Rivalités pour le label cosmétique bio européen

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Il y a quelques semaines, je vous parlais du label Natrue, nouveau label européen pour les cosmétiques bio.

Depuis quelques jours, un nouveau prétendant au label cosmétiques bio européen est rendu public : COSMOS. Dans cet article, présentation de Cosmos, analyse et interrogations sur cette concurrence

Présentation de COSMOS

Le Groupe de travail pour l’Harmonisation européenne des Cahiers des charges Cosmétiques réunit sept organismes européens (BDIH pour l’Allemagne, Bioforum pour la Belgique, AIAB et ICEA pour l’Italie, l’association Soil d’Angleterre, Ecocert et Cosmébio pour la France). Après six ans de travail commun, ces représentants d’associations de fabricants et de consommateurs ont ouvert à la consultation publique leur cahier des charges COSMOS (Cosmetics Organics Standard) jusqu’en janvier 09. Vous pouvez consulter le document sur www.cosmos-standard.org

Le référentiel COSMOS poursuit deux objectifs essentiels

Mettre en place des critères de certification exigeants et harmonisés Le cahier des charges prévoit la création en avril 2009 d’un écolabel européen de référence pour les cosmétiques naturels et biologiques.

Pour être certifiés, les produits devront respecter certaines règles :

  • les produits dits « naturels » ne devront pas comporter plus de 5% de conservateurs, mais n’auront pas besoin d’être issus d’une production biologique contrôlée.
  • les produits dits « bio » devront en revanche être fabriqués avec des ingrédients provenant à 95% de cultures biologiques. Dans un souci de protection de l’environnement, COSMOS prévoit également d’adopter et de développer la « chimie verte » dans la fabrication des cosmétiques, au détriment de la pétrochimie.

Dans la communication de COSMOS, la création d’un label de référence doit permettre plus de transparence et faciliter l’information du client qui souhaite acheter des cosmétiques bio. Il s’agit de mieux informer les consommateurs sur l’origine biologique des cosmétiques

Analyse

A quelques semaines d’intervalle, nous assistons à l’émergence de 2 labels qui se veulent être “le label de référence européen pour la cosmétique bio”. Ces deux labels ont des objectifs très proches :

  • aider les consommateurs qui sont confronté à la multiplication de labels dont ils ont du mal à percevoir les différences
  • favoriser le développement des produits de beauté bio

L’approche choisie et les critères de certification sont très proches (à analyser de plus prêt tout de même). On retrouve également différentes typologies de produits : naturels, un peu bio (pour Natrue) et les produits pouvant utiliser l’appellation bio.

Un différence important à souligner : COSMOS est issu des organismes indépendants alors que Natrue est lui issu d’un groupe d’intérêt d’industriels.

On peut constater que l’objectif affiché de transparence semble déjà loin avec l’émergence de 2 labels « concurrents »…

Cette situation soulève des interrogations

A qui faire confiance, pourquoi les industriels participants, tous pionniers dans les produits cosmétiques bio, se sont crus obligé de créer un label concurrent à celui des organismes (auquel ils sont affiliés) ?

Est-ce un problème de rapidité dans la convergence de Cosmos (6 ans pour un premier draft) qui a poussé des industriels à construire une proposition alternative plus rapidement ?

On peut seulement constater que Natrue est en avance sur COSMOS puisque les certifications ont déjà commencé. Il y aura certainement une prime au premier entrant qui pourrait conduire à penser que les industriels ont voulu prendre Cosmos de vitesse pour se protéger.

Quels sont les enjeux industriels que nous ne percevons pas en tant que consommateurs de produits de beauté bio ?

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