Les abeilles meurent : quelles solutions ?

« Si les abeilles venaient à disparaître, l’humanité n’aurait plus que quatre années devant elle ». Cette citation attribuée à Albert Einstein illustre bien à quel point les abeilles sont indispensables à la biodiversité. Elles sont cependant victime d’un « syndrome d’effondrement » ces dernières années que les scientifiques peinent à expliquer.

Pollinisatrice besogneuses et veilleuses de la nature, les abeilles sont indispensable à la reproduction de la flore. Leur disparition constitue une réelle menace pour les cultures maraichères et fruitières aux Etats-Unis en particulier. Selon l’INRA, la production de 84% des espèces cultivées en Europe dépend directement des pollinisateurs, qui sont à plus de 90% des abeilles domestiques et sauvages.

La surmortalité des abeilles est telle aujourd’hui que l’on n’hésite pas à parler d’épidémie. Ce phénomène touche également les productions apicoles. Depuis 2006 aux Etats-Unis, puis en Europe et partout dans le monde dans les années qui ont suivi, les apiculteurs constatent que de plus en plus d’abeilles abandonnent soudainement leur ruche, et ce parfois dans un laps de temps très court.

La disparition massive des abeilles étant expliquée entre autres par la présence de virus, de parasites, de changements climatiques, de mauvaises pratiques apicoles ou agricoles, des solutions commencent à émerger mais elles restent mineures.

Les grands organismes internationaux tentent de développer et de centraliser les études portant sur ce problème pour établir un état de lieux global. En Europe, un groupe de travail européen sur la prévention de la mortalité des abeilles a été mis en place et les apiculteurs font preuve d’efforts individuels.

Des logos « abeilles » ont été appliqués à certains insecticides mais il reste recommandé d’en utiliser le moins possible. Entretenir des fleurs de champs sauvages permet d’attirer les pollinisateurs et construire des gîtes à insectes permet aux abeilles d’implanter leur nid. Enfin, la sensibilisation transmet aux populations des réflexes écologiques propres à respecter ces précieux insectes.

De grandes entreprises tentent d’apporter leur contribution. Par exemple, Guerlain, dont l’histoire est fortement liée à l’abeille et à sa connotation symbolique, a engagé pour sa crème Abeille Royale un programme de screening de miel et de gelée royale à travers le monde en choisissant de prendre en compte trois critères fondamentaux : qualité de l’environnement, biodiversité et propriétés génétiques de l’abeille.

L’analyse du miel de l’abeille noire de l’île d’Ouessant a permis à Guerlain d’élaborer une charte permettant entre autres aux apiculteurs d’optimiser les conditions de récolte à toutes les étapes de la chaîne, initiative précieuse pour la sauvegarde des abeilles. Différentes entreprises de différents secteurs s’intéressent ainsi de plus en plus à la protection des abeilles qui ont encore mille choses à nous apporter.