Toréer sans la mort ?

A l’heure ou le Ministère de la Culture inscrit au rang de patrimoine culturel immatériel la tauromachie française, deux chercheurs posent la question de l’utilité de la mise mort du taureau lors des corridas, et tente de répondre à cette question : n’y a-t-il pas de moyens de respecter la tradition de certains sans utiliser la violence et mettre à mort un animal ?

Cette étude sans parti pris permet aux lecteurs de mieux comprendre les enjeux de la corrida, quelle que soit leur conviction sur le sujet, d’expliquer le travail réalisé en amont des combats et de proposer de nouvelles pistes de réflexion à ce débat difficile.

En juillet 2010, le parlement régional de Catalogne a voté l’interdiction des corridas. Cette décision, a priori surprenante dans un pays à forte tradition tauromachique, s’inscrit dans un conflit historique très dur entre opposants et partisans de la corrida. Les deux camps s’affrontent d’une manière radicale : on est pour ou on est contre la corrida.

Il n’y a pas de milieu, pas de place pour le doute. Comment définir la corrida ? Corrida et tauromachie sont-ils synonymes ? Et la place des taureaux dans cette histoire ? Le taureau ne manque apparemment pas de porte-parole : les aficionados affirment en son nom que l’arène est le lieu parfait de l’expression de son essence d’animal combatif, tandis que les opposants affirment, en son nom également, que rien ne justifie la souffrance qu’il endure dans l’arène. Entre héroïsme et barbarie, le taureau dit donc une chose et son contraire.

Cette contradiction dans le discours du taureau, tel qu’il est porté par les uns et par les autres, est particulièrement intéressante et amène une autre question, celle du travail avec les animaux. Quel rôle la corrida donne-t-elle au taureau ? Dans l’arène, l’homme et le taureau sont-ils partenaires ou adversaires ? Quelle est la place de la souffrance et de la mort – mort du taureau ou mort de l’homme – dans la tauromachie ? Peut-on toréer sans la mort ? Les réponses apportées dans cet ouvrage permettent de dépasser le caractère binaire des débats et de comprendre ce qui est enjeu dans la relation tauromachique en tant que relation de travail avec les taureaux. Au fil des chapitres, le lecteur pourra s’informer, s’émouvoir, s’étonner et, nous l’espérons, être plus à même de raisonner de manière éclairée.