Elever un bébé sans couche par Carine Phung

J’ai découvert l’hygiène naturelle infantile (HNI), ou le fait d’élever son bébé sans couche (ou du moins, avec moins de couches, tout dépend des limites que trouvent les parents) quand mon second enfant avait 4 mois.

J’ai découvert l’hygiène naturelle infantile (HNI), ou le fait d’élever son bébé sans couche (ou du moins, avec moins de couches, tout dépend des limites que trouvent les parents) quand mon second enfant avait 4 mois. La « philosophie » de cette pratique m’a tout de suite parlé : en effet, il s’agit d’être à l’écoute des besoins d’élimination de son enfant, au même titre que ses autres besoins. Quand le bébé signale son besoin (en se tortillant, en grognant, par exemple), le parent lui propose alors d’éliminer en le tenant au-dessus d’un récipient (pot, toilettes ou autre). Le bébé reste alors en contact avec le parent, ce qui lui permet de se détendre et de faire. Ce qui est bien plus confortable que de se faire dessus et de rester dans une couche mouillée ou sale ! En fait, la plupart des bébés commencent par protester du fait d’être mouillés mais, comme personne ne répond à leur besoin de faire ailleurs que sur eux, au bout d’un moment, ils ne communiquent plus à ce sujet. J’ai donc pratiqué avec mon second enfant, mais seulement à « mi-temps » parce que je n’avais pas trouvé un certain nombre de solutions pratiques. Avec mon troisième enfant, alors que j’étais enceinte, je me suis préparée à l’accueillir sans couche dès sa naissance. Et cette communication dès le début a été merveilleuse. Le premier mois, je n’ai fait quasiment qu’observer, me contentant de lui changer son lange dès qu’il était mouillé. Et puis, j’ai repéré ses signaux, ses rythmes et tout s’est mis en place très vite.

De plus en plus de parents pratiquent l’hygiène naturelle en France. On lit de plus en plus de choses brèves sur le sujet dans les livres, mais même si on ne lit plus que c’est un « dressage » (ce qui est tout sauf le cas, puisqu’il ne s’agit que d’une forme de communication et que si on propose au mauvais moment, bébé rouspète et se cambre) souvent on y lit que c’est une pratique contraignante, qui oblige d’être constamment disponible et qui est difficilement compatible avec le fait d’avoir d’autres enfants. Ce n’est pas du tout le cas. L’HNI n’est contraignante que si on focalise sur les pipis/cacas et qu’on a peur des ratés. Si on l’intègre réellement dans sa vie, cela ne prend pas plus de temps que de changer une couche et si on ne capte pas un signal, tant pis, ce n’est pas la fin du monde. Il n’y a pas besoin d’être à l’affut, au contraire, je dirais même que cela ne serait pas sain de l’être sans cesse. Si on a vraiment peur de se faire arroser, mieux vaut mettre à son enfant des couches ou tout autre protection, tout en essayant de rester attentif aux signaux de son bébé.

Pour que les parents puissent accéder à une meilleure information à ce sujet, j’ai créé un blog (http://hygienenaturelle.unblog.fr/) et je suis en train de rédiger un livre, qui sera un guide pratique. J’ai aussi décidé de vendre des produits qui permettent de faciliter la vie des parents qui ont fait le choix d’être à l’écoute des besoins d’élimination de leur bébé : des pantalons chinois qui sont fendus à l’entrejambe, par exemple, et tout un tas d’autres choses que je vous laisse découvrir sur le site d’Ecopitchoun (http://www.ecopitchoun.com/), section HNI.

Je pense qu’il est important de passer le mot qu’élever un bébé sans couche est possible, même dans notre monde occidental. C’est à la fois la solution la plus écologique, mais aussi la meilleure en terme de bien-être de son enfant : bébé n’est alors pas entravé dans ses mouvements, il est toujours sec et n’est pas déconnecté de ses sensations intérieures. De nombreuses études récentes sur le sujet ont montré que cela était bénéfique : les enfants auront moins de problèmes physiologiques. Notamment, des urologues ont découvert que la vessie d’un enfant d’un an qui porte constamment des couches a la même taille que celle d’un nouveau-né…

Carine Phung, 3 enfants, rédactrice en chef du magazine Grandir Autrement www.grandirautrement.com