Ne plus avoir de facture d’eau : mode d’emploi

135

La récupération de l’eau de pluie afin d’arroser son jardin et alimenter son W-C devient une pratique de plus en plus courante. Mais savez-vous que, que l’on peut aller bien plus loin dans cette démarche ?

Comment réduire sa consommation d’eau de ville ?

L’eau naturellement douce qui nous tombe du ciel peut en fait convenir à tous les usages domestiques y compris pour la boisson et l’alimentation.

eau-pure-potable

L’eau de pluie naturellement douce

Dès qu’on a intégré cette idée simple, le but principal de la récupération de l’eau de pluie n’est plus l’économie d’eau, mais l’augmentation du confort par l’usage d’une eau de haute qualité. Ce système permet donc non seulement la réduction de la facture d’eau, mais également la suppression d’adoucisseur et une réduction de la quantité de savons et de poudre à lessiver. On préservera aussi les robinets et les résistances chauffants des appareils ménagers.

Élément important : l’absence de chlore dans l’eau de pluie est un facteur important pour la préservation de la santé, surtout lorsqu’on a des enfant en bas âge. 

Récupérer l’eau de pluie

Pour récupérer l’eau de pluie, il faut enterrer une citerne en béton de 14 m³ pour une maison dont la surface au sol est de 100 m². Cette citerne comportant une partie pour la clarification de l’eau et une autre pour le stockage, sera reliée aux gouttières de tous les versants du toit.

Une pompe y puisera l’eau pour la distribuer dans toute la maison.

Dans les faits, une personne n’a besoin de l’eau rigoureusement potable qu’environ 3 litres par jour. Pour tous les autres usages, une eau de moindre qualité convient parfaitement. Pour autant qu’elle soit  » inoffensive « , c’est-à-dire son absorption accidentelle n’entraîne pas de problèmes de santé.

C’est le cas de l’eau sortant d’un simple filtre de 10 microns, placé à la sortie de la pompe. C’est donc l’eau qui servira pour l’hygiène personnelle, pour les vaisselles, les lessives et tous les autres usages courants.

On aura cependant un robinet en  » col de signe  » près de l’évier de la cuisine, la seule qui fournira de l’eau rigoureusement potable. Ce robinet sera alimenté à travers un système de filtration sur céramique et de charbon actif. On peut également opter pour un système à osmose inverse.

L’eau potable ainsi obtenue sera de qualité équivalente à celle des meilleures eaux minérales vendues dans le commerce, pour un prix de 2 à 8 centimes le litre, compte tenu de l’amortissement de l’installation. Fini les bouteilles en plastique à rejeter dans la poubelle !

Entretien de l’installation de récupération de l’eau de pluie.

L’entretien de l’installation consiste à un nettoyer et/ou remplacer régulièrement les éléments filtrants, suivant les recommandations du fournisseur. On maintiendra les gouttières aussi dans un état de propreté, en enlevant deux fois par an les feuilles et la poussière qui y tombent. En moyenne une fois tous les 5 ou 10 ans, en été, quant il y a peu d’eau, la citerne doit aussi être nettoyée. Afin de faciliter cette opération, on veillera au placement d’une ouverture suffisamment large.

Si la quantité d’eau de pluie est insuffisante pour couvrir les besoins en eau du ménage, on raccordera à titre permanent le W-C, grand consommateur d’eau au compteur d’eau de ville. Tout le restant de la maison sera alimenté au départ de la citerne. En cas de panne sèche, à l’aide d’un tuyau d’arrosage fixé sur un robinet à la sortie du compteur d’eau, on mettra un peu d’eau de ville dans le fond de la citerne… en attendant l’averse suivante.

Le coût d’une installation de récupération d’eau de pluie

Le coût d’une telle installation est évidemment moindre à la construction de l’habitation. Profitons aussi du chantier pendant la rénovation de notre maison pour y installer une citerne.

La facture d’eau d’un ménage moyen, ne faisant pas particulièrement attention à son usage de l’eau, est de 1380 € par an. Le prix de revient d’un mètre cube d’eau de pluie se trouve dans la fourche de 50 centimes à un euro, compte tenu de l’amortissement de l’installation. L’investissement initial (citerne, pompe, filtres) est d’environ 5000 euros, amortis en quelques années.

L’eau de pluie est une ressource renouvelable, mais limitée. Son usage est une bonne école de gestion responsable. On apprend vite tous les gestes pour consommer moins sous la menace de la panne sèche.

Quand on a la chance de disposer d’un grand toit, avec l’eau de pluie, les économies d’eau n’auront plus d’importance. De toute manière, l’eau rejetée sera moins polluée qu’avec l’eau de ville, à cause de la réduction importante de la quantité de détergents utilisés.

Astuces pour économiser l’eau

La ville d’Ottawa (Capitale du Canada), a édité une liste de conseils pour économiser l’eau.

  1. Recueillez l’eau de pluie dans un baril ou un grand récipient et servez–vous en pour arroser votre jardin ou votre pelouse.
  2. Servez–vous d’une rampe d’arrosage et faites l’irrigation au goutte à goutte pour réduire de près de 70% la quantité d’eau qui se perd par l’évaporation et le ruissellement. L’eau est ainsi projetée exactement là où il le faut.
  3. Ne tondez pas la pelouse trop ras. Gardez–la à une hauteur d’environ 5 à 8 cm. L’herbe haute retient mieux l’humidité.
  4. Les jeunes plants fraîchement transplantés ont besoin d’arrosages fréquents et légers, jusqu’à ce qu’ils soient bien enracinés.
  5. Utilisez de préférence des gouteurs.
  6. Recouvrez le sol au pied des plantes, des arbustes et des arbres d’une couche d’herbes coupées ou de copeaux de bois pour absorber l’eau et conserver l’humidité. Vous pouvez aussi composter l’herbe coupée.
  7. Fermez bien les robinets extérieurs et inspectez–les à intervalles réguliers pour repérer les fuites. L’hiver, le gel met ces robinets à rude épreuve. Réparez les fuites sans tarder.
  8. Choisissez des arbustes, des arbres, des plantes et des couvre–sols végétaux indigènes.
    Balayez les allées et les trottoirs au lieu de les nettoyer à grande eau, pour les débarrasser de la poussière et de l’herbe coupée.
  9. N’utilisez pas de bois traité ni de traverses de chemin de fer près d’un potager. Les substances chimiques lessivées par la pluie peuvent s’infiltrer dans le sol.

Conseils pour réduire la consommation d’eau du jardin

La ville de Laval (Québec) a édité un document intitulé “économie de l’eau potable” qui présente quelques extraits de textes et liens utiles pour vous aider à économiser l’eau potable à l’extérieur.

Voici une sélection de 7 conseils pratiques pour stopper le gaspillage d’eau au jardin.

  1. Lorsque vous tondez votre pelouse, laissez-la à au moins 6 cm de long, ainsi ses racines auront suffisamment d’ombre.
  2. Laissez l’herbe coupée sur votre pelouse pour accroître les matières organiques. Cela va ralentir l’apparition de mauvaises herbes et la perte d’humidité.
  3. Remplacez certaines portions de pelouse par des végétaux résistant à la sécheresse.
  4. Les racines des arbres et des buissons ont besoin d’eau. La meilleure façon de leur assurer un arrosage en profondeur est de faire couler l’eau à un débit de trois gouttes par seconde.
  5. Laissez l’eau couler environ une heure dans le cas des rosiers.
  6. Les arbres jeunes ont besoin de 2 à 3 centimètres d’eau par semaine au cours des deux premières saisons. Après, arrosez les toutes les deux semaines pendant une période de temps sec.
  7. Enfin pour arroser vos plantes, installez un baril récupérateur d’eau et un récupérateur d’eau de pluie.

En récupérant l’eau qui tombe du ciel et en évitant de la gaspiller, vous réduirez considérablement votre facture.

You might also like

Comments are closed.