Ne plus avoir de facture d’eau : mode d’emploi

3

La récupération de l’eau de pluie afin d’arroser son jardin et alimenter son W-C devient une pratique de plus en plus courante. Mais savez-vous que, que l’on peut aller bien plus loin dans cette démarche ? L’eau naturellement douce qui nous tombe du ciel peut en fait convenir à tous les usages domestiques y compris pour la boisson et l’alimentation.

Dès qu’on a intégré cette idée simple, le but principal de la récupération de l’eau de pluie n’est plus l’économie d’eau, mais l’augmentation du confort par l’usage d’une eau de haute qualité. Ce système permet donc non seulement la réduction de la facture d’eau, mais également la suppression d’adoucisseur et une réduction de la quantité de savons et de poudre à lessiver. On préservera aussi les robinets et les résistances chauffants des appareils ménagers.

Élément important : l’absence de chlore dans l’eau de pluie est un facteur important pour la préservation de la santé, surtout lorsqu’on a des enfant en bas âge. 

Pour récupérer l’eau de pluie, il faut enterrer une citerne en béton de 14 m³ pour une maison dont la surface au sol est de 100 m². Cette citerne comportant une partie pour la clarification de l’eau et une autre pour le stockage, sera reliée aux gouttières de tous les versants du toit.

Une pompe y puisera l’eau pour la distribuer dans toute la maison.

Dans les faits, une personne n’a besoin de l’eau rigoureusement potable qu’environ 3 litres par jour. Pour tous les autres usages, une eau de moindre qualité convient parfaitement. Pour autant qu’elle soit  » inoffensive « , c’est-à-dire son absorption accidentelle n’entraîne pas de problèmes de santé.

C’est le cas de l’eau sortant d’un simple filtre de 10 microns, placé à la sortie de la pompe. C’est donc l’eau qui servira pour l’hygiène personnelle, pour les vaisselles, les lessives et tous les autres usages courants.

On aura cependant un robinet en  » col de signe  » près de l’évier de la cuisine, la seule qui fournira de l’eau rigoureusement potable. Ce robinet sera alimenté à travers un système de filtration sur céramique et de charbon actif. On peut également opter pour un système à osmose inverse.

L’eau potable ainsi obtenue sera de qualité équivalente à celle des meilleures eaux minérales vendues dans le commerce, pour un prix de 2 à 8 centimes le litre, compte tenu de l’amortissement de l’installation. Fini les bouteilles en plastique à rejeter dans la poubelle !

L’entretien de l’installation consiste à un nettoyer et/ou remplacer régulièrement les éléments filtrants, suivant les recommandations du fournisseur. On maintiendra les gouttières aussi dans un état de propreté, en enlevant deux fois par an les feuilles et la poussière qui y tombent. En moyenne une fois tous les 5 ou 10 ans, en été, quant il y a peu d’eau, la citerne doit aussi être nettoyée. Afin de faciliter cette opération, on veillera au placement d’une ouverture suffisamment large.

Si la quantité d’eau de pluie est insuffisante pour couvrir les besoins en eau du ménage, on raccordera à titre permanent le W-C, grand consommateur d’eau au compteur d’eau de ville. Tout le restant de la maison sera alimenté au départ de la citerne. En cas de panne sèche, à l’aide d’un tuyau d’arrosage fixé sur un robinet à la sortie du compteur d’eau, on mettra un peu d’eau de ville dans le fond de la citerne… en attendant l’averse suivante.

Le coût d’une telle installation est évidemment moindre à la construction de l’habitation. Profitons aussi du chantier pendant la rénovation de notre maison pour y installer une citerne.

La facture d’eau d’un ménage moyen, ne faisant pas particulièrement attention à son usage de l’eau, est de 1380 € par an. Le prix de revient d’un mètre cube d’eau de pluie se trouve dans la fourche de 50 centimes à un euro, compte tenu de l’amortissement de l’installation. L’investissement initial (citerne, pompe, filtres) est d’environ 5000 euros, amortis en quelques années.

L’eau de pluie est une ressource renouvelable, mais limitée. Son usage est une bonne école de gestion responsable. On apprend vite tous les gestes pour consommer moins sous la menace de la panne sèche.

Quand on a la chance de disposer d’un grand toit, avec l’eau de pluie, les économies d’eau n’auront plus d’importance. De toute manière, l’eau rejetée sera moins polluée qu’avec l’eau de ville, à cause de la réduction importante de la quantité de détergents utilisés.

Comments are closed.