Les LED dangereuses pour les enfants ?

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L’Anses (Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail) révèle que les LED peuvent être dangereuse pour la rétine particulièrement pour les enfants et les personnes atteintes de maladies oculaires.

La LED, une ampoule d’avenir ?

Suite au retrait des ampoules à incandescence du marché et aux informations concernant les méfaits des ampoules basse-consommation en matière d’ondes électro-magnétiques, la LED semblait être la solution d’avenir en matière d’éclairage : peu consommatrice d’énergie et de longue durée, son principal inconvénient est surtout le coût.

« En quelques mois le nombre d’ampoules à LED accessibles en grande surface s’est multiplié de façon fulgurante », à souligné Dominique Gombert, directeur de l’évaluation des risques de l’Anses. L’Anses souligne que « Des risques liés à l’usage de certaines de ces lampes pouvant conduire à des effets sanitaires pour la population générale et les professionnels ont été identifiés ». « C’est une technologie prometteuse, reconnaît Dominique Gombert, directeur de l’évaluation des risques à l’Anses, mais il y a des risques d’éblouissement et des effets toxiques possibles avec la lumière bleue diffusée par une grande majorité d’entre elles. »

La LED dangereuse ?

Les premières diodes électroluminescentes, créées en 1962, offraient une intensité lumineuse extrêmement faible. Mais les diodes bleues qui apparaissent en 1990, rapidement suivies par des diodes blanches (couplage d’une LED bleue à un phosphore jaune), permettent aujourd’hui d’envisager des ampoules de quelques watts à quelques dizaines de watts. Or cette lumière bleue présente des risques notamment pour la rétine, plus sensible à la lumière violette-bleue, les différents pigments présents dans ses cellules pouvant induire une réaction à l’origine de lésions par stress oxydatif. Ce risque photochimique « résulte généralement d’expositions peu intenses répétées sur de longues durées », sans filtre, selon l’agence. Cette lumière bleue a aussi des effets « aggravants » sur une pathologie fréquente avec l’âge, la dégénérescence maculaire liée à l’âge (DMLA) et chez des personnes sensibles à la lumière du fait d’affections cutanées ou de traitements médicamenteux. L’alcoolisme chronique est aussi un risque.

Ces ampoules offrent des avantages considérables. Le premier d’entre eux est leur faible consommation énergétique par rapport aux ampoules traditionnelles qui, pour cette raison, sont progressivement retirées du marché. Elles offrent par ailleurs une durée de vie qui, selon l’Ademe (Agence pour la maîtrise de l’énergie), « peut aller jusqu’à 50 000 heures contre 8 000 pour les lampes basse consommation et 1 000 heures pour les ampoules à incandescence ».

Les populations à risque

Par contre, ces nouveaux éclairages peuvent conduire à des intensités lumineuses mille fois plus élevées que les éclairages classiques, générant un risque d’éblouissement. Les lumières, bleues quant à elles, représentent un risque tout particulièrement pour trois sortes de populations :

  • les enfants (transparence du cristallin), les personnes aphakes (sans cristallin) ou pseudophakes (cristallin artificiel) qui ne filtrent pas (ou peu) les courtes longueurs d’ondes (notamment la lumière bleue) du fait de leur cristallin ;
  • les populations sensibles à la lumière : patients atteints de certaines maladies oculaires et cutanées, patients consommant des substances photosensibilisantes, etc.) pour lesquelles la lumière bleue peut être un facteur aggravant de leur pathologie ;
  • les populations particulièrement exposées aux LED (certaines populations de travailleurs : installateurs éclairagistes, métiers du spectacle, etc.) qui sont soumises à des éclairages de forte intensité, et sont donc susceptibles d’être exposées à de fortes quantités de lumière bleue.

La luminance des LED très élevée présente un autre type de problème : « Ces nouveaux éclairages peuvent conduire à des intensités de lumière jusqu’à 1000 fois plus élevées que les éclairages classiques, ce qui peut générer un risque d’éblouissement » a ajouté l’agence. Certaines professions sont particulièrement exposées à ces risques comme les éclairagistes, les figurants et les techniciens des spectacles scéniques, les chirurgiens ou les dentistes, leurs patients et les professionnels de la photothérapie.

Les recommandations de l’Anses

L’agence recommande notamment que seules les LED de plus faible risque soient accessibles au grand public. Il est donc recommandé d’éviter leur utilisation dans les lieux et les jouets fréquentés par les enfants : l’Anses recommande « d’éviter les sources de lumière riche en couleur bleue dans les lieux fréquentés par les enfants », tels que maternités, crèches, ou écoles, ou dans les objets qu’ils utilisent. Elle suggère la mise en place de systèmes ne permettant pas une vision directe du faisceau lumineux. Elle demande une réglementation des appareils de luminothérapie. Elle réclame, enfin, une meilleure information du consommateur.

Pour le grand public, qui ne peut différencier les LED à risque des autres, l’Anses a demandé demandé aux industriels de procéder rapidement à un étiquetage et de ne mettre sur le marché que des LED à moindre intensité, et sans risques.

Autant de recommandations soutenues par l’Association française de l’éclairage. « La réglementation est positive, l’Anses milite en faveur de la normalisation », précise Bernard Duval, le secrétaire général de l’association, qui ne cache pas toutefois une certaine inquiétude concernant des produits d’importation.

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