Une étude de l’ IFEN sur le profil type de l’ éco-citoyen

Les ménages exercent des pressions sur l’environnement à travers leurs modes de vies : déplacements, logement, loisirs, consommation… C’est pourquoi, il est important de bien décrire comment s’organisent les comportements environnementaux dans la vie quotidienne. Cette étude de l’Ifen présente l’analyse des résultats d’une enquête réalisée par l’Insee en janvier 2005 sur les pratiques environnementales des ménages.

Les gestes « verts » s’installent de plus en plus dans la vie quotidienne des ménages. Le tri des déchets ou l’attention à la consommation d’électricité et d’eau font désormais partie des habitudes d’une majorité de Français. L’achat de produits Bio, l’usage d’ampoules basse consommation ou l’attention à la quantité de déchets générée par un achat sont encore des pratiques émergentes. Si le degré d’adoption des pratiques environnementales est lié à la sensibilité écologique des individus, des facteurs comme le cadre de vie, l’habitat ou l’aisance socio-économique sont également déterminants.

Même si l’environnement ne constitue pas le sujet le plus préoccupant (le chômage, la misère et l’exclusion ou l’insécurité sont davantage cités), les enquêtes montrent qu’une part croissante de la population se déclare sensible à ce sujet à travers les préoccupations qu’elle exprime et les gestes qu’elle déclare réaliser ou être prête à réaliser. Ces enquêtes d’opinion révèlent aussi que le souci pour l’environnement a toujours été plus fort chez les catégories sociales supérieures.

L’enquête sur les pratiques environnementales des ménages permet de dresser un état des lieux détaillé de l’intégration de l’environnement dans les gestes quotidiens des ménages.

Cette enquête a été conduite en janvier 2005 par l’Insee en partenariat avec l’Ifen, l’Ademe et la direction des études économiques et de l’évaluation environnementale du ministère de l’Écologie, du Développement et de l’Aménagement durables.

Outre l’analyse de certaines pratiques, l’enquête met en perspective l’adoption des comportements environnementaux avec la sensibilité environnementale des individus.

Des pratiques comme le tri du verre, des piles, des emballages et du papier, l’arrêt de la veille de la télévision ou faire attention à sa consommation d’électricité sont désormais bien installées dans les habitudes quotidiennes.

L’achat des produits issus de l’agriculture biologique, l’équipement en ampoules basse consommation ou l’attention à la quantité de déchets qu’implique un achat sont encore peu diffusés. Ces comportements émergents constituent des indicateurs de suivi de la diffusion de l’environnement dans les habitudes quotidiennes.

L’enquête a permis de mettre en évidence la cohérence entre le degré d’adoption des pratiques environnementales chez les ménages et leur sensibilité environnementale mesurée à l’aide de questions d’opinion.

Les pratiques ne sont pas uniquement déterminées par la sensibilité environnementale des ménages, mais aussi par les contraintes du cadre de vie (grande agglomération, ville moyenne, centre-ville, périphérie), l’habitat (appartement, maison individuelle), les rythmes de vie, les facilités offertes aux habitants par les collectivités (collecte sélective des déchets, pistes cyclables), etc.

Plus que le revenu ou la catégorie socioprofessionnelle pris isolément, c’est une certaine aisance sociale qui rend les ménages plus réceptifs au sens collectif (citoyenneté, solidarité avec les générations futures) contenu dans les gestes environnementaux.

Quatorze questions emblématiques des pratiques écologiques ont été retenues de l’ensemble du questionnaire afin de caractériser le profil environnemental des ménages. Huit concernent des gestes concrets et six relèvent d’attitudes de vigilance dans le domaine de la consommation de biens et d’énergie.

Un certain nombre de pratiques environnementales comme le tri des déchets sont désormais bien installées dans les habitudes quotidiennes des ménages. Dans le domaine de la consommation, les produits issus de l’agriculture biologique ou les ampoules basse consommation occupent en revanche une place encore réduite. Le cadre de vie, l’habitat et la situation socio-économique influencent le degré d’adoption des gestes environnementaux. Parallèlement à ces contraintes, la sensibilité à l’environnement demeure toutefois un facteur explicatif important de l’intégration des pratiques environnementales.

Autre élément important de cette enquête, les actions menées par les pouvoirs publics influent considérablement le comportement des citoyens. En effet, il a été observé localement que les administrés sont plus impliqués dans les petits gestes du quotidien pour la planète lorsqu’une campagne de prévention et/ou de sensibilisation est menée par leur collectivité.

Cependant, même si nous avons le potentiel pour devenir de véritables éco-citoyens, l’écart perdure entre l’interêt que nous portons à l’environnement et notre pratique quotidienne.