L’isolation thermique par l’extérieur : les avantages économiques et écologiques de la construction en mur manteau

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L’isolation thermique par l’extérieur : les avantages économiques et écologiques de la construction en mur manteau
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Le Groupement du Mur Manteau, en collaboration avec l’ADEME et le cabinet d’ingénierie TBC, a comparé la performance économique de deux modes d’isolation : l’Isolation Thermique par l’Exté-rieur (ITE), sur le principe du mur manteau, et l’Isolation Thermique par l’Intérieur (ITI).

Conclusions de l’étude

Cette étude, menée sur des logements collectifs et des maisons individuelles, montre en particullier que l’ITE est d’autant plus intéressante que le nombre d’étages est élevé. À cela s’ajoutent deux avantages directement liés au principe constructif du mur manteau :

  1. Le confort perçu – un facteur de bien-être qui va jusqu’à se doubler, selon le cas, d’économies très concrètes.
  2. La protection du bâti à long terme. : la fonction même de « manteau » qu’assure l’ITE diminue les frais de rénovation et d’entretien des façades.

On le voit, le bilan économique de l’ITE ne saurait se limiter aux coûts de construction, mais doit être appréhendé dans une perspective plus globale.

Le contexte de l’étude

L’étude a comparé les coûts de mise en œuvre de l’ITE et de l’ITI. Dans un but de représentativité, de nombreuses typologies de bâtiments ont été considérées. Ainsi, pas moins de cinq habitations collectives et quatre maisons individuelles ont été étudiées.

De plus, afin de garantir la validité des chiffrages, chaque pôle de dépense intervenant dans la construction d’un bâtiment a été pris en compte. Cela inclut les coûts liés au type de construction, aux matériaux – dont les quantités différent selon le système constructif – et les coûts spécifiques des deux modes d’isolation (ITE ou ITI).

Le Mur Manteau : de solides arguments dans le logement collectif

Les cinq typologies de bâtiments collectifs retenues différaient principalement par leur nombre d’étages (de R+1 à R+3) et par leur géométrie (carrée ou rectangulaire). Une des principales conclusions de l’étude : la pertinence économique de l’ITE augmente avec le nombre d’étages.

Ceci est principalement dû au fait que l’ITE, par son principe d’enveloppe, ne nécessite pas de traitement spécifique des ponts thermiques au niveau des liaisons planchers intermédiaires / murs extérieurs et refends / mur extérieurs pour atteindre les exigences BBC réglementaires. Ce traitement est en revanche nécessaire en ITI, ce qui engendre un surcoût important, proportionnel au nombre de ponts thermiques à traiter – et donc au nombre d’étages.

S’il s’avère qu’un logement collectif R+1 peu coûter très légèrement plus cher en ITE qu’en ITI, la tendance est inversée pour un logement collectif R+3. Notons à ce propos que, quelle que soit la configuration étudiée, l’écart de coûts s’est avéré absolument minime, de l’ordre ± 1 %.

Cette quasi-parité des deux modes constructifs en termes économiques montre que, contrairement aux idées reçues, une isolation extérieure des murs n’est pas forcément plus onéreuse que l’isolation par l’intérieur – une conclusion à laquelle la plupart de nos voisins européens étaient parvenus bien avant nous…

En outre, en ITE, le traitement des ponts thermiques résiduels n’est pas nécessaire pour prétendre au niveau BBC en collectif. Ce mode d’isolation offre par conséquent une marge de progression très intéressante, notamment face aux exigences des futures Réglementations Thermiques.

La maison individuelle en Mur Manteau : des avantages à long terme

À l’instar des logements collectifs, les maisons individuelles étudiées se distinguaient par le nombre d’étages (jusqu’à R+1) et une géométrie variable (carrée ou rectangulaire). Le bureau d’étude TBC a conclu qu’au stade de la construction, l’ITE – avec un surcoût par rapport à l’ITI variant de 4 à 9 % (chiffres 2009/2010) – n’est pas la solution la plus attractive en maison individuelle. Il faut cependant tempérer ce jugement, et la remarque vaut aussi pour le logement collectif : en effet, sous la pression d’une concurrence accrue sur le marché de l’ITE, les coûts de pose deviennent de plus en plus attractifs.

Le Mur Manteau : des atouts spécifiques

À long terme, le bilan économique au stade de la construction n’est pas tout – et le principe du mur manteau, indissociable de l’ITE, offre des avantages importants au niveau du confort estival et hivernal.

Ainsi, en tirant profit de l’inertie thermique du bâti, l’ITE atténue et déphase les pics de température estivaux : cela permet d’évacuer la chaleur durant la nuit lorsque la température extérieure chute. Cette caractéristique est d’autant plus intéressante que le calcul du futur paramètre Bbio de la RT 2012 tiendra compte des besoins en climatisation ; or ceux-ci sont fortement influencés par l’inertie d’une construction. Dès lors, le respect du Bbio en ITI pourrait imposer le recours à des solutions spécifiques qui grèveraient d’autant les coûts.

Enfin, en saison froide, la capacité de l’ITE à tirer profit de l’inertie thermique du bâti permet de stocker les apports solaires, puis de les restituer ultérieurement lorsque la température est plus basse. Cela peut engen¬drer des économies significatives sur les dépenses de chauffage.

De même, en matière de confort d’été, une construction en ITE profite de l’inertie du bâti pour supprimer les pics de surchauffe en lissant les écarts de température et maintient, le cas échéant, la puissance de rafraîchissement requise sans avoir recours à un système de climatisation annexe.

Le marché de l’isolation thermique par l’extérieur en Europe ÉTUDE DE L’EAE (le groupement européen des industriels de l’ITE sous enduit mince), septembre 2010

La France est très en retard par rapport à l’Allemagne ou la Suisse par exemple, mais également l’Espagne, l’Italie et le Portugal.

  • France, GB, Irlande, Benelux : ± 7 millions m²
  • Espagne, Italie Portugal : ± 18 millions m²
  • Grèce, Roumaine, Bulgarie, Sud Balkans : ± 6,5 millions de m²
  • Allemagne, Suisse Autriche, Pologne, Est de l’Europe : ± 110 millions de m²
  • Scandinavie : ± 1,5 million de m²

Répartition par types d’isolants : 78 à 80 % d’isolants en mousses organiques de synthèse (essentiellement PSE) et 13 à 15 % de laines minérales.

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