Le guide de la restauration écologique

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Voici un extrait du guide de la restauration écologique.

Ce guide présente les techniques essentielles pour restaurer une maison ancienne de manière écologique. Qu’il s’agisse de la restaurer, de l’isoler, de l’équiper ou de la décorer, toute la maison est passé au crible des solutions vertes afin d’améliorer ses performances énergétiques.

La toiture végétalisée séduit de plus en plus de foyers français : le nombre de mètres carrés réalisés annuellement est passé de 340 000 en 2007 à plus de 500 000 en 2008. Le choix peut être délibéré ou naître des difficultés à restaurer une toiture ancienne en procédant de manière classique.

Avantages et vertus d’une toiture végétalisée

Les toitures végétalisées présentent de nombreux avantages, tant du point de vue de l’habitation elle-même et du confort de ses occupants que de celui, plus large, de l’environnement et de la qualité du cadre de vie. Ce dispositif de toit est apprécié pour :

  • ses performances thermiques et hydro-thermiques : sa masse et son inertie réduisent fortement le réchauffement en été et les déperditions de chaleur en hiver ;
  • ses performances acoustiques : la toiture, épaisse, agit comme une « zone tampon » qui absorbe les bruits extérieurs, notamment ceux des trafics routier, ferroviaire et aérien ;
  • sa capacité à fixer les poussières atmosphériques et le dioxyde de carbone (CO2) : les végétaux absorbent les particules et les matières toxiques et contribuent ainsi à l’amélioration de la qualité de l’air ;
  • sa capacité à retenir l’eau : environ 60 % des eaux pluviales qui s’écoulent sur le toit sont « absorbés » par le substrat et les plantes, ce qui évite de grossir les eaux collectées par le réseau public et de déstabiliser les sols ;
  • sa capacité à favoriser la biodiversité : la toiture restitue des micro-espaces écologiques réinvestis par la faune et la flore locales ;
  • sa capacité à favoriser une meilleure intégration du bâti dans l’environnement : la toiture plantée se fond dans le paysage.

Un procédé pour toutes les maisons ?

Les toitures végétalisées s’adaptent à tous les types de toit, de la toiture terrasse à la forte pente. Pour cette dernière, le système de culture est plus élaboré, et inclut notamment des dispositifs anti-glissement ou anti-érosion.

Grâce à une couche drainante à rétention d’eau, ces toitures s’adaptent à tous les types de climats. On doit malgré tout prévoir un arrosage automatique durant l’été, surtout dans les régions méditerranéennes, pour éviter la déshydratation des plantes et l’assèchement du substrat de culture.

Les toitures végétalisées peuvent se décliner en toute une série de variantes, dès lors que l’ensemble des paramètres techniques sont pris en compte : pente, exposition du toit, pluviométrie, charge supportée par la structure du bâtiment, budget disponible, etc. Du simple tapis végétal sur lequel se développeront spontanément mousses, lichens et plantes indigènes – grâce à l’action du vent, des mammifères ou des oiseaux – jusqu’aux jardins savamment organisés, tout est envisageable. Pour ces derniers, il existe une gamme étendue de techniques, du substrat ensemencé aux caissons ou rouleaux pré-cultivés, en passant par les dalles clipsables, le tout réalisé sur mesure pour chaque toiture.

Mais attention, selon le procédé utilisé, le poids d’une telle toiture peut aller de 60 à 115 kg/m2 pour une culture dite extensive (végétation à faible développement) et approcher les 600 kg/m2 dans le cas de culture intensive (véritable jardin avec arbustes et arbres). Il convient de prendre conseil auprès d’un installateur de toitures végétalisées et des professionnels concernés par les travaux (charpentier, architecte, paysagiste) pour vérifier que la maison pourra supporter son nouveau toit.

Description du dispositif

Les clés de la réussite sont une bonne étanchéité, qui évite toute détérioration de la maison, et un bon drainage, qui favorise l’évacuation des eaux pluviales tout en facilitant la croissance des plantes.

  • L’étanchéité sur toiture assure la pérennité de la structure porteuse. Elle est obtenue à l’aide d’une membrane, collée voire soudée sur le lattis, qui est à la fois étanche et anti-racine. La toiture végétalisée est alors complètement indépendante de la maison qu’elle couvre : la charpente et l’isolation ne peuvent subir aucune dégradation. Les matériaux d’étanchéité aujourd’hui disponibles n’ont malheureusement rien d’écologique. Certains sont traités à l’arsenic et au cuivre pour neutraliser le développement des végétaux. Deux possibilités se dégagent pourtant : choisir un bitume plastomère (avec des propriétés plastiques) pour des toits de petites dimensions, ou réaliser une toiture végétalisée sur bac acier fixé sur un toit à très faible pente.
  • Le drainage du dispositif est assuré par un substrat poreux, en argile expansée ou en pouzzolane, avec système d’évacuation des eaux pluviales intégré. Son épaisseur varie en fonction de la zone climatique et du volume d’eau que l’on veut retenir (selon la densité et la nature des plantes cultivées).
  • Le substrat de culture (6 à 8 cm en culture extensive), fourni par les entreprises, est constitué de terre, de sable et d’argile expansée selon un rapport optimal entre poids au mètre carré et capacité de rétention d’eau nécessaire au développement des plantes choisies. On peut aussi réaliser soi-même le substrat avec de la terre végétale prise autour de la maison, qui sera ensemencée de préférence au début de l’automne.
  • Les espèces végétales sont sélectionnées en fonction de leur aptitude à s’adapter et à se régénérer. Pour une culture extensive avec peu d’entretien, plantes vivaces, graminées et sédums sont privilégiés. Ces espèces s’avèrent en effet peu gourmandes en eau et en éléments nutritifs.

Coûts et aides

On estime qu’une toiture végétalisée coûte entre 50 et 150 € le mètre carré selon la complexité du dispositif.

En décembre 2006, le conseil régional d’Île-de-France, suivi par le conseil général des Hauts-de-Seine, a voté 2 subventions en faveur de la création de toitures végétalisées. Le département subventionne à hauteur de 60 €/m2, avec un plafond fixé à 48 €/m2, le montant hors taxes des travaux de végétalisation.

La région IDF prend quant à elle en charge 50 % de la dépense, plafonnée à 45 €/m2 pour des travaux de construction neuve ou de rénovation des toitures.

Source : Adivet, l’association des toitures végétales – www.adivet.net.

Titre : Le guide de la restauration écologique

  • Editeur : Eyrolles
  • Auteurs : Myriam Burie
  • Nombre de pages : 222 pages
  • Copyright photos : PATRIBAT productions
  • Copyright dessins : Myriam Burie
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