Bâtiments

La construction durable

Les bioconstructeurs exigent des bâtiments sains
II est délicat de proposer, en quelques mots, une définition unique de l’habitat écologique ; la notion varie d’un spécialiste à un autre, d’un enseignant d’architecture à un autre, d’un cahier des charges sur la qualité environnementale à un autre… Les « bioconstructeurs » insistent sur la nécessité d’une construction saine, utilisant des matériaux naturels.
Ils considèrent qu’un bâtiment doit avant tout s’adapter à l’homme, le bien-être des occupants étant capital, et condamnent l’utilisation de substances toxiques dans la fabrication industrielle des matériaux de construction.

Des économies d’énergie et l’usage de la technologie

Les experts en économie d’énergie voient les choses tout autrement. Leur objectif est de limiter, grâce à des technologies ultramodernes, les impacts négatifs de l’habitat humain sur l’environnement et de réduire la consommation d’énergie des maisons et des appartements (le chauffage des logements et des bureaux est à l’origine du quart des émissions de C0₂ dans les pays européens, un des gaz responsables de l’effet de serre, dont les émanations pourraient être réduites de 70 % pour un coût raisonnable). Ces spécialistes préconisent une isolation thermique renforcée et des techniques de construction pointues.

L’origine des produits et de l’avenir de la planète.

Les « écoconstructeurs » jugent ce point de vue trop réducteur. Ils considèrent pour leur part le bâtiment dans toute sa durée de vie. Parallèlement aux économies d’énergie, ils se préoccupent également de l’origine des matériaux utilisés et de leur gestion (élimination, récupération) en fin de vie. Des matières premières recyclables, tel le bois, des techniques intelligentes et simples, des éléments faciles à réparer et à changer, le renouvellement de l’ensemble des matériaux, voilà ce qui intéresse les écoconstructeurs.

Préserver les territoires

D’autres, qui tentent d’appliquer la notion de développement à l’urbanisme, vont plus loin encore. Pour eux, la maison individuelle à la campagne est l’illustration d’une évolution désastreuse. Des surfaces énormes de terres agricoles font place chaque jour à des implantations et voiries nouvelles. Leur priorité va donc au rapprochement des constructions, afin d’économiser les surfaces, et au refus des voies de communication superflues. Par ailleurs, ils recommandent une meilleure gestion du parc immobilier existant et encouragent des constructions et habitations évolutives.

Une maison à faible consommation d’énergie

Les architectes spécialistes de l’énergie solaire pensent avoir trouvé la maison idéale. Le soleil étant la seule source d’énergie permanente sur terre, il faut que les maisons lui soient ouvertes. Grâce à une exploitation judicieuse de cette source d’énergie, les bâtiments pourraient cesser de consommer de l’énergie pour se transformer en collecteurs d’énergie.
Certains urbanistes sont opposés à ce type d’architecture solaire standardisée. Les méthodes de construction utilisées, extrêmement techniques, engendrent selon eux une pollution visuelle ; ils préconisent pour leur part l’intégration des nouvelles constructions dans les structures urbaines et les paysages existants, et la prise en compte de formes d’architecture traditionnelles et régionales. Enfin, de l’avis des différents acteurs, la construction écologique ne doit pas être un privilège réservé à une élite aisée ; elle doit, au contraire, permettre à une large population d’avoir accès à un logement au coût raisonnable, qui, à long terme, ne générera pas de grosses dépenses.
Nous avons passé en revue les définitions et exigences de la construction écologique, qui, comme tente de le démontrer cet ouvrage, sont toutes compatibles les unes avec les autres.
La notion de construction écologique implique tout à la fois un habitat sain, durable, conçu en matériaux naturels, consommant peu d’énergie, exploitant celle de nature solaire, facile à entretenir et d’un coût raisonnable. Nous ne prétendons pas imposer une nouvelle doctrine, mais apporter notre contribution au débat en présentant les résultats de recherches et de tests comparatifs menés en Allemagne. Toutefois, c’est à chaque constructeur de définir lui-même ses priorités. Aujourd’hui, ils sont de plus en plus nombreux à exiger l’installation d’un système de chauffage économique et d’une isolation thermique efficace ; certains refusent les matériaux nocifs. Cette évolution des mentalités est primordiale. En effet, le secteur du bâtiment et du logement est le plus gros consommateur d’énergie — il dépasse l’alimentation et les transports. Il a donc une grande incidence sur l’environnement, puisqu’il est responsable de près d’un tiers des flux totaux de matières. Malgré la meilleure volonté du monde, la plupart des professionnels connaissent peu les principes et les exigences de la construction ou de l’habitat écologiques. Ils sont peu informés. Et dans ce domaine, les constructions expérimentales et les projets architecturaux les plus sensationnels n’étant pas nécessairement exemplaires, ce sont souvent les petites choses, les idées simples et des principes à la portée de tous qui font la différence

Découvrez nos articles sur les bâtiments durables

batiment-ecologique

Les autres rubriques concernant l’immobilier et l’habitat écologique