La culture hors sol

La culture hors sol représente aussi l’hydroponie ou culture hydroponique. C’est une culture dont les racines des plantes reposent dans un milieu reconstitué, détaché du sol. Le substrat, minéral ou organique, est neutre et inerte comme du sable, de l’argile ou de la laine de roche par exemple. Ce substrat peut être également d’origine industrielle. Ce milieu de culture est irrigué de façon régulière par des solutions nutritives adéquate à la plante cultivée. L’irrigation se fait grâce à un système de pompe comme les aquariums. Les cultures hydroponiques, quant à elles, n’utilisent aucun substrat. Elles se font sur film d’eau.

L’idée de cultiver hors du sol apparaît au cours de recherches sur le rôle de l’eau, de l’air et de chacun des constituants du sol dans la fertilisation des plantes. Cette idée s’affirme encore lorsque l’on s’aperçoit que la présence de parasites dans le sol étaient favorisés par la répétition de cultures identiques.

Les premières cultures hors sol se présentaient sous forme organique comme du terreaux, séparés du sol par une couche de plastique. Elles se sont développées au fur et à mesure en constatant les avantages : économie de place et d’eau, maîtrise des facteurs de production (température, hydrométrie,..).

La Hollande est l’un des précurseurs de ce mode de culture par son manque de soleil. L’association serre / culture hors sol permet par exemple de produire efficacement des légumes dès le milieu des années 70. La France suit peu de temps après. Bientôt, le monde entier utilise ce moyen de culture.

Le choix du substrat (ou de l’hydropénie) dépend des moyens et des attentes des producteurs. De toute façon, quel que soit le support choisi, la plante cultivée doit recevoir tout ce dont elle a besoin. C’est toute la délicatesse de la culture hors sol. Le substrat doit retenir les éléments nutritifs de l’eau tout en laissant passer suffisamment d’oxygène. La porosité du substrat doit donc être contrôlée pour que l’air et l’eau puissent passer dans les quantités nécessaires à la plante.

Par ailleurs, même si c’est le palissage qui permet la position verticale des plans, les racines doivent être bien ancrées dans le substrat.

Le nombre de couches (plus ou moins perméables car elles retiennent et/ou drainent l’eau selon leur emplacement), la hauteur et la texture du substrat doivent également être adaptés à la plante.

Notons aussi que la solution nutritive est apportée par un goutte à goutte continu (ou à fréquences rapprochées) pour combler le peu de réserve du substrat. Cette solution est entièrement adaptée aux besoins de la plante. Le substrat ne doit en aucun cas venir perturber cet équilibre artificiel. D’où le choix d’un substrat le plus neutre possible. Pour ceux qui utilisent malgré tout un substrat nutritif (exemple : fibres de coco), un lessivage ou une adaptation de la solution nutritive est nécessaire pour équilibrer les quantités de sodium, de potassium et de chlore de ce substrat. Notons également que pour la culture hors sol de la tomate (au moins), la solution nutritive doit être moins concentrée que celle utilisée dans la culture en sol.

La température du substrat est également à surveiller. Etant donné leur petit volume, la réactivité à la température est rapide. Les cultures doivent donc être protégées des fortes températures de l’été et des gelées de l’hiver.

Le dernier élément indispensable et délicat à surveiller sur le substrat est la salinité (concentration totale en engrais). De cette salinité dépend la conductivité du substrat. Une trop petite salinité a pour effet une pousse exacerbée de la plante au détriment des fruits de la reproduction (bourgeons, fleurs, légumes).

La culture hors sol a remplacé progressivement la culture traditionnelle d’un certain nombre de légumes dans le monde. Dans les pays ensoleillés, en Espagne notamment, la technique du hors-sol ressemble à ses débuts. En effet, le substrat est du sol naturel, juste isolé de la terre par une enveloppe en plastique. Cette technique permet de gérer l’entretien de la terre : volume, écoulement des drainages, désinfections…

En tête des légumes cultivés hors sol, nous trouvons la tomate. En culture hydroponique, ou enracinée dans un substrat de laine de roche, de fibres de coco, d’écorces de pin, etc.. la tomate pousse hors sol dans tous les pays du monde.

Le concombre pousse principalement en Europe du Nord en culture isolée du sol. Le substrat est alors la laine de roche. Aux Pays-Bas, on trouve également du poivron et de l’aubergine.

Au Québec, ils ont eu l’idée de faire pousser des laitues en hydroponie. La technique du hors sol pour ce type de végétal est toutefois peu répandu, le résultat par rapport à la culture en sol étant peu rentable.

Les fraises , en provenance d’Europe du nord, que nous trouvons toute l’année sur nos étals ont poussé sur des substrats en laine de roche, en terreaux ou en coco.

En conclusion de ces éléments, les avantages de ce procédé expliquent peut-être son développement. En effet, par rapport à la culture en sol, la croissance des plantes est plus rapide, les besoins en eau inférieurs, les détériorations des cultures par nuisibles (ou autres), limitées.

La culture hors sol permet également de cultiver différentes plantes au même endroit, sans préparation spéciale de la terre. Le travail est simplifié.

D’un point de vue qualité du produit cultivé, notons l’aspect esthétique amélioré, la conservation du produit plus longue (également lié aux nouvelles générations de variétés) et l’utilisation moindre d’insecticides ou autres produits phytosanitaires.

Partie sur cette lancée de nouvelle culture qui semble prendre un pas irrémédiable sur l’ensemble de la culture légumière, le « bio » fait même son apparition. C’est encore très frileux car la notion de bio devient alors basée sur les produits utilisés et non sur la fertilité de la terre.

Il est évident que la variété du légume cultivé joue un rôle essentiel sur la qualité nutritive et gustative des récoltes (on le voit d’ailleurs très bien si on fait nos propres cultures). Toutefois, nous avons un peu de mal à penser qu’un légume qui pousse aussi vite, dans un environnement artificiel puisse être de même qualité que son équivalent en sol. Nous imaginons un être humain sous perfusion face à son frère, se nourrissant par lui-même, à son rythme, selon les besoins qu’il ressent et avec le plaisir qu’il a à se nourrir. N’est-il pas plus épanoui ? Les plantes sont également des êtres vivants. Le stress d’un végétal est-il impossible ? Une telle culture n’est-elle pas plus proche de cellules vitaminées que d’un produit naturel ? Une question ouverte…