Le respect de l’environnement a-t-il des limites ?

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environnement-limitesAprès les spécialistes en alimentation, ce sont les écologistes qui voudraient nous indiquer comment il faut se nourrir car il semblerait que l’agriculture soit le secteur le plus actif en émission de gaz à effet de serre. Ça serait donc à nous, consommateurs, de changer nos habitudes alimentaires. Pour cela, il faut connaître les principales sources condamnables, puis les limiter au maximum.

Les modes de conservation

Prenons tout d’abord ce que les différents modes de conservation apportent comme gaz polluants. Évidemment la conservation des produits industriels semble la plus sale. Par exemple, la congélation : l’inventeur du Bilan Carbone, Jean Marc Jancovici, annonce que toutes les étapes (de la surgélation au congélateur familial) sont très gourmandes en énergie du fait du maintien, pour la chaîne du froid, des températures négatives. De plus, les fluides réfrigérants sont tout simplement des gaz à effet de serre. Par ailleurs, dans la plupart des supermarchés généralistes, les bacs sont ouverts ce qui pousse à une consommation accrue d’énergie pour garder la température intérieure assez froide. Ce n’est pas tout ! Si tout ceci est vrai pour la congélation, il n’y a aucune raison que cela ne le soit pas pour la réfrigération.

Gare aux produits frais conservés très longtemps en chambre froide (l’exemple repris le plus souvent sont les pommes conservées en hangar afin d’étaler la distribution toute l’année. Mais pourquoi n’inclurions-nous pas le tofu bio que nous gardons au frigo pour le repas d’anniversaire la semaine prochaine ?) : ils détruisent la couche d’ozone ! Nous nous égarons…

Les transports énergivores

… Et nous nous retrouvons en bateau, en avion, en camion. Ces moyens de locomotion sont les plus utilisés pour transporter les produits venant du monde entier pour diversifier nos étals. Certes le bateau est le moins polluant, 300 fois moins que l’avion par exemple. Mais les écologistes voudraient qu’on vise plutôt les produits nationaux et de saison : cela éviterait tout grand transport motorisé (sinon, il est toujours possible d’utiliser un attelage à vélo ! Qu’en pensent les industriels ?). Ça limiterait aussi l’énergie dépensée pour chauffer les serres dans lesquelles poussent des légumes toute l’année même pendant les grands froids.

Nous devrions donc nous rapprocher des producteurs et les écologistes seraient contents ? Eh bien non ! Un problème majeur persiste : comment allons-nous chez le vendeur ? La voiture est ce qu’il y a de plus pratique (nous réitérons quand même la proposition du vélo pour les plus courageux !). Mais à quel prix ? D’après le Bilan Carbone, c’est justement ce trajet, effectué par le consommateur entre le commerce et son domicile, qui détiendrait la première place de polluant dans le processus d’achat.

Le sur-emballage

Les emballages sont également une problématique polluante de taille pour les écologistes. Ils sont de plus en plus nombreux car la dose individuelle fait rage dans le monde moderne. Privilégier les grands formats ou mieux, les aliments en vrac, à la coupe etc.. diminuerait fortement la pollution par les emballages. L’ADEME nous sermonne surtout au sujet de l’eau en bouteille. Pourquoi créer un emballage pour un produit qui existe naturellement au robinet ?

Le dernier conseil touche les sachets plastiques des supermarchés. De plus en plus, ils sont remplacés par des cabas réutilisables et l’ADEME souhaiterait voir cette pratique se développer encore plus.

La transition écologique

Sommes-nous prêt à être vigilants et cibler nos achats ? : finies les tomates en hiver, moins de viande de ruminants (le boeuf en particulier) qui dégagent un maximum de gaz polluant (ben non, voir péter une vache n’est pas si drôle !) ? Mais avant de nous précipiter sur les autres viandes (françaises bien sûr !), regardons de près de quoi les animaux ont été nourris et comment ils ont été élevés. Et le poisson ? Ah non ! il disparaît doucement de la planète…

Pour être en bonne santé, il faut manger des fruits et légumes. Mais ces aliments ne doivent pas avoir été cultivés sous serre, ni venir de l’étranger, ni avoir été conservés au frais, encore moins congelés ni même emballés. Attention, il ne faut pas non plus avoir été les chercher en voiture et les avoir transportés dans un sachet jetable.

Réfléchissons : il nous reste quoi ? Ah oui ! on peut les cueillir dans notre potager. Tout le monde a ça bien sûr ! Si si, sur le toit d’un immeuble au cœur de la capitale, nous cultivons nos fruits et légumes.. .

Allez, fini le sarcasme. Ces mesures sont essentielles pour la santé de la Terre et de ses habitants. Nous les avons abordées de façon sarcastique pour montrer la dissonance entre ce que le monde moderne nous offre en premier lieu et les réelles priorités sur lesquelles nous devrions tous nous appuyer.

En effet, pourquoi va t-on chercher si loin des produits trouvables sur place ? L’exemple des prunes venant du Chili, du miel de Chine, de l’agneau ou les pommes de Nouvelle Zélande ou comble du comble, le foie gras qui vient de Hongrie ? Le prix la plupart du temps ! Les frais de port (très polluants pourtant) ne compensent pas la différence de prix avec nos produits nationaux. Qu’est-ce qui compte le plus ? Le confort atmosphérique et environnemental ou l’économie mondiale ? Ça ne devrait pas être au consommateur de chercher des solutions. Il fait ce qu’il peut, lui, pour se nourrir correctement au plus bas prix.

Bien sûr, il existe des moyens accessibles à tous (par le prix et par la logistique) de se fournir en produits frais et sains. Ceci est possible par le biais des AMAP, des Jardins de Cocagne ou autres réseaux qui met en relation des producteurs et les consommateurs.

Le choix du consommateur

D’autres actions sont nécessaires. Si on a la chance d’habiter dans une région où les nappes phréatiques ne sont pas trop polluées par les nitrates (l’île de France en fait partie en 2007), il est fortement conseillé de boire l’eau du robinet.

On peut également utiliser des sacs réutilisables pour porter ses courses et prévoir la taille familiale des produits dont on se sert souvent et/ou qui se conservent longtemps.

On peut aussi limiter notre consommation de viande et favoriser toutes les protéines végétales. D’autant que moins de vache ferait également moins de lait et c’est tant mieux !

Et globalement, si dans le quotidien, on peut faire attention à ne pas gaspiller inutilement (dégivrer régulièrement son frigo et son congélateur, regrouper les sorties en voiture, etc…), alors c’est un pas vers la survie de nos enfants.

Mais en parle t-on assez ? Ces informations touchent-elles le français lambda imbriqué dans un mode de vie basé sur la consommation ? Non pas encore…

En attendant, nous devons toujours continuer à promouvoir ces différentes possibilités de faire attention, en commençant par nous respecter les uns les autres. En tant que nature vivante accueillant des invités, la Terre ne pourra que s’en réjouir.

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