hausse de la température des océans engendre une augmentation du volume de l’eau. On parle de la « dilatation des océans ».

La Climato’ sympa :

Prenez un verre d’eau à moitié rempli, posez dessus, en équilibre, une grande cuillère dans laquelle repose un glaçon et laissez fondre…. Le niveau du verre d’eau augmente, logique. Prenez toujours ce même verre d’eau, passez le au micro-onde 2 min. Avec la chaleur, le volume d’eau augmente, le niveau est plus élevé. Elémentaire non ? Là, vous pensez « Ca change quoi pour nous ? »…

Souvenez-vous, Katrina, la Nouvelle Orléans… Le GIEC*, le groupe international d’experts en charge de l’étude du climat, prévoit dans son dernier rapport une hausse de 59 cm d’ici 2100 (Rapport 2007, http://www.effet-de-serre.gouv.fr). On estime que si aujourd’hui 45 millions d’individus sont menacés par la montée des eaux, ce sont 250 millions d’humains qui seront concernés en 2100. De nombreuses îles, comme les Maldives, seront rayées de la carte et les côtes des continents seront entièrement redessinées. Bientôt plus de surf possible sur de nombreux spots de la planète.

*GIEC : Groupement Intergouvernemental d’Experts sur l’évolution du Climat

Acidification des océans

Les océans absorbent une partie du CO2, produit par les activités humaines. Mais quand le CO2 de l’air passe dans l’eau, il se transforme en acide carbonique. Plus l’océan absorbe de gaz carbonique plus son acidité augmente !

Selon Ken Caldeira, spécialiste de l’océanographie chimique, les océans sont plus acides qu’ils ne l’ont jamais été depuis des millions et des millions d’années .Cette acidification des océans ralentit la croissance du plancton et des coraux et peut même dissoudre la coquille de petits escargots marins… Si l’on ajoute à cela la hausse des températures qu’entraîne le changement climatique, les coraux pourraient avoir disparu d’ici la fin du siècle. Selon un rapport du programme des Nations Unies pour l’environnement d’avril 2006, 30% des récifs de corail sont déjà morts ou sérieusement endommagés.

Les récifs coralliens, le plancton et tous les organismes marins touchés par cette acidification jouent un rôle central dans la chaîne alimentaire. Ce qui est d’autant plus inquiétant car si ces espèces venaient à dépérir, cela aurait des conséquences graves sur toute la chaîne alimentaire.

On estime qu’en 2100, la fabrication de calcaire par les organismes marins aura diminué de 20 à 50% selon les régions. Vu sous un autre angle, c’est 20 à 50% des plus beaux spots de surf qui risquent de disparaître…

Menaces sur les écosystèmes marins et littoraux

On constate aujourd’hui que de nombreuses espèces végétales et animales sensibles, ont déjà disparu ou sont en voie d’extinction. On assiste surtout à un phénomène de migration des espèces, tous genres confondus, du plus petit poisson au grand ours polaire, et bientôt même très probablement, des surfers s’exilant en trip vers l’Arctique.

Les effets pervers du changement climatique sur les océans

Le changement climatique se traduit aujourd’hui par l’accentuation des phénomènes météorologiques : les tempêtes hivernales ou les cyclones tropicaux frappent plus souvent et plus violemment, les périodes de fortes canicules sont plus longues…

Les conséquences directes de l’ensemble de ces bouleversements météorologiques sur notre environnement sont diverses : en montagne les glaciers disparaissent et les neiges éternelles fondent, ailleurs les rivières et les nappes phréatiques s’assèchent, les déserts s’étendent sans cesse, des espèces végétales et animales disparaissent ou se déplacent…

 

Les océans n’échappent pas à ces changements, bien au contraire, ils sont directement touchés.

Cet article est un extrait de l’ouvrage : « Environnement, solidarité, emploi : le nautisme au 21e siècle » de l’Observatoire Sport et Développement Durable.