L’impact écologique de l’huile de palme

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impacts-ecologique-huileL’huile de palme ne peut être cultivée que dans des climats tropicaux humides, c’est à dire le plus souvent au niveau de la forêt tropicale.

La demande croissante pour cette huile à haut rendement et bas coût a généré des tensions sur la forêt primaire et les tourbières.

Déforestation

L’exploitation des palmiers à huile a un effet néfaste sur l’environnement car elle participe à la déforestation massive et l’assèchement des marécages et tourbières. En effet pour satisfaire la demande croissante de cette huile, les producteurs rasent des forêts primaires pour laisser la place à cette monoculture.

Selon le WWF, la consommation d’huile de palme de chaque Français nécessite 17 m2 de palmeraient et serait donc responsable de la déforestation de 9 m2 de forêts tropicales. Multiplié par 60 millions, on atteint 540 km2, soit 5 fois la superficie de la Ville de Paris !

Destruction des marécages

Outre la déforestation, les conséquences environnementales touchent également les marécages. On estime ainsi, que chaque tonne d’huile de palme extraite entraîne la suppression de 3 à 4 mètres cubes d’eaux résiduaires et le relâchement dans l’atmosphère de plus de 40 mètres cubes de méthane.

Destruction de la biodiversité

La destruction de ces forêts entraîne en corollaire la destruction des plantes et des animaux qui y vivent. C’est le cas des orangs-outans, dont l’habitat naturel est menacé par la surexploitation de la forêt des pays producteurs (Malaisie, Indonésie, Bornéo et Sumatra). On estime à 5000 le nombre de ces grands singes victimes chaque année de cette exploitation. Si la déforestation continue à ce rythme ces grands singes auront complètement disparu à l’état naturel d’ici 2020.

Cette catastrophe écologique concerne les singes, mais également les tigres, les rhinocéros ou les éléphants.

La forêt tropicale humide indonésienne s’étend sur 1.3% de la surface terrestre et constitue une des forêts les plus diversifiée du monde. On y trouve 11% des espèces de plantes connues, 10% des mammifères et 16% des oiseaux.

Inondations, glissement de terrain…

La déforestation entraîne également des conséquences écologiques dramatiques pour les populations autochtones : inondations, glissements de terrain, feux de forêts, érosion, appauvrissement des sols…

Dérèglement climatique

Le remplacement de ces forêts entraîne également de massifs rejets de gaz à effet de serre et la diminution des réserves de stockage de CO2 participant à l’aggravation des dérèglements climatiques.

Ces forêts qui absorbent actuellement du CO2 se transforment en source d’émission lors de leur destruction par incendie.

A cause des feux de forêt permettant de préparer le sol à recevoir ces palmeraies, l’Indonésie est devenu le troisième producteur de CO2 de la planète.

Les émissions de COliées à la destruction des forêts et milieux marécageux en Indonésie représente 1,8 milliard de tonnes de CO2 chaque année, soit 4% des émissions mondiales annuelles.

En conclusion : c’est une catastrophe écologique à grande échelle C’est donc tout le fragile équilibre de notre planète qui est menacée par cette déforestation massive.

Tout en reconnaissant qu’il est légitime, pour ces pays, de vouloir s’ouvrir à de nouvelles sources de revenus, les ONG environnementales dénoncent ces pratiques et les conséquences environnementales.

Impacts sociaux

L’impact est également social. En effet, cette production à outrance entraîne une industrialisation du tissu rural et l’expulsion des paysans de leurs terres. Des conditions de travail peu favorables, l’importation de travailleurs étrangers et l’utilisation de produits toxiques comme pesticides aggravent l’impact économique et social lié à la production de cette huile.

Selon le WWF :

« Même si la culture du palmier à huile, permet de faire vivre près de 5 millions de familles en Indonésie, de nombreux problèmes sociaux notamment pour les peuples premiers sont liés à cette culture :

  • Les Droits coutumiers ne sont pas reconnus
  • L’État s’approprie des territoires indiens pour les confier aux plantations privées
  • La conversion en plantations de palmiers à huile correspond à de grandes pertes économiques en terme de revenus liés à l’agriculture de subsistance, de valeur des produits forestiers et de la biodiversité
  • De graves cas de maltraitances, de violence, de prise d’otages, de meurtres, d’utilisation de la police, de militaires, de malfrats
  • Les droits civils, politiques, économiques, sociaux et culturels sont entamés

Juste pour le mois de Janvier 2009, 576 conflits sociaux en lien avec les plantations de palmiers à huile ont été enregistrés.”

L’huile de palme, largement utilisée dans les produits alimentaires industriels, provoque des dégâts considérables en Indonésie.

L’économie indonésienne

L’huile de palme devient une industrie de plus en plus importante pour l’Indonésie. En 2005, elle contribuait pour 3,8 milliards de dollars US aux exportations, soit 6 % des exportations du pays hors pétrole et gaz. En 2009, elle a atteint 10,4 milliards de dollars US des exportations soit 11 % des exportations indonésiennes hors pétrole et gaz.

En milliards de dollars US 2005 2006 2007 2008 2009
Exportations huile brute & Produits dérivés – Indonésie 3,8 4,8 7,9 12,4 10,4
Exportations autres que pétrole et gaz – Indonésie 66,4 79,6 92 107,9 97,5
En % 6 % 6 % 9 % 11 % 11 %

La réduction de la pauvreté

L’huile de palme a été largement reconnue comme une industrie efficace pour réduire la pauvreté et pour une utilisation optimisée de la terre dans les pays en développement. La gestion de la plantation et la récolte des fruits des palmiers à huile sont des activités nécessitant une forte main-d’œuvre, et l’industrie est devenue une source importante d’emploi, fournissant des emplois directs et indirects à environ 4,5 millions de personnes.

L’industrie est composée de petits propriétaires et de grandes plantations. En Indonésie, les petits propriétaires possédaient 39 % de la surface totale des palmeraies en 2008, selon le département de l’agriculture d’Indonésie, tandis que les plantations de sociétés privées en possédaient 53 % et le gouvernement 8 %. Les petits propriétaires représentent 33 % du total de la production d’huile de palme du pays.

En accord avec la politique du gouvernement indonésien, les sociétés détentrices de plantations d’huile de palme, qui sont considérées comme un noyau, sont encouragées à développer de nouvelles plantations qui appartiendront et seront dirigées par des petits propriétaires locaux. Cette forme d’assistance aux petits propriétaires est généralement appelée le « Programme Plasma ». Dans le cadre de ce programme, le noyau s’engage à acheter des FFB (Fresh Fruit Bunches – Grappes de fruits frais) au plasma à des prix déterminés par le gouvernement indonésien, en tenant compte des coûts endossés par le développeur pour le traitement et la vente de ces FFB. Depuis les années 80, le gouvernement indonésien soutient le financement du Programme Plasma, par l’intermédiaire de banques d’État, et maintenant de banques privées, avec l’approbation de la Bank Indonesia et du Conseil d’Administration Général des Plantations.

La contribution envers les communautés

L’industrie indonésienne d’huile de palme contribue de façon significative au développement des communautés locales. Dans le cas de Golden Agri-Resources Ltd (“GAR”), la maison-mère de PT SMART Tbk (“SMART”), l’une des plus grosses sociétés mondiales de produits dérivés des palmeraies, l’entreprise fournit des financements pour construire et entretenir des écoles et d’autres établissements d’enseignement dans les plantations. Ces initiatives renforcent les efforts des autorités locales pour assurer une bonne éducation aux enfants des employés ainsi qu’aux familles habitant à proximité de nos plantations. À ce jour, SMART a construit et géré plus de 125 écoles avec plus de 1 000 enseignants encadrant 20 000 élèves, dans des zones au cœur des plantations bénéficiant de peu de solutions pour leur scolarité. Un transport gratuit vers les écoles est aussi fourni aux élèves qui en ont besoin.

La société cherche aussi à satisfaire les besoins des employés et des personnes vivant à proximité des cultures, en construisant et en entretenant des infrastructures publiques telles que les routes et les ponts, les cliniques de santé et les lieux de culte comme des mosquées et des églises. Elle fournit également des locaux et un savoir-faire sur la façon de gérer les coopératives afin de veiller à ce que les produits de base soient disponibles à des prix abordables. Elle construit des logements bien conçus et des infrastructures sportives, ou fournit une aide financière aux communautés pour célébrer des événements festifs et religieux. L’entreprise aide aussi à développer les micro-économies en fournissant des emplois indirects aux entrepreneurs locaux à proximité des terres, par exemple en utilisant des transporteurs locaux pour acheminer les produits ou en engageant des entreprises locales pour développer de nouvelles plantations.

Les utilisations de l’huile de palme

L’huile de palme est connue pour ses usages multiples, dans l’alimentation, les produits de santé, les cosmétiques et les biocarburants. Elle constitue un ingrédient peu onéreux pour une multitude d’articles essentiels. L’huile de palme est aussi un élément de base de l’alimentation nationale indonésienne. L’usage domestique principal est l’huile de cuisson pour les foyers et les vendeurs de rue. Elle est aussi utilisée sous une forme solide à tartiner et dans différents aliments transformés.

L’huile de palme possède aussi de nombreux bénéfices nutritionnels. C’est un produit à teneur élevée en graisses mono-insaturées. Il n’a pas besoin d’hydrogénation pour atteindre un état solide et évite la création d’acides gras trans, considérés comme dangereux pour la santé humaine. Il contient aussi du carotène (vitamine A) et de la vitamine E.

L’huile de palme comparée aux autres huiles végétales

L’huile de palme est l’huile végétale la plus respectueuse pour l’environnement. Seuls 0,26 hectares de terres sont nécessaires pour produire une tonne d’huile de palme, tandis que le soja, le tournesol, et le colza nécessitent respectivement 2,2, 2 et 1,5 hectares pour produire une tonne d’huile. Par ailleurs, l’huile de palme génère près de 10 fois l’énergie qu’elle consomme, comparé à des ratios de 2,5 pour le soja et de trois pour le colza.

L’huile de palme constitue également un puits de carbone efficace pour absorber le dioxyde de carbone au même niveau qu’une forêt gérée. Les plantations de palmiers à huile sont feuillues, composées de milliers d’arbres pouvant vivre plus de 25 ans, et ont une empreinte carbone positive sur l’environnement.

Le rôle et l’engagement de SMART

SMART continue à s’engager au service d’une production d’huile de palme durable. En particulier, la société s’engage à conserver les terres High Carbon Stock, c’est-à-dire les forêts vierges et les tourbières, de même qu’à encourager la biodiversité sur les terres considérées comme ayant une Valeur de Conservation Elevée (High Conservation Value – HCV). Ces engagements ont été pris le 4 février 2010, et s’appliquent à toutes les plantations détenues et gérées par GAR. La société ne se développe pas sur les terres de forêts vierges et de tourbières. SMART cultive uniquement sur les terres dégradées qui n’ont pas de HCV. De plus, planter des palmiers à huile sur des terres dégradées a un impact carbone positif sur l’environnement.

SMART se conforme aux réglementations, aux lois nationales ainsi qu’aux principes et critères du RSPO (Roundtable on Sustainable Palm Oil – Tour de table sur l’huile de palme durable). Nous sommes membres du RSPO depuis 2005, et d’ores et déjà dans le processus de vérification RSPO. GAR envisage de certifier l’ensemble de ses palmeraies exploitées avant la fin 2015.

SMART est une société pionnière dans la politique du « zéro feu », ayant établi une politique de zéro feu en 1992. Le gouvernement indonésien a par la suite établi la même règle en 1995.

SMART s’engage à protéger l’espèce en danger des orangs-outans. En association avec les organisations de préservation de l’environnement et des orangs-outans, ainsi que le département forestier indonésien, la société joue un rôle actif dans le groupe de travail national sur les orangs-outans pour définir la stratégie et le plan d’action pour conserver l’espèce. À ce jour, la société a réservé un sanctuaire de 1 400 ha pour un habitat d’orangs-outans en Kalimantan Central.

De plus, la société a aussi pris la tête de la Conférence internationale sur l’huile de palme et l’environnement (International Conference on Palm Oil and Environment – « ICOPE »), qui était organisée par SMART pour la seconde fois en février 2010. Plus de 400 scientifiques et praticiens venus de 14 pays ont participé à cet important forum d’experts pour partager les meilleures pratiques dans une industrie en constante évolution. Cette conférence était à nouveau organisée en partenariat avec le Centre de Coopération Internationale en Recherche Agronomique pour le Développement (« CIRAD »), en France, et le WWF.

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