Sécurité alimentaire

L’INRA invite à réfléchir sur le contenue de nos assiettes L’Institut national de la recherche agronomique présentait, mercredi 12 janvier, « Agrimonde », un rapport qui donne des pistes pour nourrir la planète à l’horizon 2050.

Alors que l’envolée des prix des denrées alimentaires agite le Maghreb, des chercheurs français publient une étude prospective, « pour explorer les futurs possibles du système agricole et alimentaire mondial à l’horizon 2050″, indique l’Inra dans une communiqué de presse.

Car à cette date, l’enjeu sera de taille : comment couvrir les besoins nutritionnels de près de 9 milliards d’individus tout en préservant les ressources de la planète ? Pour répondre à cette question, le rapport Agrimonde, une étude prospective lancée par l’Inra et le Cirad (Centre de coopération internationale en recherche agronomique pour le développement), mobilise depuis 2006 des experts d’origines et de disciplines multiples.

Ces derniers ont défini deux scénarios  : l’un tendanciel, qui privilégie le bien-être immédiat au prix d’une dégradation environnementale, l’autre de rupture, qui mise sur une approche durable. « Dans les deux scénarios considérés, nourrir la planète en 2050 apparaît possible« , rassurent les spécialistes.

Moins de viande, moins de gaspillage

Mais pour assurer la sécurité alimentaire tout en préservant la planète, l’Inra insiste sur la nécessité de changer notre approche de l’alimentation. Premier impératif : « ne pas généraliser le modèle alimentaire des pays industrialisés », indique le rapport. En ligne de mire, la « suralimentation », la consommation de viande et le gaspillage alimentaire dans les pays riches..

Ainsi, les « pertes à la consommation » peuvent représenter jusqu’à 25% dans les pays de l’OCDE. Ensuite, il s’agit de manger différemment, notamment pour palier l’augmentation des individus en surpoids, qui seraient 1,3 milliards. D’abord parce que l’alimentation occidentale, caractérisée par une forte part de calories animales, pèse sur les ressources. Pour preuve, produire un kilo de bœuf nécessite 13 000 litres d’eau, contre seulement 100 litres pour un kilo de pomme de terre. Il va donc falloir manger moins de viande ! Pour une alimentation durable, les chercheurs recommandent que la part des calories végétales représente 2500 calories sur les 3000 calories journalières consommées par les individus.

Ensuite, en plus de changer les habitudes de consommation, l’Inra invite à « faire le choix d’une agriculture productive et écologique, qui tire profit des avancées scientifiques, mais aussi des savoirs et savoir-faire traditionnels ». Dernier aspect, la mise en place d’une sécurisation des échanges internationaux de produits agricoles et agroalimentaires.

Le chiffre :

En moyenne, un occidental consomme 4000 calories par jour, contre 2300 pour un habitant d’Afrique sub-saharienne.

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SOURCE : WIKI2D – Carole Hoareau