Taxe carbone morte et enterrée

Avis de décès ou de tempête ? La taxe carbone vient de pousser son dernier cri et se trouve remisée au calandres grecques. Faut-il s’en réjouir ou s’en offusquer ? N’y a t-il surtout pas eu tromperie sur la marchandise ? Car au fait de quoi s’agissait-il au juste ? Bien des questions qui laissent songeur. A l’heure où tout un chacun semble enfin se mobiliser en masse pour la défense de la planète, le train de mesures effectives semble déraillé. »

Tout d’abord soyons un peu pédagogue et revenons aux origines de cette fameuse taxe carbone. Que signifient ces deux termes « taxe » et « carbone » et pourquoi posent-ils un problème auprès du grand public ?

Taxe a une réelle connotation négative car obligatoire par le fait même que c’est un impôt : nous n’avons pas le choix, il faut payer. Dans un pays comme la France, les taxes semblent pulluler, sont des parasites et donc insupportables. Par ailleurs la répartition et l’incompréhension de toutes ses taxes donnent une impression d’injustice socio-économique. Bref la taxe veut dire Etat, c’est lui qui perçoit et qui redistribue… à qui, à quoi, comment ? Grand « flou artistique » ! D’où l’accueil négatif réservé à chaque annonce d’une nouvelle taxe.

Carbone depuis le temps que l’on nous en rabâche avec ce fléau… mais l’est-il vraiment ? N’est-ce pas plutôt son rejet de CO2 par l’usage abusif d’énergies fossiles qui se trouve mis en cause ? Tout le monde connaît la réponse. J’insiste bien sur cette question : est-ce le carbone ou son rejet ? Est-ce la matière ou l’activité humaine ? Chacun a… sa réponse. Ici le bas blesse car la solidarité ne s’exerce plus et évacue d’un trait la question… et la réponse. Le doute s’installe, d’où un rejet évident de la population.

Cette fameuse taxe carbone d’où coule beaucoup d’encre veut contribuer au financement de la lutte pour la défense de la planète. Cela vient d’un très bon sentiment, en cela rien à redire. Seulement la volonté existe-t-elle encore vraiment… et ce depuis le sommet de Copenhague fin 2009, avec de plus le retour en force des climato-sceptiques ? Tout vient de là !

Dans cette conjoncture incertaine la lutte devient de plus en plus difficile… passer aux actes et non plus se contenter de symboles reste encore un cap réel à franchir. Manque de pédagogie ! Manque de conviction ! De beaux documentaires et de belles paroles ne suffisent plus. Il faut agir au quotidien… souvent s’obliger et ne plus accepter certains comportements de notre part.

Alors taxe carbone ou pas… nous devons contribuer à défendre notre planète. Aujourd’hui nous pouvons encore choisir la méthode douce avec des moyens efficaces immédiatement et dans la durée, qui s’adressent à tout le monde, dont l’investissement est vite amorti (par exemple la Conduite Environnementale –ou éco conduite-). Si nous laissons aller les choses… elles s’imposeront d’elles-mêmes.

Conseil de lecture : « Le plein s’il vous plaît ! » La solution au problème de l’énergie – Jean-Marc JANCOVICI & Alain GRANDJEAN