The Cove : un film pour dénoncer le massacre des dauphins au Japon

Sorti ce 30 septembre au cinéma, le film The Cove. raconte sur le mode d’un thriller l’histoire vraie du massacre des dauphins au Japon. Le réalisateur en titre Louie Psyihoyos, n’est pas cinéaste, mais militant écologiste. Primé de nombreuses fois, le film fait événement dans l’actualité.

« Ils refont ce qu’ils ont fait aux grandes baleines, ils les massacrent à tour de bras ». La bande annonce de The Cove, en français « La baie de la honte » se termine sur cet avertissement, images sensationnelles ou choquantes à l’appui. Entre film et documentaire, The Cove a été récompensé de nombreuses fois à l’étranger.

La baie de Taiji au japon, située au cœur d’une réserve nationale est le théâtre d’un scénario des plus macabres. Attirés par les pêcheurs, les dauphins y sont piégés pour être ensuite triés ou massacrés. Triés pour être revendus aux « delphinariums » à des prix pouvant atteindre 150 000 $. Les milliers d’autres sont tués pour la commercialisation de leur viande (marchés, restaurants, cantines scolaires), un dauphin mort rapporte en moyenne 600 $. Le film insiste sur le danger sanitaire de cette consommation. Dans une mer du Japon très polluée, et en bout de la chaîne alimentaire sous-marine, la viande de dauphin atteint des taux de mercure qui peuvent dépasser 3 500 fois les seuils autorisés. Massacre des dauphins, oui puisque cette baie n’est pas le seul lieu de tuerie des côtes japonaises. Près de 23 000 dauphins meurent ainsi chaque année. L’origine de ces massacres ne provient cependant pas pour l’essentiel de la demande de consommation (estimée à 1% de la population), elle est aussi liée à la richissime industrie des delphinariums, en besoin de nouveaux spécimens pour le renouvellement de ses parcs. Les dauphins présentent « le désavantage » de ne se reproduire que très difficilement en captivité.

Un film militant

Le site de Taiji se veut aussi préservé des indiscrétions. La publicité sur ce qui est connu de notoriété publique n’est pas désirée et même refoulée de la part des autorités japonaises, notamment municipales, dès qu’il s’agit de caméras ou autres journalistes. Louie Psyihoyos, le réalisateur s’est entouré d’une armada spécialiste du camouflage pour tourner et enfreindre l’interdiction. Méthodes parfois discutées et aussi objet de la critique. Principal acteur dans le documentaire, Richard O’Barry, spécialiste des mammifères marins, ancien dresseur des dauphins ayant joué le rôle de Flipper, se sent aussi responsable de l’essor de cette industrie du divertissement. Il milite aujourd’hui pour l’arrêt de leur mise en captivité.

Comparé au film d’Al Gore en Amérique, The Cove, film engagé, utilise à la différence du premier les techniques propres au cinéma hollywoodien. Différent d’un documentaire écologiste, Luc Besson, distributeur du film en France, le voit comme un thriller. C’est volontairement en effet que les réalisateurs ont fait le choix des codes du cinéma sensationnaliste avec l’objectif, disent-ils, d’une diffusion massive, pour une plus grande prise de conscience. Depuis le premier septembre, date à laquelle O’Barry s’est de nouveau rendu à Taiji après la parution du film pour une émission, les télévisions et reportages se succèdent et les pêcheurs ont disparu. Présenté au 35ème festival du film américain à Deauville, dans la catégorie Les Docs de l’Oncle Sam, le 12 septembre dernier, il sera projeté lors de la 22ème édition du Festival international du film de Tokio (17 au 25 octobre) après avoir été écarté de la sélection.