Le CO2, les gaz à effet de serre (GES) et les gaz destructeurs de la couche d’ozone

Au niveau planétaire, 36 % de l’augmentation des émissions de GES provient de l’industrie, 23 % de la production d’électricité et de chaleur, 13 % de la déforestation (changement d’usage des sols) et des incendies, 13 % des transports, 11 % de l’agriculture, et 4 % des eaux usées et des décharges*. 1/4 de l’émission de CO2 provient des USA (2 % pour la France**).

Au niveau national, 30 % de l’émission de CO2 provient des transports, 20 % des bâtiments, 20 % de l’industrie, 16 % de l’agriculture et 13 % de la production et de la transformation de l’énergie (les incendies ne sont étrangement pas comptabilisés).

17 % de l’énergie finale consommée en France est d’origine nucléaire (3/4 de l’électricité)***. Cette énergie produit peu de CO2 dans sa filière de production mais beaucoup plus dans sa filière de construction, d’extraction et de transport de l’uranium (importé à 100 %), de « traitement » et d’enfouissement de ses déchets radioactifs. La part d’électricité nucléaire est cependant « faible » par rapport à l’ensemble des énergies consommées en France et dans le Monde (2 %)***, et les mines d’uranium seront épuisées dans moins de 50 ans. L’électricité nucléaire ne peut donc pas nous permettre de lutter contre le dérèglement climatique et l’effet de serre. En France, le chauffage électrique est le pire système de chauffage en terme de GES. Il émet 2 fois plus de CO2 que le chauffage au Gaz Naturel car les pointes de consommation des chauffages électriques (contrairement aux autres chauffages) imposent le redémarrage de centrales fonctionnant aux énergies fossiles. Pour les climatiseurs électriques, le problème est le même (pointes de consommation durant les canicules), aggravé de plus par la fuite des GES utilisés par ces appareils !

La priorité doit donc être de limiter les énergies fossiles dans les transports (y compris dans l’agriculture), la construction, le fonctionnement des bâtiments et l’industrie, de promouvoir très largement les énergies renouvelables et les constructions climatiques, et de lutter contre les feux de forêts et la déforestation irraisonnée. L’objectif annoncé par certains pays européens comme la France est de diviser par 4 nos émissions de GES d’ici 2050.

Le biogaz issu de la méthanisation des déchets, les carburants d’origine végétale, la paille et le bois-énergie ne produisent, lors de leur combustion, pas plus de CO2 qu’ils n’en stockent (cycle naturel à la surface de la Terre) et la végétation, les sols et les océans absorbent le CO2. Les énergies renouvelables représentent actuellement 7 % de l’énergie finale française (biomasse, hydraulique, géothermie, solaire, éolien) et contrairement aux énergies fossiles, les énergies renouvelables ne produisent pas de CO2. En effet, même si leur énergie grise (utilisée pour la fabrication et la pose des capteurs solaires, des éoliennes, etc.) est encore d’origine fossile, le temps de retour sur cette énergie grise est de 2 à 3 ans pour un capteur photovoltaïque**** et 3 mois pour une éolienne****. Au-delà, il s’agit de CO2 évité par rapport à une production d’électricité à partir d’énergies fossiles, y compris nucléaire !

En effet, en ce qui concerne les énergies fossiles, les dernières technologies produisent 35 g de CO2 par kWh pour le nucléaire (sans comptabiliser la gestion des sites et des déchets radioactifs sur plusieurs siècles), 100 g/kWh pour le gaz avec cogénération, 600 g/kWh pour les incinérateurs de déchets et 620 g/kWh pour le charbon avec cogénération*****.

Les autres GES sont la vapeur d’eau (H20, mais son effet de serre est compensé en partie par un effet de blocage du rayonnement solaire), le méthane (CH4), le protoxyde d’azote (N2O), les hydrofluorocarbures (HFC), les perfluorocarbures (PFC), les chloro-fluoro-carbones (CFC) et les hexafluorures de soufre (SF6). Le potentiel de réchauffement global (PRG) de ces molécules (hors H20) sur 100 ans est respectivement 25, 290, jusqu’à 3200, jusqu’à 8000, jusqu’à 12500 et 24900 fois plus important que le PRG du CO2 ! Malgré ces données physiques bien connues, l’industrie nucléaire a choisi de ne pas calculer le PRG global de ses installations qui utilisent pourtant certains de ces puissants GES.

Actuellement, le CO2 représente 60 % de l’accroissement de l’effet de serrre. Les autres GES représentent 20 % pour le méthane (CH4), 14 % pour les halocarbures (CFC, PFC, HFC et SF6) et 6 % pour le protoxyde d’azote (N2O)******. Les émissions de méthane devraient donc être très surveillées dans les installations individuelles (attention aux assainissements autonomes !) et récupérées dans les stations d’épuration afin de permettre aux villes de convertir leur parc de véhicules (bus, voitures de service, etc.) au gaz naturel et d’avoir leur propre production locale de carburant. Notre alimentation, via notre consommation plus ou moins importante en viande, a aussi un impact sur les émissions de CH4 dans les élevages (sans compter l’énorme quantité d’énergie perdue entre la photosynthèse des végétaux et la production finale de quelques calories animales). Les végétariens permanents ou occasionnels sont donc déjà dans une démarche écocitoyenne.

Malgré leur interdiction depuis 1996 en France, les chlorofluorocarbures (CFC) continuent à atteindre la haute atmosphère. Ils ont été responsables de 25 % de l’effet de serre*******. Or la quantité de CFC stockée dans les mousses isolantes à base de polyuréthane et dans les polystyrènes extrudés (PSX différents du PSE ou polystyrène expansé) était de 54000 tonnes en France en 1989*******. Ces mousses pourraient donc encore libérer ce puissant GES durant des années. Ces stocks de CFC sont aussi une menace pour la couche d’ozone qui continue à se dégrader. Les HCFC qui remplacent actuellement les CFC sont aussi des destructeurs de la couche d’ozone. Il faudra attendre 2030 pour qu’ils soient interdits******* ! D’ici là, et bien après (inertie de la réaction de destruction), l’augmentation des UVB arrivant sur terre continueront à provoquer des cancers de la peau, des cataractes et des atteintes du système immunitaire, détruiront le phytoplancton marin et accélèreront le vieillissement de certains matériaux*******.

Sources : *[S. Rabourdin, Changement climatique, comprendre et agir, 2005] ; **[OCDE] ; ***[Ministère de l’Economie, des Finances et de l’Industrie, et Ministère de l’Ecologie et du Développement Durable, Rapport Facteur 4 – Division par 4 des émissions de gaz à effet de serre de la France à l’horizon 2050, 2006] ; ****[Ademe, Guide Pratique, la production d’électricité raccordée au réseau, 2003 et Eoliennes et aspects économiques, 2002] ; *****[Ôko-Institut et Wise-Paris] ; ******[La Revue Durable n° 15, Faire face au changement climatique, 2005] ; *******[B. Peuportier Dr. et Chargé de Recherche au Centre d’Energétique de l’Ecole des Mines de Paris, Eco-conception des bâtiments, bâtir en préservant l’environnement, 2003].