Les repas des enfants : un concentré de produits chimiques

Cocktail explosif dans l’assiette !

La ration alimentaire quotidienne d’un enfant de dix ans telle que recommandée par le Plan national nutrition santé contient 128 résidus chimiques dont 47 sont cancérogènes. Cette étude incite à mener une vaste enquête sur l’impact à long terme d’un tel cocktail sur la survenue des cancers.

Un enfant absorbe en une journée 128 résidus chimiques, provenant de 81 substances différentes, dont plus de la moitié sont suspectées d’être cancérigènes ou de perturber le système endocrinien. Ce sont les résultats inquiétants d’une étude menée par l’association Générations futures, dans le cadre de la campagne « Environnement cancer » lancée avec le réseau européen Alliance et santé (HEAL) et le soutien de WWF-France et du Réseau environnement santé (RES).

Les responsables de l’étude ont recherché des substances toxiques dans les assiettes des enfants, avec comme ration quotidienne type un petit déjeuner comprenant pain de mie, beurre et confiture, un déjeuner pris au restaurant scolaire et composé d’un steak haché, de haricots verts, de pain et de raisin et, un dîner avec saumon, riz, fromage et fruit. Selon Générations future qui a présenté l’étude mercredi 1er décembre, la consommation de produits bio diminue de manière significative le nombre de résidus ingérés : 36 résidus chimiques dont 18 sont cancérigènes.

TROIS REPAS et un en-cas, composés de produits de base achetés dans des supermarchés de Paris et ses environs, et respectant les recommandations du ministère de la Santé, ont été analysés par des laboratoires indépendants. Les scientifiques ont recherché les plastifiants (dont du Bisphénol A), les dioxines, les métaux lourds, les additifs et autres polluants.

Résultats, les substances chimiques se glissent partout : dans la pomme, importée du Brésil et comprenant des traces d’un fongicide interdit en Europe, les haricots verts du Kenya, le beurre français (15 résidus chimiques), ou encore le saumon européen, qui en comptabilise 34. L’eau et l’assiette de plastique réchauffée au micro-ondes comportent également des polluants…./…

Si les associations prodiguent quelques conseils à l’échelle individuelle (peler les fruits, manger bio), elles demandent surtout l’interdiction de l’usage des pesticides, additifs possiblement cancérigènes et plastiques, ainsi que la réduction des sources d’émission des substances cancérigènes dans l’environnement (incinérateurs…). Elles appellent enfin les institutions à mettre en place un volet environnement dans le deuxième plan Cancer, et à placer le principe de précaution au cœur de la nouvelle version du plan national Santé Environnement.

COLINE GARRÉ

Le quotidien du Médecin le 01/12/2010