Faire son propre savon

Les savons fabriqués à partir de soude sont plutôt durs. Les savons fabriqués à partir de potasse sont plutôt mous.

Il faut différents composants pour fabriquer du savon :
- de la soude ou de la potasse contenue dans les cendres de bois et dissoute par l’eau. La potasse contenue dans les cendres de bois produit du savon mou (appelé savon noir) qui sert de lessive.
- de l’huile végétale ou de la graisse animale
- de la chaleur
- de l’eau
- de la patience …
- en bonus et si vous le souhaitez, vous pourrez ajouter quelques parfums naturels empruntés aux plantes (roses, lavandes…) On peut ajouter aussi un peu de lait, de la cire d’abeille. Suivant les techniques (à chaud ou à froid) et les objectifs, il faut des proportions différentes.

ATTENTION LA FABRICATION DU SAVON COMPORTE DES DANGERS DE Brûlures CHIMIQUES ET THERMIQUES. EN CAS DE PROJECTION SE RINCER ABONDAMMENT AU MOINS 1/2 H A L’EAU COURANTE

Précautions :
- Afin d’éviter des projections de matière corrosive et donc les risques d’accident, ajouter toujours la soude à l’eau et non l’eau à la soude
- Porter des lunettes de protection
- Porter des gants. En cas de projections de soude ou de pâte à savon, neutraliser l’effet corrosif au moyen de vinaigre.
- Utiliser toujours un contenant en verre ou en acier inoxydable, ainsi que des cuillères en bois, tout contenant en plastique est à proscrire (il risquerait de fondre) ainsi que les ustensiles en aluminium (ce dernier réagit avec la soude).
- La soude dégage des fumées qui peuvent être nocives. Si possible, faire son savon à l’extérieur ou dans un espace bien ventilé.
- Protéger le plan de travail au moyen de papier journaux, ainsi que les meubles, murs, parquet, carreaux proche, les projections peuvent les endommager très gravement.
- Prévoir de ne faire son savon qu’à un moment où on est sûrs de ne pas devoir s’interrompre et de pouvoir rester concentré (environ trois heures).
- Préparer la pâte à savon et entreposer les savons en cours de maturation hors de la présence d’enfants ou d’animaux (y compris sauvages).
- Ne pas utiliser d’ustensiles ayant servi à la savonnerie pour cuisiner (risques d’intoxication).
- Après usage, mettre chaque ustensile à tremper dans un bain d’eau largement vinaigrée puis les laver soigneusement.

Première méthode

On peut utiliser toutes sortes de graisses animales ou d’huiles végétales.

Lire comment fabriquer sa lessive avec de la cendre

Les proportions sont 1 Kg de lessive pour 2 de graisse. Mélanger lessive de cendre ou de soude avec la graisse, cuire à petit bouillon 3h en remuant. Le savon est prêt quand il se dissous rapidement dans l’eau bouillante. Avant qu’il ne refroidisse, jeter 500g de sel dans la marmite pour durcir le savon. Puis jeter l’eau salée et verser le savon dans un moule en bois doublé de toile humide. On peut le démouler au bout de 24h et le découper. Pour l’utiliser attendre 15 j minimum, le savon étant, comme le bon vin, meilleurs vieilli.

Il est possible d’ajouter du parfum ou du colorant, toujours sans alcool, sous forme de plante, par exemple. Le faire tant que le savon est chaud.

Deuxième méthode

Comment faire du savon de Marseille traditionnel au chaudron ? Le savon de Marseille est composé de soude et d’huile d’olive.

1ère phase : l’empatage

On porte à ébullition le mélange de soude et d’huile dans un chaudron.

2ème phase : le relargage

On débarrasse la pâte de l’excès d’eau, des impuretés de matières grasses et de la glycérine en arrêtant l’ébullition (séparation en deux phases avec le savon qui surnage).

3ème phase : La cuisson

Le savon contenant encore des matières grasses qui n’ont pas réagi, on chauffe à nouveau en rajoutant de la soude plusieurs fois et en laissant décanter à chaque fois pour séparer le savon des  » lessives « . Le savon est maintenant terminé.

4ème phase : la liquidation

Elle consiste à faire bouillir à gros bouillons une dernière fois en arrosant à l’eau pure pour précipiter au fond du chaudron les dernières matières étrangères et colorantes qui vont former le « gras ».

L’ensemble de ces opérations dure 10 jours. Dans d’autres procédés le relargage est réalisée en versant le mélange dans de l’eau salée ce qui précipite le savon (il y est peu soluble). Il est également possible de mettre dans le chaudron de petites billes de verre (ou tout autre matière que la soude ne peut dissoudre) afin de réguler l’ébullition et favoriser le brassage.

Troisième méthode

Il faut tout d’abord que la température du mélange eau/soude redescende entre 38 et 42°C et que l’huile soit à la même température (à 2°C près).

Versez de l’huile dans un contenant de verre ou d’acier inoxydable et ajoutez-y lentement la soude diluée tout en brassant.

La durée de la phase de brassage est variable : en temps normal, elle est de 10 à 75 minutes, mais elle peut atteindre 6 heures. Le brassage dure jusqu’à ce que survienne le traçage. Il est un peu difficile les premières fois de savoir à quel moment il survient.

Le traçage est le moment où, lorsqu’on sort la cuillère, les gouttes qui tombent laissent une marque à la surface du liquide. Trouver l’instant exacte du traçage est assez difficile lors des premiers essais. Quand cette partie est maîtrisée, le plus dur est fait.

Si on désir incorporer des additifs, c’est le moment. Ceci devrait faire s’éclaircir le mélange pour quelques minutes, mais peut aussi accélérer le durcissement de la pate à savon.

C’est le moment de verser dans des moules préalablement graissés à la vaseline. Recouvrir d’un film plastique et emballer dans une couverture pour conserver la chaleur dégagée par la saponification. Laisser reposer pendant 24 à 48 heures.

Au bout de ce laps de temps, démouler le savon en portant des gants (il est encore corrosif), le découper si nécessaire et le mettre à mûrir dans un endroit sec et bien aéré pendant au moins 4 semaines.

Quatrième méthode

A partir du savonnier ou bois de Panama, Koelreuteria paniculata. Il ne faut donc pas être pressé car il faut d’abord faire pousser l’arbre ! Cet arbre est nommé « savonnier » car on extrait du savon de sa pulpe. Il supporte la pollution et préfère les situations ensoleillées pour bien fleurir. Il tolère la sécheresse.

Feuilles caduques : imparipennées (parfois bipennées), longues de 20 à 40 cm, aux folioles (9 à 15) très découpées et caractéristiques.

Fleurs jaunes, petites, regroupées en immenses pannicules de 35 cm, en juillet.

Fruits en capsules vésiculaires renflées, brunes, qui restent sur l’arbre en hiver.

Utilisations : l’écorce et le fruit contiennent de la saponine qui est utilisé pour faire du savon naturel en Asie. Avec les graines rondes et noires, on fait des chapelets !