Quels sont les événements les plus marquants de l’année 2010 ?

L’année 2010 a été riche en catastrophes écologiques naturelles ou industrielles et en événements politiques écologiques. Vous trouverez ci-dessous une liste des événements qui semblent être les plus marquants.

Vous pouvez bien sûr suggérer de nouveaux événements et surtout donner votre avis et voter sur le forum pour déterminer quel est celui qui a vous a particulièrement marqué.

Pour consulter l’événement le plus marquant selon les internautes ou voter : http://www.econo-ecolo.org/forum/vi…

L’année internationale de la bio-diversité.

Instituée par l’ONU depuis le 20 décembre 2006, « profondément préoccupée par les incidences sociales, économiques, écologiques et culturelles de l’appauvrissement de la diversité biologique, notamment par ses conséquences négatives pour la réalisation des objectifs du Millénaire pour le développement, soulignant la nécessité d’adopter des mesures concrètes pour inverser cette tendance », l’année internationale de la biodiversité s’est affirmée au fil de ces dernières années comme l’emblème d’un enjeu mondial majeur au même titre que le réchauffement climatique.

Mise à l’index à plusieurs reprises, par la Commission européenne pour insuffisance de mise en oeuvre du droit communautaire en matière de préservation de la biodiversité, la France semble aujourd’hui appuyer le souhait de la communauté scientifique de « monétariser » les ressources de la nature. Dans la bouche de Chantal Jouanno qui vient d’installer ce 8 janvier, le Comité de communication « 2010, année de la biodiversité », cela veut dire « évaluer les services rendus par la nature, établir le coût de la maintenance de la disponibilité de ces services, et bâtir un système d’incitations financières ». Une manière positive de dire aux entreprises initiatrices par exemple de grands travaux ou d’urbanisation qu’elles peuvent gagner elles aussi à la protection de la biodiversité. Les économistes ont chiffré le coût de l’inaction à 7% du PIB en 2050. Convaincre nécessite du temps et « une action soutenue d’éducation et de sensibilisation de l’opinion ». C’est aussi pour cela que l’ONU a conçu 2010, année internationale de la biodiversité.

La tempête Xinthia

Les permis de construire accordés en zone inondable sont montrés du doigt dans le cadre de cette catastrophe. Le bilan a fait état de 51 personnes tuées et 9 disparues. L’ampleur des dégâts et le nombre de victimes ont été sans précédent.

Trente-trois morts étaient recensés en Vendée, dont vingt-six morts dans seulement deux villages surpris par la montée des eaux , L’Aiguillon-sur-Mer et Faute-sur-Mer.

La France n’est d’ailleurs pas le seul pays à porter le deuil. La tempête a tué trois personnes en Espagne, bien moins qu’en France malgré des vents tout aussi violents et un coefficient de marée d’égale intensité. Huit décès ont également été enregistrés en Allemagne, un en Belgique et un au Portugal. En France, les météorologues expliquent la rupture des digues par la conjonction de vents violents et d’un fort coefficient de marée.

L’enterrement de la taxe carbone

La première mesure de l’Elysée après le résultat des élections régionales avait été le mini remaniement ministériel censé « ouvrir » le gouvernement vers les « chiraquiens », les « villepinistes » et les centristes proches de l’UMP.

Si la décision répônd aux attentes de la droite elle inquiète les écologistes qui y voient la mort annoncée du Grenelle 2. De son côté, le Réseau action climat qui regroupe 9 des principales associations de défense de l’environnement dont Greenpeace, WWF-France, et Les amis de la Terre, a estimé que « l’abandon de la taxe carbone scelle la mort du Grenelle ». Dans une lettre ouverte au président de la République elles indiquent que « l’avenir du climat mérite mieux que tout opportunisme politique ». « Entre la frénésie pro-environnementale des premiers mois de votre mandat et le déni qui caractérise votre politique actuelle, il ne s’est écoulé que trois ans. Que nous réservez-vous pour demain ? L’abandon du Grenelle ou de ce qu’il en reste ? »

L’éruption volcanique en Islande de l’Eyjafjöll

Considérée dans les premières heures comme une simple curiosité, l’éruption du volcan islandais l’Eyjafjöll devient un enjeu majeur en Europe. Près de 150.000 Français seraient encore bloqués à l’étranger. L’énorme quantité de microparticules volcaniques envoyées dans l’atmosphère pourraient bien également jouer un rôle sur le climat. Des experts se basent sur les observations de l’éruption en 1991 du volcan philippin Pinatubo, qui s’était réveillé après six siècles d’inactivité, pour tenter de tirer les premières conclusions. Plus de 5 km3 de débris magmatiques et 17 millions de tonnes de dioxyde de soufre s’étaient alors dispersés dans l’atmosphère, entraînant des effets pendant plusieurs années dans tout l’hémisphère nord, avec une diminution moyenne de la température de 0,2°C à 0,3 °C. Parallèlement, une augmentation de 0.5 à 0.9°C avait été enregistrée par les scientifiques dans la basse stratosphère.

Cette crise du secteur aérien a également eu de nombreuses autres répercussions sur l’économie. En terme de ressources humaines notamment où bon nombre employés n’ont pu retourner travailler parce qu’ils sont bloqués. Mais aussi dans le secteur de la logistique où les marchandises, telles que les produits frais et les médicaments, n’ont pu être acheminées.

Le naufrage de la plate-forme pétrolière BP dans le golfe du Mexique

L’explosion le 20 avril, suivie du naufrage de la plate-forme pétrolière BP dans le Golf du Mexique, a aujourd’hui des conséquences catastrophiques pour l’environnement. C’est sans doute l’une des pires catastrophes écologiques américaines.

La marée noire survenue dans le Golfe du Mexique est qualifiée de pire catastrophe écologique de l’Histoire américaine. Alors que l’Exxon Valdez avait déversé en 1989 près de 40 millions de litres de pétrole en Alaska, 800 000 litres de pétrole s’échappaient tous les jours des puis de BP et 7 millions de litres de dispersants ont été déversés à la surface et en profondeur. La marée noire près de 1 000 kilomètres de côtes ; la Louisiane a été le plus touchée avec 544 kilomètres de côtes polluées, suivent ensuite le Mississipi (180 km), la Floride (114 km) et l’Alabama (110 km). A ce jour, près d’un tiers des eaux territoriales américaines dans le Golfe du Mexique ont été interdites de pêche, ce qui représente une superficie d’environ 220 km².

Les scientifiques estiment que les impacts de la marée noire sur la flore et la faune dureront une décennie et que le Golfe du Mexique subira des changements radicaux de son écosystème. Les animaux commencent déjà à mourir, à l’exemple des petits qui viennent de naître. Les scientifiques ont également indiqué que près de 2 600 oiseaux, mammifères et tortues ont péri à cause des boulettes de mazout, de la couche huileuse à la surface de l’eau.

Le Grenelle 2

Les réactions des associations sont assez sèches. « Après plus de deux ans de préparation, les mutations vers une société écologiquement et socialement soutenable se sont heurtées au front des conservatismes. La somme des intérêts particuliers qui se sont exprimés et ont été pris en compte dans cette loi Grenelle 2 lissée, au bout du compte, ne rejoint pas l’intérêt général qui aurait dû prévaloir », a déclaré Claude Bascompte, président des Amis de la Terre : De son côté, France nature environnement parle d’un texte qui n’est « ni panacée, ni poison ». « Cette loi n’est pas celle que nous aurions écrite. Des lacunes persistent. Mais c’est une étape, qu’il faut franchir pour continuer à avancer » précise la fédération avant d’indiquer qu’il lui faut désormais se mobiliser autour de la publication de la centaine de décrets nécessaires à l’application de la loi ainsi que sur la mise en œuvre du Grenelle sur le terrain.

Le verdict de la tragédie de Bhopal

25 000 morts, plus de 100 000 blessés, et deux ans de prison ferme à la clé ! Jusqu’au bout, la catastrophe de Bhopal aura été le symbole du mépris d’une multinationale pour la vie de pauvres gens, avec la complicité aveugle d’un État tout entier. Vingt-cinq ans après le pire accident industriel de l’histoire, six anciens dirigeants d’Union Carbide India Limited, propriétaire de l’usine de pesticides de Bhopal en Inde ont été condamnés à des peines de deux ans d’emprisonnement assorties d’une amende de 100 000 roupies (environs 1800 euros), tandis que l’entreprise devra payer 500 000 roupies (environs 8900 euros) en tant que personne morale. Ces derniers comparaissaient devant le tribunal de la ville pour une série de négligences ayant conduit à l’explosion d’un réservoir de produits toxiques avec les tristes conséquences que l’on connaît. D’abord accusés d’homicide, ils avaient vu en 1996 leur chef d’accusation réduit à celui de « négligence ayant entraîné la mort » par la Cour Suprême indienne. Aux 3500 personnes décédées dans les jours suivant la catastrophe se sont depuis ajoutées entre 22 000 et 25 000 victimes tuées à petit feu par les déchets toxiques laissés autour de l’usine, selon l’ONG Amnesty International. Les statistiques gouvernementales révèlent quant à elles qu’au moins 100 000 personnes vivant dans la zone étaient victimes de maladies chroniques, dont près de 30 000 habitent des zones dont les nappes phréatiques ont été contaminées. D’où cette question d’un membre d’une association de victimes « que signifie deux ans de peine de prison ? »

La marée rouge en Hongrie

La rupture d’une digue d’un site industriel a entraîné l’une des plus graves pollutions en Hongrie et sans doute dans toute l’UE continentale. Une vague rouge toxique, à haute teneur en aluminium, a dévasté plusieurs villages hongrois et leurs environs, souillant le sol pour des années. La pollution poursuit lentement mais sûrement sa route mortelle vers le Danube, deuxième plus long fleuve d’Europe après la Volga.

Le bilan est dramatique : quatre morts, trois personnes disparues, 123 blessés, dont 61 hospitalisées, surtout pour des brûlures causées par la boue toxique à haute teneur en aluminium. Sans compter un nombre incalculable d’animaux, mammifères, poissons, reptiles et insectes, tués ou gravement blessés et une flore détruites sans doute pour plusieurs années. « Les métaux lourds sont connus pour leur longévité et ne disparaissent pas d’un jour à l’autre », commente avec inquiétude Gabor Figeczky, directeur adjoint de WWF-Hongrie qui a précisé que la Terre touchée par la vague rouge serait stérile pendant plusieurs années.

La convention de Cancun de l’ONU sur le climat

La convention de l’ONU sur le climat s’est achevée samedi à Cancun (Mexique) sur une note d’espoir. L’absence d’accord contraignant est compensée dans l’esprit des observateurs par l’espoir retrouvé dans le processus de négociations internationales. Les pays émergents ont signé la convention.

A défaut d’un accord contraignant, les négociations semblent donc remises sur les rails avec l’espoir de parvenir à la fin du protocole de Kyoto, seul traité juridiquement contraignant existant mais qui doit prendre fin le 31 décembre 2012, à un nouvel accord. Les négociations internationales semblent être de nouveau sur rail. Un prochain sommet se déroulera dans un an, à Durban, en Afrique du Sud.