Réacteur EPR : Quelles alternatives ?

A Flamanville, dans la Manche qu’un projet de construction de réacteur nucléaire EPR a été récemment présenté comme une solution face aux problèmes du réchauffement climatique. En effet 3 milliards 500 mille euros se verraient attribués à la réalisation du prototype, alors qu’un sondage de la Commission Européenne établi en janvier 2006 révèle que seuls 8% des Français sont favorable au développement de l’utilisation de l’énergie nucléaire. Ce projet montre bien que la relance du nucléaire se prépare sans qu’aucune alternative sérieuse n’ait jamais été envisagée. Le Réseau « Sortir du nucléaire », Fédération qui regroupe 720 associations qui souhaitent le développement des alternatives énergétiques pour amener la France à sortir du nucléaire progressivement, à chargé les experts du bureau d’étude « les 7 vents du Cotentin » à se pencher sur la question.

Les résultats de cette étude montrent de manière évidente qu’une alternative est possible. Les 3 milliards 500 mille euros prévus à la construction d’un EPR pourraient pourvoir aux mêmes besoins énergétiques, développer des sources d’énergies locales, respectueuses de l’environnement, et créer des emplois beaucoup plus nombreux et mieux répartis sur l’ensemble du territoire. A l’aide de propositions concrètes, chaque personne, chaque collectivité territoriale peut devenir acteur de la politique énergétique, pour le respect des générations futures. La démarche de l’étude fut, dans un premier temps, de dresser un état des lieux énergétiques des régions concernées (Haute et Basse Normandie, Bretagne et Pays de Loire), dans le but de déterminer les potentiels d’économie d’énergie et de productions renouvelables. Le Bureau d’études propose plusieurs actions concrètes envisageables après avoir dégagé des potentiels locaux de production renouvelable et d’économie dans le domaine de l’électricité. Ces actions réparties selon des thèmes précis nous sont présentées dans un tableau de synthèse, dans lequel on peut s’apercevoir qu’avec la même somme (3 milliards 500 mille euros) on obtient une capacité de réponse aux besoins électriques deux fois supérieure à celle de l’EPR, en ajoutant la production d’électricité à celle qui est évitée et dépasser les 10 000 emplois pérennes. Ces thèmes d’actions sont au nombre de 4 et sont :
- La création et le fonctionnement d’agences locales de l’énergie (ALE)
- La maitrise de l’électricité dans le résidentiel, tertiaire et l’industrie.
- Les énergies renouvelables (bois, solaire, éolien) et cogénération.
- La recherche et le développement des filières renouvelables. Le tout pour un coût total n’excedant pas les 3 milliards 200 mille euros, soit une économie d’environs 300 mille euros par rapport à l’EPR. L’énergie produite par l’ensemble de ces actions s’élève à 22,6 TeraWH (TWh = mille milliards de Wattheure) contre 12 TWh pour l’EPR. Enfin le nombre d’emplois pérennes se chiffre à 10 840 pour l’ensemble de mesures contre 250 à 300 pour l’EPR. A nous maintenant de choisir entre une seule dépense de plus de 3 milliards d’euros qui ne changera pas la situation énergétique de la France d’un iota, et changer d’avenir.